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LA VIE DE DU BARTAS

Naissance du poète à Monfort, près d’Auch : ses qualités et ses défauts le rattachent à la Gascogne. — Il passe au Bartas ses premières années : description du château et des environs. — Forte éducation de du Bartas : il possède toutes les connaissances de son temps. — Sa jeunesse grave et pure. — L'étude, les armes et la diplomatie se partagent sa vie. — Il ne prend aucune part aux guerres civiles jusque vers 1576; mais, à partir de cette date, il ne peut s'abstraire des troubles religieux et politiques qui viennent le solliciter jusque dans sa retraite, et qui, bien souvent, l'en arrachent. — Malgré tout, il n’abandonne jamais ses travaux poétiques, et son zèle redouble avec les obstacles. — Intérieur du poète : date probable de son mariage; son testament prouve qu'il n'eut pas d'enfants mâles, ses quatre filles. — Qualités privées de du Bartas : sa vie domestique simple et patriarcale. — L'isolement du poète n’est pas sans influence sur son goût et sur sa langue : les troubles civils l’'empêchent de faire un séjour à Paris, où, malgré son éloignement pour les cours, il se sentait attiré par un vif sentiment des imperfections de son « naturel ramage. » — La fin de sa vie est occupée tout entière par des missions diplomatiques : dès 1580, Henri de Béarn l’emploie comme négociateur, peut-être alla-t-il en Allemagne dans le courant de l’année 1586; ses différents voyages en Angleterre, en Ecosse, et probablement en Danemark. — Sa grande mission de 1587 : quel en était l’objet; ses rapports avec le roi Jacques VI, qui désire se l’attacher : malgré ses pressantes instances, du Bartas ne veut pas quitter le service de son maître, et il se rembarque pour la France. — Les trois dernières années de son existence sont assombries par la maladie et les épreuves domestiques. — Prit-il part à la bataille d'Ivry? C’est là une hypothèse toute gratuite : pourquoi l’on ne peut l’admettre. — Il meurt quelques mois après. — Conclusion.

Guillaume de Saluste, seigneur du Bartas, naquit en 1544. Il prit le nom d’une petite terre depuis longtemps possédée par ses ancêtres (1); mais le lieu de sa naissance est Monfort, bourg situé à quelque distance du Bartas (2). Monfort, « ferme assis sur le front d'un rocher » (3), est une petite ville située près d’Auch : du Bartas

(1) Éloges de Scev. de Sainte-Marthe.

(2) C'est ce qu'établit Goujet (Bibl. fr., art. Du Bartas), contrairement à La Croix du Maine et Baillet, qui faisaient naître le poète au château même dont il reçut le nom. On trouve dans le Voyage en Gascogne, de Pierre de Brach, ami intime de notre poète, quelques vers qui ne peuvent laisser sur ce point aucun doute :

Et, venant peu à peu de Monfort approcher, Saluste me monstra de loin un grand clocher Qui sembloit orgueilleux avec sa pointe aigue Vouloir outrepercer l’espesseur d’une nue ; Voilà le lieu, dit-il, de ma nativité,

Voilà Monfort qui m’a dans ses bras allaité...

(3) P. de Brach, op. cit.

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