USAGE DES INDÉFINIS
Aucun a le sens étymologique de quelqu'un. Ex. : Les fiers estendards Boufferont dans Sion sans qu'aucun ose prendre Ou la lance... (Jud. 4). Furetière (1690) définit ainsi ce mot : « Pronom relatif qui à l’affirmative signifie quelqu'un, et à la négative personne ». Cf. Corneille : Que chacun se retire et qu'aucun n’entre ici.
Du Bartas emploie chacun adjectivement. Ex. : Chacun an (I, 3),
chacun élément (I, 2), chacune planète (I, 4). Nous trouvons dans Vaugelas (IT, 393) : « Chacun n'est pas adjectif; néantmoins M. de Malherbe dit : par chacun jour, mais mal, ce me semble ». On le voit, cette construction ne faisait alors que de tomber en désuétude.
Un chacun se rencontre fréquemment. Ex. : Un chacun pour sa part (II, Lôy). Le zèle d'un chacun (Tri., 4). Corneille emploie cette locution dans ses premières pièces. Ex. : Un chacun à soi-même est son meilleur ami (Mél. 537, Var.). Cf. Racine : Un chacun baille, et s'endort, ou s’en va (Poés. div.).
Nul est employé avec le sens de personne. Ex. : Christ à nul ne se cache (II, Loy).
Quiconque s'emploie comme le latin quicumque dans la construction suivante : O quiconque tu sois (II, Troph.).
Rien a le sens étymologique de quelque chose. Ex. : S'il peut rien (II, Déc.). Que si j'ay rien apris (Jud. 2). Cf. Corneille : Si touchant vos amours on sait rien de ma bouche (Suiv. 1001). Ma mine a-t-elle rien qui sente l’écolier ? (Ment. 8 Var.). Racine : Reconnaisse un vainqueur et te demande rien (Alex. 1492).
L'un s'emploie où nous mettons un. Ex. : Et l’une joue à l’autre (II Fur.). L'un mets l’autre semond (Ibid). En l’un poing tient le glaive, en l’autre la truelle (11, Déc.).
On trouve : L’une Inde pour l’une des deux Indes (IX, Fur.).