LA VERSIFICATION DANS DU BARTAS
Du Bartas s’est toujours servi de l‘alexandrin. — L'usage de ce vers au XVIe siècle. — Ronsard reconnaît le premier son véritable emploi, mais il compose sa Franciade en décasyllabes. — Supériorité du vers de douze syllabes pour l'épopée.— Caractère de l’alexandrin chez du Bartas.— Le repos de l'hémistiche. — Exemples de césures à tous les pieds. — Enjambements : le poète en abuse et les sème à l'aventure ;'il affectionne les rejets d'un hémistiche entier; le vers alexandrin flotte chez lui, indécis et vague dans sa mesure, entre douze et dixhuit syllabes. — Ce qu’il y a de plus défectueux dans sa versification, ce sont les rimes. — 11 viole, en ses premiers poèmes, la règle de l’entrecroisement. — Rimes formées par deux adjectifs ou deux adverbes; rimes de terminaisons verbales ; rimes par addition d’un préfixe; rimes formées d’un substantif et d’un verbe qui en dérive. — Rimes dans lesquelles l’articulation qui précède la tonique n’est pas la même aux deux mots accouplés ; rimes dans lesquelles l'articulation, qui est la même, se prononce en un des deux mots et reste muette en l’autre ; rimes de deux ! mouillées avec une ou deux { conservant la prononciation normale. — Rimes de voyelles brèves ou fermées avec des voyelles longues ou ouvertes;
rimes en ai (a), eu (u), où (ai), etc. — En somme, du Bartas suit généralement l'usage contemporain ; cependant on relève dans ses rimes de nombreux gasconismes.
Dans tous ses poèmes, du Bartas s’est servi de l’alexandrin. Jusqu'au XVI siècle, le vers héroïque par excellence avait été celui de dix syllabes ; depuis longtemps, le mètre de douze syllabes était même tombé dans l'oubli. Fabri, dans sa Rhétorique (1), l'appelle antique manière de rithmer. Encore au temps de Marot, l’alexandrin est considéré comme lourd et peu maniable : c’est l'opinion de Thomas Sibillet qui écrit son Art poétique juste au moment où la Pléiade va transformer la poésie française. «Le vers de dix pieds, dit-il, est très usité parce qu'il est en françois ce qu'est en latin le carme héroïque ». Quant à l’alexandrin, « cette espèce est moins fréquente et ne peut proprement s'appliquer qu’à choses fort graves, comme aussi au poids de l'oreille se trouve pesante (2) ».
D'après Pasquier, «le premier des nôtres qui remit les alexandrins en crédit fut Baïf en ses Amours de Francine, suivi depuis par du Bellay au livre de ses Regrets et par Ronsard en ses
(1) Lre partie, au début.
(2) Livre Ier, cap. V.
Hymnes (1) ». Dans son Art poétique, Pelletier, rallié à l’école nouvelle, déclare avec raison que «le genre épique est le vrai usage de l’alexandrin »; «car, ajoute-t-il, le décasyllabe estoit trop court (2) ». C’est au chef de la Pléiade que doit être rapporté l’honneur d’avoir reconnu le véritable emploi du grand vers. Mais il revint bientôt à l'opinion de Sibilet, et notre première épopée classique, comme nos premières chansons de gestes, fut écrite en décasyllabes. « Il ne te faut point émerveiller, dit-il en 1572, de quoy je n’ay composé ma Franciade en vers alexandrins qu'autrefois je pensois tenir en nostre langue le rang de carmes héroïques. Depuis j'ay vu, cognu et pratiqué par une longue expérience que je me suis abusé ; car ils sentent trop la prose tres facile et sont trop énervés et flasques. Au reste, ils ont trop de caquet, s'ils ne sont bastis de la main d’un bon artisan qui les face hausser comme les peintures relevees et quasi separer du langage commun, les ornant et enrichissant de figures et les illustrant de comparaisons bien adaptes, de descriptions florides, etc. (3) ». Ce retour de Ronsard au vers de dix syllabes, Vauquelin le regrettera justement dans son Art poélique :
O combien mieux a dit d'Homère la trompette
Qui rien messéamment en ses œuvres ne traite,
Ou bien nostre Ronsard, si d’un air entonné Hautement sa trompette en longs vers eust sonné (4) !
Mais, deux ans après la Franciade, c'était une hardiesse à du Bartas que de composer son poème de Judith en alexandrins. Il avait pourtant raison de ne pas prendre le vers de dix syllabes pour celui du poème héroïque. Suivant la juste remarque de Pelletier, le décasyllabe est trop court, et le rythme en a trop peu de gravité pour convenir à l'épopée : l'ampleur de la pensée est gênée dans ce moule étroit, et la période poétique ne saurait s’y trouver à l’aise, pour peu qu’elle doive s’étendre et se soutenir longtemps avec dignité; au reste, ce mêtre comporte beaucoup moins de variété que l’alexandrin, faussement accusé de monotonie. La faiblesse de la Franciade est due en grande partie à l'emploi du décasyllabe ; c’est
(1) Rech. de la Fr., fol. 625.
(2) Liv. Il.
(3) Préface de la Franciade.
(4) Chant Il.
A de
ce que dit Vauquelin, et ce que du Bartas avait sans doute compris. Dans tous les cas, il faut savoir gré à l’auteur de Judith d’avoir, le premier au XVI siècle (1), introduit dans la poésie épique le seul mètre qui lui convienne.
L'alexandrin, chez du Bartas, comme d’ailleurs chez les autres poètes ses contemporains, n’a pas encore la forme et l'allure que devait bientôt lui donner Malherbe. Il jouit d’une bien plus grande liberté et de je ne sais quelle aisance un peu lâche.
Quant au repos de l’hémistiche, on trouve dans les œuvres de notre poète bien des vers où la césure est marquée, et même fortement, à d’autres places qu’à la sixième syllabe. Nous en citons quelques exemples : la plupart eussent été condamnés par Malherbe et Boileau.
Césure au 2 pied.
Ce peuple, ensorcelé de superbe et de rage (I, 1). Césure au 3° pied.
Soit que Dieu desbrouillant le chaos peu à peu (I, 1). Et lui dit : Vénérable Adam, n'aie point de crainte (IT, Voc.). Césure au 4° pied.
Où mainte nef suivant la raison pour son ourse (I, 1). Qui ça et là choquant l’un l’autre à l’avanture (I, 1). La maladie afin qu’elle ait meilleur marché (II, Fur.). Cent diadèmes font hommage à son bandeau (II, Magn.). Vos lois qui sainctes ont pris pied depuis tant d’âges (II, Cap.). Césure au Te pied.
Et sitost que la nuict brune estendra ses ailes {Jud. 3). Seule pourra donner fin à nostre voyage (II, Cap..).
Le maçon a si bien joinct les pierres du bord (II, Magn.). À ces prestres qui l'ont vu transporter chez moy (II, Déc.).
Césure au 8° pied.
Ceux même qui ne font mestier que de piper (I, 1). Et tient dessus le front de Dieu ses yeux collez (II, Art.).
(1) Au moins, depuis la réforme de Ronsard; d’ailleurs, le Microcosme de Scève
écrit en alexandrins, est plutôt un poème didactique qu’une épopée. J
nu
Si vous n'avez assez de cœur pour vous défendre (II, Troph.). Par le bal mesuré des astres sont bornees (I, 1). Le ministère saint des Anges soit requis (I, 1).
Césure au 9 pied.
. .« - La fidélité d'un valet fraischement
Couché sur son estat (II, Pères).
D'un langage encore plus détestable que rude (II, Loy). Et qu'un membre du corps affublé, tout le reste
Du corps soit affublé (II, Imp.).
La voix mesme qni m'a consolé tant de fois (IT, Pères).
Césure au 10° pied.
Les murailles de Rhode et de Belgrade en poudre Lnade
Après ces exemples, nous ne disons rien des césures qui, sans disparaître complètement au sixième pied, comme dans le plus grand ‘nombre des alexandrins cités plus haut, ne font qu’y glisser en courant et y laissent à peine une trace, assez visible cependant pour autoriser à la rigueur un léger repos. Chez tous les poètes du X VIP siècle, les vers ainsi rythmés sont innombrables; mais ils peuvent au besoin se scander suivant le mode classique : l’on en trouverait beaucoup d’aussi librement cadencés chez Boileau lui-même et surtout chez Racine, qui sut varier avec un art infini la forme normale de l’alexandrin. Quant à ceux qui précèdent, ils montrent que du Bartas se laisse assez de latitude dans les figures rythmiques, et que le sens chez lui ne «coupe pas toujours les mots et ne suspend pas toujours les hémistiches ». Il faut ajouter que le poète des Semaines observe généralement la règle classique du repos au milieu du vers; mais enfin il ne se croit pas obligé de s’y astreindre partout, et il ne fait pas invariablement concorder le mouvement de la pensée avec celui du vers.
Le repos du dernier hémistiche n’est pas davantage pour du Bartas une loi inflexible, et l'on trouve chez lui un grand nombre de rejets. Là encore, il est le disciple de Ronsard. « J’ay esté d'opinion en ma jeunesse, dit celui-ci, que les vers qui enjambent l’un sur l’autre
n’estoient pas bons en notre poésie; toutefois j'ai cognu depuis le C0: 16
contraire par la lecture des auteurs grecs et romains (1) ». Tous les poètes de la Pléiade pratiquent l’enjambement. Mais ils ne savent pas toujours en user, et cette faculté qu’a le vers de dépasser la mesure normale lui donne, entre des mains inexpérimentées, quelque chose d'instable et de flottant. Nul plus que du Bartas ne mérite cette critique : il sème les enjambements au hasard, comme s’il n'avait aucun souci du rythme ; le vers fait sans façon et sans motif déborder son trop plein par delà la rime. C’est d’ailleurs ce qu'il est aisé de voir par les exemples suivants :
L’Eternel, sans aller Perte longuement (I, 1).
Hérauts du ciel qui darde
L' orage sur le dos des rois (I, 1).
Tant s’en faut que Satan et son escadre face Profit de ce fléau (I, 1).
Quiconque a remarqué comme une seule masse De cire peut changer (I, 2).
tr Les formes dont la face Du tGl s’embellit (I, 2).
| Sur les voûtes rondes Du ciel il a rengé je ne sçay quelles ondes (I, 2). : Pour un temps se bannit De (he pour recourir... (I, 2).
: Et que dessus les bords
D FL il contempla... (II, Ed.).
PROPERTIES ER Ps Te. Tout le reste Du corps soit affublé (II, Imp.).
: Luy veux-tu faire rendre Conte de ses projets Rs Imp.).
à Se voir exilez D' Eden sans ds espoir d’estre oncques rappelez (II, Imp.).
Gravent mensongères
ra l'4 âme un escadron de fantasques chimères (II, Fur.). Lo RE D SE Aux périls et fortunes D'autruy (II, Fur.).
(1) Préf. de la Franc.
NME 7. Sous un belliqueux roy De Castille (II, Cies).
2 ha à Enr RE ARE Les gouffres ardens” D'enfer n Voc.).
Le noir visage Du age ne ie promet qu’un naufrageux orage (II, Loy).
Les bales soufreuses Du Fa Sat canonnant (Il, Cap.).
Ë Une ondeuse marée De LE suit nb (II, Magn.).
RS Re Sarre mot Qui se rompt Le col dans-un abisme (II, Sch..) Et semble que la Parque ait en chasque maison De la ville allumé... (II, Décad.).
On recognoit parmi
Cent mile corps er ud. 6).
Sois disciple d'Homère et du sainct nourrisson D'Ande (Ur.).
Es Il est temps de donner Baies à mon esprit (Ivry).
sn E Cent quatre-vingt-cinq mille Hobste tuez (D:
Ces vers suffisent pour montrer que la liberté du poète ne s’assujettit à aucune règle. Ajoutons-le cependant, les rejets que nous avons cités sont les plus caractéristiques, et d’ailleurs on peut lire souvent une série de vingt ou trente vers sans en trouver un seul ; dans la majorité des cas, le repos qui suit les mots rejetés est à peine marqué ; enfin, il ne faut pas considérer comme enjambant les vers qui se terminent par un substantif dont l’épithète commence l’alexandrin suivant. En voici quelques exemples :
SAS ges Maman Tune ensevelit le couteau dans son sein (II, Sch.). Ce laurier que les cieux ne se célé longuement à mes yeux (I, 2).
. . . Manassé Motte — Dute ne publique (Jud. 4).
Ces adjectifs sont employés en guise d’adverbes ; et s'ils se rapportent grammaticalement au substantif du vers qui les précède, ils retombent logiquement sur le verbe qui les suit; aussi n’y a-t-il pas en réalité de rejet.
Un enjambement malheureux que du Bartas affectionne, c’est celui d’un hémistiche entier. Rien ne contribue davantage à donner à ses vers une forme indécise, car l'unité de mesure est ainsi comme transposée. Il n’y a guère de page où l’on ne trouve de suite deux de ces rejets : dans le 1° chant de la Création, nous en ren-
controns cinq à la file :
Cet admirable ouvrier n’attacha sa pensee
Au fantasque dessein d’une œuvre pourpensee Avec un grand travail, et qui plus est n’esleut Quelque monde plus vieil, sur lequel il voulut Modeler cestuy-ci, ainsi que fait le maistre
D'un bastiment royal, qui plus tost que de mettre La main à la besongne, eslit un bastiment
Où la richesse et l’art luisent esgalement.
De même, dans le 3 chant :
Arbrisseau qui, fichant sa racine barbue
En un champ sans humeur, fait que sa feuille sue Une douce liqueur : et comme le sarment
Qu’on a taillé trop tard distille lentement
Mainte larme emperlee, elle verse sans cesse Goutte à goutte une eau claire.
Si l’on faisait abstraction de la rime, on pourrait lire tout aussi bien en intervertissant l’ordre des hémistiches :
buste te ArhrisSeauquirfichant
Sa racine barbue en un champ sans humeur, Fait que sa feuille sue une douce liqueur,
Et comme le sarment qu'on a taillé trop tard Distille lentement mainte larme emperlee, Elle verse sans cesse, etc.
Les exemples de séries aussi longues sont rares sans doute et même exceptionnels dans les œuvres du poète, mais on ne peut parcourir
plusieurs vers sans trouver quelque hémistiche rejeté. Grâce à cette sorte d’enjambements et à tous les autres dont use si fréquemment l'auteur des Semaines, le vers de douze syllabes semble chez lui tendre toujours à s’allonger et à se répandre au delà de la mesure normale : on peut dire qu’il flotte, indécis et vague, entre douze et dix-huit syllabes. C’est là d’ailleurs une remarque qui s'applique généralement à tous les poètes contemporains : mais du Bartas n’a jamais écrit qu'en hexamètres, et l’inexpérience de l’alexandrin, qui lui est commune avec eux, il ne la compense pas comme d’autres par cette science des rythmes lyriques que Ronsard et quelques-uns de ses disciples ont poussée si loin dans les combinaisons des diverses strophes.
I] faut attendre jusqu’à Malherbe pour que l’alexandrin classique revête sa forme définitive. Comme nous venons de le voir, il admet chez du Bartas, ainsi que chez tous les poètes de la Pléiade, soit les enjambements d’un vers à l’autre, soit, dans le même vers, ces enjambements intérieurs qui ne laissent aucune trace de césure médiane. Avec Malherbe, il se soumet à des lois inflexibles qui, après avoir isolé chaque unité métrique, la décomposent en fragments toujours égaux, et font invariablement concorder les divisions du rythme avec celles du sens : le vers de douze syllabes peut être dès lors considéré comme un tout, indépendant de ce qui précèce et de ce qui suit; bien plus, chaque hémistiche est lui-même une sorte d’entité rythmique complète en soi, un vers de six syllabes dans celui de douze. On voit aisément la symétrie parfaite de pareils alexandrins : deux accents fixes, celui de la douzième syllabe et celui de la sixième, marquent le lieu d’un repos obligatoire ; le dessin du vers est ainsi arrêté d'avance dans ses grandes lignes, et les combinaisons rythmiques ne sont abandonnées à l'oreille et au goût du poète que pour ces fragments de six syllabes qu'on peut regarder comme des unités partielles, dont chaque couple forme une unité totale ; entre deux hémistiches, de même qu'entre deux vers, il n’y a pas combinaison, mais simple juxtaposition.
Nous avons là le type de l’alexandrin, tel que Malherbe l’imposa. On sait d’ailleurs que les poètes du XVII: siècle n’y restèrent pas toujours fidèles, et il serait facile de trouver dans Racine, le maitre incontesté de notre versification classique, une foule de vers qui n’observent pas plus la règle de la césure finale que celle de la césure
er SAÛTA
médiane. Sans doute, la récitation tendait toujours à ramener ces alexandrins au type théorique, mais elle n’y parvenait qu’en faisant injure au bon sens ; pour pouvoir louer dans Racine la variété des rythmes, il faut, en le lisant, accuser toutes les altérations qu'il fait subir à la symétrie rigoureuse de ce type.
Cependant, si les poètes du X VIT siècle eux-mêmes dérogent fréquemment aux règles de Malherbe, on peut dire que ces règles dominent notre versification classique. La forme normale de l’alexandrin convenait d’ailleurs à une société fortement assise et définitivement constituée : elle répond à ces mœurs du temps, si polies et si bien réglées ; elle se rapporte à ce type de l’honnéte homme dont l'idéal consistait dans une exquise mesure, dans un heureux tempérament de toutes les passions, dans un équilibre harmonieux de toutes les facultés : le balancement régulier de l’hémistiche s’accordait à merveille avec l'expression de sentiments toujours contenus, même quand ils étaient le plus ardents.
Nul rapport, à cet égard, entre le XVII siècle et le XVE, si confus, si fougueux, si rebelle à toute règle. De là vient que notre poésie contemporaine, quand elle a voulu briser le moule classique de l’alexandrin, s’est mise tout d’abord à l’école de la Pléiade, en remontant par delà Malherbe. Notre vers moderne de douze syllabes ignore, lui aussi, les deux règles fondamentales de la césure. Le sens ne s'accorde plus avec le rythme ; ils s’écartent volontiers l’un de l’autre, et ne sont soumis qu’à une loi, c’est d’arriver ensemble au terme de la course ; or, ce terme n’est ni l'hémistiche, ni la fin du vers, mais celle d’une période plus ou moins longue dont l'unité est faite par l'expression d’un même sentiment ou d’une même idée.
Seulement, entre la versification du XVIe siècle et la nôtre, il y a cette différence capitale qu’au lieu de porter, comme nos poètes modernes, la science la plus consommée dans les coupes de la période rythmique, les poètes de la Pléiade abandonnaient au hasard la forme de l’alexandrin. Aïnsi que ses contemporains, du Bartas semble se laisser conduire par le rythme, loin de le maitriser et de le façonner à son gré: ses vers mirchent d'ordinaire à l'aventure et se cadencent comme ils peuvent.
Cependant, si l’art lui semble trop souvent étranger, on ne saurait sans injustice lui refuser le sentiment et comme l'intuition d’une harmonie générale dans la facture de la phrase poétique. Quand il