CHRISTOFORO
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e ne sçay bonnement que cela nous augure, ^Jy ne le peux penser. Les Dieux par aventure Ont faict naistre çà bas quel qu'autre Pan nouveau, Lequel doiht de sa fleute et de son chalumeau Gouverner ez forests des sauvages l'empire.
Le dialogue continue, coupé par une chanson, une ode, des danses et de plaisants simulacres de combats. Au beau milieu du spectacle, pendant que les acteurs reprennent haleine, Antoine d'Urfé, « habillé en riche gentilhomme, s'en vient, comme tout'esbahy », dire des vers en l'honneur de M. et de Mme de Tournon.
La pièce achevée, Mores, Sauvages et Satyres « s'en revont en dançants, comme ils estoient venus, et laissent fort contente et satisfaicte toute l'assistance des seigneurs, gentilshommes, Dames et Damoiselles, et du grand peuple qui estoit là présent ;; .
Si on prend garde qvHionorato a un rôle tout à fait prédominant et qu'il est véritablement le maître du chœur, on ne doutera pas que cette charmante fantaisie, moitié dialogue et moitié ballet, d'un caractère rustique bien accusé, ne soit presque tout entière du chevalier Honoré d'Urfé : c'est sa première pastorale.
Le troisième jour, les élèves représentèrent dans la cour du collège un Epithalame pudique, où le Paranymphe, Mars, Mercure et Apollon célébrèrent tour à tour la valeur et la prudence du comte de Tournon, en commentant sa devise : Potestate et Sapientia. Suivirent des vers récités par deux enfants de Vienne sous les noms d'Emile et de Qlaphyre. par les neuf Muses, par Flore et Amalthée, et une Conclusion de <[uarante vers — assez mauvais — d'Honoré d'Urfé.
Toutes ces pièces de vers sont signées de leurs auteurs, excepté le long dialogue qui ouvre VEpithalame. Ce grand morceau, d'une facture absolument différente de tout le reste, s'élève aux plus hauts sommets de la poésie, ou du moins il tâche de s'y guinder. Il ne nous semble pas possible que ces vers, bons ou mauvais, soient d'un simple écolier.
De qui sont-ils donc alors? Nous croyons avoir découvert ce petit secret. Qu'on rapproche ce dialogue des œuvres du Forézien Loys Papon, on sera certainement frappé de l'extraordinaire ressemblance; c'est bien sa façon de traduire les noms anciens, ses mots composés, sa prédilection pour certains termes déjà surannés à la fin au seizième siècle, ses tours et ses expressions typiques, son jargon souvent obscur, sa mythologie obsédante, sa force singulière mêlée d'emphase ridicule. Voici, pour exemple, quelques-uns des premiers vers du dialogue, où on reconnaîtra la manière de Papon. Le Paranymphe commence ainsi :
Pousse cil qui voudra par meints et maints fredons Des luts, lyres, haubois aux célestes brandons, L'asprest hyménéan, la pompe et l'allégresse, Que jadis démonstra la troyenne jeunesse, Lors qu'Andromache fut joincte au vaillant Hector...
S'il veut d'Ariadné, fille du roy Minos, Chanter le grand honneur, la louange et le los, Que lui donnoit jadis le chore des Ménades, Des Satyres cornus, des Bacches, des Naïades, Quand le fils de Jupin, le gay-pampré Denis L'espousant, l'affranchit du joug de ses ennuis, Qu'il le face tout seul ou en place publique...
Tels chants n'esgayeroient mon âme de liesse, Ains me donroient ennuy, chagrin, peine et tristesse, Lors qu'il me souviendroit de Toumon valeureux,
{ust de faict et de nom sur terre et sur les cieux : )e ce Toumon je veux chanter l'Epithalame.
Sus donc, ô Apollon, sus Mercure, sus Mars... Mettez à bas le lut, la houssine, les dards, Et chacun à son tour, d'une juste cadance, S'essaye dextrement d'en commencer la danse.
Mais, si notre conjecture est justes et nous croyons fermement qu'elle l'est, comment Loys Papon, du fond du Forez, s'est-il trouvé intervenir dans les fêtes de Tournon? Loys, comme tous les Papon, était un ami intime des d'Urfé, un des familiers de la Bastie. Honoré d'Urfé qui, avant d'écrire la
relation des divertissements littéraires de Toumon, en avait été probablement le principal organisateur (l),a dû demander à son ancien maître en poésie ce morceau qu'il a inséré dans son livre; mais il ne pouvait pas avouer publiquement que l'auteur de ces pages, à la fois si fortes et si bizarres, était un chanoine de Montbrison, naturellement inconnu au collège de Tournon; et voilà pourquoi, par exception, ce morceau n'est pas signé de son auteur.
Le quatrième jour, on joua une moralité, sur laquelle Honoré ne nous donne aucun détail, puis une bergerie en excellents vers latins (2), qu'au contraire il rapporte tout au long. Les fêtes se terminèrent par une exhibition cette fois bien scolastique : " Vit on en la court du collège et église d'icelluy les murailles du haut en bas très richement tapissées des Oraisons, Dialogues, Épithalames, Églogues, Odes, Hymnes, Anagrammes, faicts en œufs, en tours, en balances, en coutelas, en halebardes, lances, œsles, et autres gentilles inventions, en plusieurs langues, principallement en latin et en grec, prose, vers lyriques, héroïques, élégiaques et autres en une infinité de sortes : le tout sur les louanges de ceste alliance. Chose esmerveillable du bel exercice des escholiers, et de la variété de la tractation de cest argument, et de la peine incroyable prinse par eux à peindre leurs emblèmes et énigmes, et à escrire quatre ou cinq rames de papier, dont tout estoit couvert, jusques aux troncs des six arbres qui sont en ladicte cour. De quoy tous les plus doctes estrangers qui le virent s'esmerveillèrent fort, principalement Monsieur; lequel, considérant le travail que lesdicts escholliers avoient pris pour honnorer l'entrée de Madame la comtesse sa femme, requit Monsieur le Recteur de leur donner congé de joiier les deux jours suivants. Ce que luy ayant esté accordé, la plus grand part des enfans cria : Vivat! Vivat/ v
A la fin de sa curieuse relation, Honoré a mis un grand nombre de petits poèmes récités ou affichés par ses camarades, en s'excusant de n'en pas mettre davantage. Il y en a en français, en italien, en latin, en grec, et même quatre morceaux en hébreu. Nous y avons remarqué un anagramme d'Antoine
{\\ Voir ce que nous avons dit plus haut de la Moresque , et noter que la conclusion de VEpîthalame est d'Honoré lui-même. (2) Vraisemblablement écrite par un Jésuite du collège.
d'Urfé, et une aimable pièce de Christophe d'Urfé, d'un tour vif et facile, VEcho du grand pont de Doux.
Bien que le chevalier d'Urfé n'eût que seize ans et demi quand il rendit compte des solennités deToumon, nous avons lieu de croire qu'il touchait au terme de ses études classiques, et qu'il rentra, cette année-là même ou l'année suivante, à la Bastie, où, par la lecture, il fortifia et étendit la solide culture qu'il devait aux disciplines du collège.
Mais, jusqu'aux guerres de la Ligue, tout est obscur dans la vie de ce jeune gentilhomme encore sans nom et sans histoire. Quel est le mystère de cette chaste affection qui, sur les bords du Lignon, se noua entre Céladon et Astrée? Est-ce sous l'inspiration de cet amour qu'il esquissa les premiers traits de son Sireine? A-t-il fait à cette époque, à Malte ou dans quelque lointaine commanderie de l'Ordre, un voyage au retour duquel le berger trouva sa Diane mariée à Célio? Nous essayerons ailleurs de jeter un peu de clarté sur ces difficiles questions, qui sans doute ne seront jamais entièrement résolues.
Dans les poésies inédites d'Anne d'Urfé (l),on trouve des vers adressés par lui à Mlle de la Roche-Turpin « sur le Triomphe d'amour du sieur d'Urfé le jeune ,,. Ce d'Urfé le jeune pourrait bien être Antoine, le dernier né des fils de Jacques d'Urfé et de Renée de Savoie. On a vu, par la Triomphante Entrée, qu'il était très capable d'écrire des vers; et même en supposant qu'il fût déjà prieur de Montverdun et abbé de la Chaise-Dieu, on pouvait bien lui passer quelques rimes amoureuses que l'usage du temps permettait aux vertus les plus sévères, et qu'on estimait sans conséquence.
Admettons cependant, avec Auguste Bernard, et cela est plus probable en effet, que le Triomphe d'amour est d'Honoré d'Urfé. Nous ne voyons pas qu'on puisse en conclure qu'il ait fait entrer ces vers de jeunesse dans son Sireine, encore moins que Mlle de la Roche-Turpin soit la femme inconnue à qui il a dédié ce poème (2).
De son vrai nom elle s'appelait Judith Fillet de la Curée, fille de Gilbert de la Curée et de Charlotte Errault, et dame
Ci) Mscrit franc 12487 de la Biblioth. nationale. — Dans ce manuscrit, \Hymne de Fhonneste amour est dédiée « à Madamoiselle de la Roche-Turpin, Judic de la Curée » .
(2) A. Bernard, les d'Urfé, p 1 34 et 144.
de la seigneurie de la Roche-Turpin en Vendômois, qui lui échut dans le partage des biens de la famille. Judith était sœur de Gilbert de la Curée, chevalier du Saint-Esprit, un des plus fidèles serviteurs et des plus braves capitaines de Henri IV, qui l'appelait facétieusement mon curé (1).
Le château de la Curée, berceau de cette vieille maison du Roannais, n'est qu'à trois lieues de Châteaumorand, et le château de la Salle, qui vint en héritage à Esther Fillet de la Curée, sœur de Judith, en est encore bien plus voisin (2).
Il est donc très facile d'entendre comment Honoré, en visite à Châteaumorand chez son frère aîné et sa belle-sœur Diane, eut l'occasion d'y rencontrer Judith, dont les « beaux yeux ,/ parurent l'avoir conquis... pour une semaine ou deux, et lui inspirèrent une improvisation poétique, qu'il intitula ambitieusement le Triomphe d'amour. Comme on le voit, c'est une chose toute simple, et de bien peu d'importance (3).
On apprendra avec plus d'intérêt qu'Honoré d'Urfé esquissa dans sa jeunesse un premier dessin de VAstrée. On sait, par un ouvrage de Jean Ducroset imprimé en 1593, qu'il avait eu entre les mains une copie de cette Astrée, qui paraît même lui avoir suggéré l'idée de son livre.
Mais depuis combien de temps était achevée cette ébauche de VAstrée? 11 est difficile de croire qu'Honoré, qui se jeta à corps perdu dans le mouvement de la Ligue, ait eu assez de loisir et surtout assez de tranquillité d'âme, pendant ces années terribles, pour écrire une œuvre pastorale. Il traça probablement ce premier crayon entre 1584 et 1589, après sa sortie du collège, mais avant la grande tempête de la Ligue, au moment même où, sous les ombrages de la Bastie et dans les saulées du Lignon, il vivait ce pur amour qu'il a célébré dans VAstrée.
Jean Ducroset était un voisin de campagne d'Honoré, car
(i) Sur la de Loir-et-C
(i) Sur la famille Fillet de la Curée, voir {'Ancien Forez, t. IV; archives Loir-et-Cher, série E, 104 et suiv. ; P. DE Fleury, r^ot. hist. sur les seigneurs de la Curée et de la Roche-Turpin^ s. I. n. d., in-8« ^contient de grosses erreurs) ; Notice sur la Roche-Turpin {Bull, de la Société archéol. du Vendômois, t. XXXVIII et XXXIX).
(2) Èsther, dame de la Salle, mariée à François Baudinot, fut enterrée dans l'église de Tourzy (La Pacaudière, Loire), le 30 novembre 1640. Le château de la Salle n'est qu'à six kilomètres de Châteaumorand.
(3) Aug. Bernard ne savait pas ce qu'était Mlle de la Roche-Turpin.
son père, lieutenant général des eaux et forêts, possédait un petit château sur les collines de Cezay, à trois lieues de la Bastie. Jean, âgé de dix-huit ans, chassé de Paris par les premiers désordres de la Ligue, et laissant là son Barthole, était revenu chercher un refuge dans la maison paternelle. Désœuvré, mais ayant rapporté de Paris le goût de la littérature, et « fort cupide de réputation », il résolut de faire l'épreuve de ses forces. Tout en musant au long de l'Aix, il composa sa Philocalie, où il introduisit " six bergers maistrisez de l'amour de six pucelles (1). n
Au temps que la déesse Flore embellit la terre de ses fleurs les plus souëves, le berger Coribe, estant adverty que six pastourelles accomplies en toutes singularités menoient paistre leurs laineuses brebis en une belle prée en la plaine descouverte, se délibéra de dresser semblable partie des pasteurs de son âge, à fin qu'estant assemblez avec ces bergères, le temps, par honnestes devis, se peut escouler avec plus de délectation et de plaisir.
La Philocalie est en effet une suite de conversations sur des sujets d'amour entre six bergers et six bergères de la province du Forez, entremêlées de poésies, et coupées par quatre histoires, une à la fin de chaque livre, où sont allégoriquement racontées des aventures du temps.
Bien que la Philocalie n'ait pas d'action et ne soit pas, à proprement parler, un roman, sa parenté avec VAstrée est évidente. Par le caractère, les idées et les sentiments des personnages, qui les élèvent bien au-dessus de leur condition, leurs propos d'honnête amour (2), leur affection pour la terre forézienne, le mélange de prose et de vers, les histoires dont le récit termine chaque journée^ (3), la Philocalie est une petite Astrée, transportée des bords du Lignon aux bords tout voisins de l'Aix. On ne peut en être surpris, quand on sait que Ducroset, non seulement avait dédié son livre à Honoré d'Urfé, mais avait eu sous les yeux le manuscrit de cette Astrée primitive.
(i) Voir à la suite de ce chapitre, la description de la Philocalie,
(2) Dans les Meslanges oui suivent la Philocalie, on lit une lettre en prose au chevalier de Dizimieu^ ou est discuté un cas d'amour semblable à ceux qui tiennent tant de place dans VAstrée,
(3) Limpide, héros forézien d'une de ces aventures, beau, afFable, « de fort agréable conversation, desdiant à Testude tous ses loisirs » , pourrait bien être Honoré d'Urfé.
Un jour qu'Athilde, arrivé le premier au rendez-vous, attendait les autres bergers et pastorelles, il chanta deux sonnets " qu'il avoit dressez sur les Bergeries (1) de Monsieur le Chevalier d'Urfé, qui luy avoit faict cest honneur de les luy communiquer ».
Céladon ne vid pas, si nous n'appelions vivre De mourir sans mourir d'un miiion de mors, Affligé de l'esprit et tourmenté du corps.
Pour, Phénix en amour, une Amitié poursuyvre.
Astrée ne veult pas à son berger survivre, Croyant qu'il a souffert d'Alecton les effors; Mais elle ne verra de Cocite les hors.
Sans avoir ce qu'amour nous promet pour le suyvre.
Pirame trop tardif à l'assignation Qui devoit modérer son altération, A sa chère Thisbé sacrifia sa vie.
Et Astrée à la fin, changeant sa cruauté.
Du berger Céladon rendra l'âme assouvie.
Faisant anchrer son mas à l'havre souhaitté.
Dans le sonnet suivant, interviennent Lycidas, frère de Céladon, Amynte et la nymphe Qalatée, et on voit que Céladon, fidèle à sa bergère, ne s'est pas laissé séduire par les propositions de Qalatée. Pour peu qu'on connaisse V Astrée, on retrouve ici plusieurs des principaux personnages du roman, et le commencement de l'intrigue. Il est probable que cette ébauche de Y Astrée était très incomplète, et qu'on était encore bien loin du dénouement; car Athilde ne dit pas qu'Astrée s'est rendue aux vœux de Céladon, mais qu'un jour Astrée
Du berger Céladon rendra l'âme assouvie.
Amynte prévoit cette heureuse conclusion, mais Lycidas n'ose que l'espérer.
Après qu'Athilde a chanté ses deux sonnets, arrive Méandre, qui tance son compagnon d'avoir touché à l'éloge du chevalier d'Urfé : " Vrayement, Athilde, tu te devois taire en ce qui concerne la louange du Seigneur que tu paranymphes, veu que sa renommée est telle que la pensant illustrer, tu l'obscur-
(i) C'est peut-être le titre qu'Honoré d'Urté avait d'abord donné à son roman. — Il semble qu'Hylas, un des personnages les plus en vue de Y Astrée^ n'avait encore aucune place dans cette ébauche.
ciras, pour avoir attainct le sommet d'une perfection extrême, qui est l'occasion qu'elle excède la cognoissance d'un berger peu versé aux lettres. »
Cette considération n'empêche pas d'ailleurs Méandre, en vrai poète qu'il est, de tirer à son tour de sa pochette des stances et un sonnet, dans lesquels il célèbre la gloire que M. le chevalier d'Urfé s'est acquise au siège d'Espaly (1), sa valeur, sa vaste érudition et sa prudence précoce.
Cependant les deux bergers s'avisent judicieusement qu'il ne serait pas séant d'oublier dans leurs éloges les frères du chevalier d'Urfé, bien moins encore la belle Diane de Châteaumorand, femme d'Anne d'Urfé, « douée d'une telle chasteté, qu'elle esgalle la Déesse des forests qu'on honore de son nom (Diane), et d'une beauté si naïfve, que si Xeuxe, Thimante, Androcide, Epompe et Parrhase estoyent vivans, avec tous leurs pinceaux, ils ne sçauroyent contre-imîter le moindre des linéamens de son angélique visage (2) » !
Pendant que le chevalier d'Urfé et ses amis se livraient à ces délassements littéraires, les événements marchaient en France. La défaite des reîtres allemands à Vimory et à Auneau, leur retraite désastreuse (3), l'entrée triomphale du duc de Guise à Paris, les barricades, le roi en fuite, la convocation des Etats Généraux, l'assassinat des Guises, Paris dans le délire, les principales villes du royaume en révolte contre l'autorité royale, Lyon enfin se déclarant pour la Ligue : ces nouvelles arrivèrent l'une après l'autre dans le Forez. Les députés des trois ordres, assemblés à Montbrison, jurèrent fidélité à la Sainte Union catholique, et promirent « d'y employer leurs
(i) Ducroset ne semble connaître que le premier siège d'Espaly (1590); ce passage aurait donc été écrit avant le second siège, qui eut lieu en 1 591 (voir le chapitre suivant).
(2) En 1605, Jean Ducroset remplaça son père dans la charge de lieutenant des eaux et forêts. En 16 10, il fit imprimer à Lyon un autre ouvrage d'un caractère tout différent. Il mourut en 1642, dans une vieillesse avancée (Voir une notice sur lui, par M. Jos. DÉCHELETTE, dans le Roannais illustré, VV série, p. 80.)
(3J Les auxiliaires français amenés aux reîtres et aux lansquenets par Châtillon traversèrent une partie du Forez dans leur retraite sur le Languedoc, au mois de décembre 1587, et se battirent à Métrieux contre les troupes de Mandelot, gouverneur de Lyon.
vies et biens sans y rien espargner, jusques à la dernière goutte de leur sang w.
Le Forez appartenait à la Ligue. Comme ses frères, Honoré d'Urfé se jeta avec passion dans la grande bataille qui commençait; et on va voir ce jeune homme de vingt-deux ans, qui jusque-là n'avait paru occupé que de vers et de littérature, se révéler presque du premier coup capitaine expérimenté.