‹ La vie et les œuvres de l'abbé GrégoireChapitre 11 sur 52 · Monit. n · texte numérisé non relu

Monit. n

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pastorale pour prévenir ou calmer les inquiétudes causées par la fuite du roi (Paris, in-8°). « Sans doute la volonté du el, qui tant de fois s'est montré si visiblement en faveur de la révolution, permet cette nouvelle tempête pour conduire plus rapidement au port le vaisseau de FEtat... Aux armes, citoyens, déployez le caractère mâle, l'attitude fière d'un peuple libre... N'oublions pas que nous avons juré de vivre libres ou de mourir, plutôt nous ensevelir sous les débris fumants de la patrie que de jamais rentrer dans l'esclavage... » Il fait appel aux fonctionnaires, à la garde nationale, à ceux que « le civisme a confédérés sous le nom d'Amis de la Constitution, à ses dignes coopérateurs... aux bannières de la religion unissez les drapeaux de la patrie; que nos temples retentissent de vos exhortations saintes et patriotiques... Après avoir prié avec ferveur sur la montagne, descendez, s'il le faut, pour combattre avec courage dans la plaine... j> Il attaque les pervers « qui, sous un voile sacré.... voudraient armer de poignards la religion de la charité. Ne vous permettez aucune violence contre eux, mais par une contenance intrépide, électrisez les faibles, faites rougir les lâches et trembler les traîtres... Soyons unis, calmes et fiers, nous serons inébranlables. »

7 juillet. — Le séminaire de Blois est fermé, il adresse aux curés une lettre-circulaire pour la convocation des élèves : c Les mœurs des prêtres doivent avoir une austérité républicaine, une pureté évangélique... » Son appel ne fut pas entendu, le recrutement était difficile dans l'Église constitutionnelle.

i4 juillet. — On discute sur l'inviolabilité du roi:

a Le roi acceptera, il jurera, dit Grégoire, mais quel compte ferez-vous sur ses serments? » Le Moniteur a\ml adouci l'expression: «Je m'écriai au milieu de l'Assemblée, quelle confiance pourront vous inspirer les serments d'un parjure? » Il est de cette minorité qui veut mettre le roi en jugement, il redoute le caractère versatile de la nation et surtout des Parisiens, qui n'ont déjà plus le même enthousiasme.

i5 juillet — La discussion continue. Au milieu de murmures mêlés d'applaudissements, Grégoire prononce un discours qui fut fort commenté dans la presse et dans les clubs : a J'entends dire autour de moi qu'il ne convient pas à un prêtre de traiter une pareille question, cela ne doit pas m'arrêter ; au lieu de comparer mon opinion avec mon état, je demande que Ton réfute mes raisons... Au reste, quand l'Assemblée aura prononcé, je me soumettrai. (Quelques voix s'élèvent : cela est bien heureux!) Le projet du comité me semble réfuté par l'intérêt national, il est impossible de séparer la fuite du roi des circonstances qui y sont attachées, des faux passeports... du mémoire qu'il nous a laissé... des projets évidemment hostiles de M. de Bouille... On a dit que le roi ne pouvait être mis en jugement... avez-vous donc oublié que le salut public est la suprême loi ? Et le salut public réclame que les attentats contre la liberté soient vengés... > Ici l'orateur entre dans des considérations générales. (Quelques voix s'élèvent : Vous n'y êtes pas. Monsieur !) Il continue avec plus de violence... « On répète que la majesté du trône est avilie, si le roi n'est pas inviolable, c'est comme si l'on disait qu'un homme est avili parce que la loi le punit s'il est coupable... Le roi peut-il

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invoquer le bénéfice d'une loi qu'il a voulu anéantir, d'une Constitution dont il s'est formellement déclaré l'ennemi ?... Prenons-y garde... les contre-révolutionnaires ne se découragent pas, au contraire, ils redoublenf d'énergie... Je conclus : qu'il soit nommé une Convention nationale qui jugera Louis XVL Si le projet du comité est adopté, vous devez punir la garde nationale de Varennes et tous ceux qui ont concouru à l'arrestation du roi. » Les tribunes applaudissent \

i6 juillet. — Je trouve, dans les papiers non classés, une invitation à dîner chez M. Lepage. « Monsieur l'Évêque, la partie de dîner à ma campagne, qui avait été faite pour dimanche, a été remise à demain. MM. Pétion,Brissot, Robespierre ont promis de s'y rendre, ils seront reçus avec tout le plaisir qu'un bon citoyen peut avoir à réunir des hommes aussi éclairés que bons patriotes. J'espère que M. l'Évêque voudra bien compléter la fête par sa présence. »

4 août — L'évêque répond à la lettre que ses paroissiens d'Emberménil lui ont adressée le 7 mars^

i2 août. — On discute la révision; Grégoire demande la question préalable ; le centre et la droite murmurent, la gauche se lève en criant : Silence ! Le président réclame le plus profond silence et l'impartiahté qui convient à une discussion de cette importance. « Si vous revenez sur un décret, il en résulte que vous avez fait non des décrets, mais des projets de décrets..., achevons la Constitution, ou faisons-en une nouvelle... La plupart

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