Journal du Haut et Bas- Vendômois. 25 avril
son épiscopat : il avait adressé au pape une lettre qu'un publiciste appelle, avec raison, une révolte à genoux : « Très saint Père, le respect dont je suis pénétré pour votre Sainteté me fait un devoir de vous annoncer que les suffrages libres des électeurs du département de Loir-et-Cher m'ont appelé au gouvernement du diocèse dont le siège est à Blois. Je déclare que je suis et serai toujours. Dieu aidant, uni de foi et de communion avec vous, qui, en qualité de successeur de saint Pierre, avez la primauté d'honneur et de juridiction dans l'Église de Jésus-Christ. » Le texte latin est plus expressif : « Tuœ sanctitatis benedictionem enixe deprecatur sanctissime pater, obsequentissimus ac humillimus servtis et filius, Grégoire episcopus diœcesis, oui nomen département de Loir-et-Cher, Parisiis,die vigesima quartâmarlis, anno i79i. » Il organise le conseil supérieur et permanent, qui doit administrer en son absence : seize vicaires épiscopaux, un vicaire supérieur et trois vicaires directeurs affectés spécialement à la direction du séminaire. Il n'est pas heureux dans ses choix, Rochejean, Tolin, Nusse, Chabot surtout, lui firent beaucoup de mal : 11 avait été séduit par une lettre de ce Chabot du 4 septembre 1790, où il se vantait d'avoir dressé ses élèves capucins à l'instruction de la jeunesse.
2 mai. — Inauguration du buste de Désilles dans la salle de la Société des Amis de la Constitution, à Blois. « Le buste du héros est conduit par les grenadiers de la garde nationale, au son de la musique... Le cortège est imposant... Un concours de citoyens parmi lesquels beaucoup de dames jalouses de prendre part à cette fête civique...» Invité à occuper le fauteuil delà présidence,
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il prononce un discours : « J'avais l'honneur de présider l'Assemblée nationale, quand elle inaugura le buste de Désilles... Ce héros a droit d'émouvoir mon âme, il est mort dans les lieux qui recèlent la cendre de mes pères... A mon retour à Nancy, je jure de porter mes premiers pas sur son tombeau... Là, je déposerai vos vœux et les miens, je parlerai à mes bons compatriotes de votre zèle civique... En m'enviant l'avantage de vous connaître, ils partageront avec moi celui de vous aimer... Quand les ennemis de la Constitution menaceront la liberté... quand pour nous replonger dans les horreurs d'un régime exécré, ils voudront nous forger de nouveaux fers, amis de la Constitution, soldats de la patrie, contemplez le buste de Désilles, courez aux armes, sauvez la liberté ou périssez avec elle ! »
7 mai. — Rentré à Paris, Tévêque s'élève, avec violence, contre le décret sur les colonies; t il anéantit la déclaration des droits de l'homme, il réduit à l'esclavage une classe de citoyens. » Il demande en vain un ajournement.
ii mai. — Il reprend la question des colonies dans ses origines, il résume les événements qui ont augmenté les malheurs des gens de couleur ; il établit des principes « que ne peuvent méconnaître des législateurs», le projet présenté est injuste, impolitique, attentatoire aux droits naturels de l'homme... Il demande la question préalable. Le 13, le 14, la discussion est vive, prolongée, il s'oppose à la réunion d'un congrès. Le député Fermon commence la lecture des instructions rédigées pour les colonies, elles comprennent 300 articles ; l'Assemblée est agitée, Grégoire se fait remarquer par la véhémence de ses
interruptions ; le député Lavie l'interpelle : « Vous perdez les colonies, Monsieur, par vos discours, par vos écrits...» La gauche, à grands cris, rappelle Lavie à Tordre... « Je n'ai jamais prêché aux colons que la soumission à la métropole d, dit Grégoire. Il lit une lettre qu'il leur adresse et il demande que le ministre, sous sa responsabilité, fasse exécuter les décrets. (On applaudit.) Malouet exprime la crainte « qu'il ne soit fâcheux pour les colonies d'avoir éprouvé le zèle apostolique du préopinant^ ».
2i mai. — Le président annonce à l'Assemblée que le roi et une partie de sa famille ont été, cette nuit, enlevés par les ennemis de la chose publique ; on envoie des députés vers le peuple, Grégoire est du nombre. Aux Tuileries, il harangue huit ou dix mille personnes : « Qu'importe la fuite d'un parjure, dont on peut très bien se passer... Souvenez-vous de ce que vous fûtes le 14 juillet, allez dans vos sections dire à vos concitoyens de rester armés, fiers et tranquilles. » Au retour, il rend compte de sa mission : i( Partout nous avons trouvé le peuple dans les meilleures dispositions... Soutenons son courage... Nous mourrons, s'il le faut, pour la chose publique... Et nossitotus illabatur orbis impavides ferient ruinœ^, » Il raconte dans ses Mémoires qu'il fut aussi au nombre des députés envoyés par l'Assemblée à l'arrivée du transfuge : « Louis XVI nous dit qu'il avait voulu aller à Montmédy. »
i""' juillet. — Il adresse à ses diocésains une lettre