‹ La vie et les œuvres de l'abbé GrégoireChapitre 19 sur 52 · V. Un hoimne d' mitrefois , par le marquis de Beauregard · texte numérisé non relu

V. Un hoimne d' mitrefois , par le marquis de Beauregard

2. A la page 2.">, je lis cette note : « Un forçat avait été condamné à cinq ans de galères pour injures au roi sarde, on vient de lui rendre la liberté, il faudrait lui donner une couronne civique s'il apportait la tête d'un tyran. »

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Elle a encouragé les ennemis de la République, fait gémir la raison, indigné la France et suitout les armées par le scandale de ses débats. » L'Assemblée n'est pas seule coupable, « ce qui a aliéné le cœur des Niçois, qui nous ont reçus en frères, ce sont les horreurs commises en octobre dernier ». Il en trace un tableau aussi lamentable que vrai, « les campagnes en proie au pillage, au brigandage, à la brutalité..., la pudeur a été violée, la majesté des mœurs a été outragée jusque dans la chaumière du pauvre... 11 n'est pas, en Italie, un paysan à qui on n'ait fait croire que le vol, le viol, le meurtre, étaient des crimes communs parmi les Français.., Un cri général s'élève contre Anselme, qu'on regarde comme le Verres des Alpes-Maritimes , contre Férus, dont le nom inspire de l'horreur. » On a volé la République; il évalue à quinze millions les dilapidations commises, il cite les exemples de concussions et il conclut : « Tâchez donc que le jour terrible de la vérité pénètre dans la tanière du crime et que la hache de la loi atteigne les coupables... Nous conjurons la Convention de décréter des indemnités pour les brigandages commis... Nous nous constituons les défenseurs des malheureux pillés, outragés, comprimés par la misère... Nous avons présenté à vos yeux un spectacle hideux, il vous sera doux de les reporter sur l'armée d'Italie..., elle est pliée à la subordination et bouillante de courage. Nous sommes allés sous la tente visiter les défenseurs de la patrie, nous les avons harangués en face du camp piémontais... Nous appelons avec confiance sur nous et sur nos opérations le jugement le plus sévère... Nous revenons pour extirper le modérantisme ot l'anarchie, qui, par des

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moyens opposés, voudraient creuser le tombeau de la patrie. y> Grégoire avait le droit de flétrir les Verres, il revenait pauvre de sa mission: t Devinez, disait-il à M""® Dubois, combien mon souper de chaque soir coûtait à la nation? Juste deux sous, car je soupais avec deux oranges; aussi je n'ai pas dépensé tout mon argent, voyez ce que je rapporte au Trésor public... », et il montrait, nouée dans un mouchoir, la somme économisée sur ses frais de voyage ^

30 juillet. — Depuis le 13, l'Assemblée discute le plan d'éducation de Lepelletier, dont elle a décrété l'impression dans la séance du 3 juillet ; Robespierre et Léonard Bourdon le soutiennent, Grégoire le combat: « Il ne suffit pas qu'un projet se présente escorté de noms illustres, qu'il ait pour patrons Minos, Platon, Lycurgue ou Lepelletier, il faut qu'il soit pratique... > Il le critique au triple point de vue des finances, de la possibilité d'exécution et des effets moraux. « D'après les données reçues des auteurs qui ont écrit sur l'arithmétique politique, la dépense s'élèvera, pour environ trois millions d'enfants de 5 à 12 ans, à trois cents millions, sans parler d'une première mise dehors, qui serait immense, pour fonder, approprier et meubler les maisons et leurs dépendances. Vous avez sagement décrété l'impôt pro-

1. Mém., t. î, 424. «Je publiai le rapport de ma mission... il y a dans rimprimé une phrase que je désavoue... » On garde à là bibliothèque de Nice un exemplaire de ce rapport réimprimé (petit in-i») par ordre de Tadministration du département/ il proposait de détourner le Paillon à trois quarts de lieue de son embouchure pour le rejeter dans la mer, par une issue à travers la montagne, où l'on a percé le tunnel actuel du chemin de fer. Récemment on a donné le nom de Grégoire à Tune des rues de la ville.

gressif, le riche paiera pour le pauvre, malgré cela il faudra doubler presque les contributions annuelles. Si Ton consultait le vœu des paysans pour une éducation commune, il serait unanime pour la négative. De 5 à 12 ans, l'enfant est très utile aux parents, il est préposé à la garde de ses puînés, il surveille les bestiaux, la préparation des aliments... Si vous ôtez les enfants de la campagne, il faudra leur substituer de forts domestiques, vous ruinez Tagriculture. » Le projet est contraire au bonheur et à la moralité, il rompt le contrat habituel des individus d'une même famille, il décompose la famille, il expose les enfants à cette contagion morale « qui, dans les maisons d'éducation les mieux soignées, fait souvent de si cruels ravages ». Il réfute les sophismes de Rousseau, il redoute uhe tentative « qui perdrait la République ». Après des considérations si sensées, il n'ose pas repousser le projet, il subit la pression jacobine, sa conclusion est illogique, étrange. Il termine par un éloge de Lepelletier, a ce martyr de la liberté, dont la mémoire sera chère à jamais aux Français. Avec lui, avec vous, j'adopte une éducation commune, j'en excepte le projet de rassembler à demeure les enfants dans les maisons nationales. Mon opinion d'ailleurs céderait rapidement à l'avis de quiconque me prouverait que la mienne est erronée. » Les amis les plus dévoués de la Révolution sont forcés d'avouer que ce Lepelletier, ancien président à mortier du Parlement, le plus riche de la Convention après Philippe d'Orléans, avait fait la proposition la plus absurde, la plus ridicule, la plus égahtaire, la plus impraticable.

1^^ août. — L'Assemblée vole l'impression d'un rap-

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port de Barère ; Grégoire demande qu'on supprime une exception qui paraît s'y trouver en faveur de Louis XII, surnommé le Père du peuple : « Les flagorneurs et l'imposture ont bien pu donner ce titre fastueux à un roi qui avait quelques qualités, mais je pourrais vous faire voir que ce Père du peuple en a été le fléau. Je réclame la radiation de cette phrase, il ne faut pas laisser supposer au peuple qu'un roi peut n'être pas un misérable. » Barère consent à supprimer sa phrase, mais il fait remarquer « que l'Assemblée aurait à s'occuper de bien d'autres choses ». Il avait raison, ce valet de Robespierre, « ce petit Séjan, qui voulait, dit Rœderer, son collègue, être à lui-même son Tacite » .

8 août. — Au nom du comité d'instruction publique, il fait un rapport sur les Académies, il conclut à leur suppression: « Leur état est déplorable, elles sont désorganisées : à l'Académie française, huit membres sont morts, ils n'ont pas été remplacés ; dix ont émigré ou se cachent ; les autres sont divisés, les patriotes y sont en minorité. » Il demande des pensions pour ceux qui n'ont pas d'autre moyen de subsistance, il propose le premier la création d'un Institut qui relierait entre elles les sociétés savantes, il plaide la cause de l'Académie des sciences... « Détruire est chose facile, c'est en créant que le législateur manifeste sa sagesse, la vôtre éclatera dans les mesures que vous prendrez pour que le sanctuaire des arts, s'élevant sous les auspices de la liberté, présente la réunion organisée de tous les savants et de tous les moyens de science. » On adopte le premier article du décret : « Toutes les Académies et sociétés littéraires patentées par la nation, sont supprimées. » On ajourne

les autres; quelques jours après, un décret assure à la ci-devant Académie des sciences la jouissance de son ancien local et rend à ses membres les honoraires accoutumés.

i4 septembre. — Grégoire dénonce les fédéralistes du Midi; il fait l'éloge du patriotisme de Tadministration des Alpes-Maritimes, dont on a calomnié les intentions; elle a reconnu que « quatre fois Paris a sauvé la République ».

28 septembre. — Le comité d'instruction le charge de soumettre à la Convention un rapport sur les Annales du civisme, « afin que sa sagesse en approuve ou en rectifie le plan ». L'exécution offre de grands avantages, elle fournira des matériaux à l'histoire d'un peuple qui n'a guère eu que celle des crimes des rois... t Les tyi^ans, leurs flatteurs, les émigrés, calomnient les fondateurs de la République; des écrivains prostitués au mensonge et à la cupidité deviennent leurs échos, le recueil que nous proposons sera l'irréfragable réponse aux impostures par lesquelles ils tâchent d'empoisonner l'opinion.... Sans doute, quelques crimes inséparables d'une révolution ont fait gémir les âmes honnêtes..., ces crimes sont l'ouvrage d'un gouvernement sans morale et de la dépravation d'une cour qui érigea des trophées scandaleux sur les débris des mœurs... Les émigrés, les faux amis de la liberté en sont les provocateurs ou les agents, c'est leur propriété, nous la leur laissons, les vertus resteront aux patriotes..., semons la vertu, et nous récolterons des vertus... C'est Brutus qui a délivré la terre d'un despote! Nous nous sommes demandé ([uels actes de vertu nous (levions recueillir, la Constitution nous a répondu : elle a

déclaré qu'elle honore la loyauté, le courage, la vieillesse, la piété filiale et le malheur. » 11 indique quel sera- le style et aussi la forme des recueils périodiques, il demande à être autorisé à correspondre pour cet objet avec les autorités, avec les bataillons, avec les sociétés populaires, au sein desquelles chaque action héroïque subira une discussion épuratoire ; il soumet un modèle de tableaux et un projet de décret, dont larticle 1"' est adopté : « Le comité rassemblera les faits éclatants de vertu qui ont eu lieu depuis le commencement de la Révolution, •

Lundi, 9 octobre. — Le Moniteur porte deux dates, celle de l'ancien calendrier et celle du nouveau inventé par Romme, dit Grégoire, pour anéantir le dimanche. « C'était son but, il me l'a avoué... Le dimanche existait avant toi, lui disais-je, il existera après toi... Une autre fois, il vint avec un air soucieux me demander si je croyais à la durée de son calendrier. Je lui déclarai que je persistais dans mon opinion sur la caducité de ses projets. »

23 octobre (7 brumaire an II). — Le citoyen Maugard, admis à la barre, fait hommage d'un mémoire manuscrit sur le moyen de faire une bonne histoire nationale ; Grégoire demande qu'en agréant l'hommage, on rappelle sans cesse au peuple tout ce qui atteste « la bassesse de nos anciens écrivains, la turpitude des courtisans, les forfaits des rois ».

ii brumaire, —11 lit a une instruction aux habitants des campagnes relative aux semailles d'automne». La Convention l'adopte et en ordonne l'impression et l'envoi.

i6 brumaire. — Le jour même où des députations de

Seine-et-Oisc viennent imposer à la Convention les motions les plus sacrilèges, lorsque la femme de Tévêque (Je Périgueux, « pauvre de fortune mais riche de vertu », est admise aux honneurs de la séance, que le cynique Chabot annonce son mariage, Grégoire, au milieu de Tagilation et du tumulte, essaie de lire un nouveau mémoire sur les moyens d'améliorer l'agriculture ; il propose rétablissement d'une maison d'économie rurale, il développe son système : « Ayons un bon plan d'éducation, un bon plan d'agriculture, et nous aurons tout * ... > Un Montagnard l'interrompt : « Nous ne voulons d'autre système que la proscription des rois, des seigneurs et des prêtres. » C'était le mot de la situation, la religion mêlée à toutes les gloires du passé, c'était l'ennemie !

^7 brumaire. — Dans la nuit du 16 au 17 brumaire, Hébert, Lhuillier, Chaumette, Momoro, vont chez l'évê- (|ue de Paris, Gobel; ils lui ordonnent de se déprélriser; le vieillard résiste, il prie qu'on lui épargne cette flétrissure; on le menace de mort, il cède, et il apporte à l'Assemblée son abjuration, signée par deux de ses vicaires, Grégoire est au comité d'instruction, on l'avertit de ces scènes sacrilèges, il court à la Convention. Le Moniteur, « toujours officiel », n'a pas exactement raconte l'incident ^ Voici le récit de l'évêque de Blois ^ : « Rentré à l'Assemblée, je vois des prêtres catholiques, des ministres protestants, s'élancer à la tribune pour blasphémer et abjurer leur état... Une troupe de Montagnards,

1. Imprimé par ordre, ce discours fait partie des ^Mélanges sur la

Révolution.

?. Mouff., 1703, n" 49.

'A. Ilist, (les sectes rel., l !'"', 00-86.

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comme des furies, s'élance vers moi : « Il faut que tu montes à la tribune. — Et pourquoi? — Pour renoncer à ton épiscopat, àton charlatanisme religieux. — Misérables blasphémateurs, je ne fus jamais un charlatan; attaché à ma religion, j'en ai prêché la vérité, j*y serai fidèle... Le président annonce que j^ai la parole, quoique je ne l'eusse pas demandée. Je m'élançai à la tribune ; à un épouvantable tapage, succède un silence général : « Qn « me parle de sacrifices à la patrie, j'y suis habitué ; s'agit- « il du revenu attaché à ma qualité d'évêque ? Je vous « Tabandonne sans regret; s'agit-il de religion? Vous (( n'avez pas le droit de l'attaquer. J'entends parler de fac< natisme, de superstition... Je les ai toujours combatce lus... Catholique par conviction et par sentiment, prêtre « par choix, j'ai été désigné par le peuple pour être évê- « que, mais ce n'est ni de lui ni de vous que je tiens ma « mission... On m'a tourmenté pour accepter ces fonc- « lions, on me tourmente aujourd'hui pour faire une abdi- « cation, qu'on ne m'arrachera pas. J'ai taché de faire du c( bien dans mon diocèse, je reste évêque pour en faire a encore, j'invoque la liberté des cultes. » Ce discours fut interrompu vingt fois, des rugissements éclatèrent pour étouffer ma voix, dont j'élevais à mesure le diapason... Je doute que le pinceau de Milton, accoutumé à peindre le spectacle des démons, pût rendre cette scène. Descendu de la tribune, je retourne à ma place; on s'éloigne de moi comme d'un pestiféré... Je vois des regards furibonds dirigés sur moi... La séance finie, je me traîne chez moi, je remerciai Dieu de m'avoir donné la force de confesser Jésus-Christ ; jo déclare qu'en prononçant, ce discours improvisé, je crus lire mon arrêt de mort. »

M. Carnet a écrit, sous la dictée de M"** Dubois, une anecdote qui confirme le récit de Dulaure au sujet de Gobel et la pression exercée par les persécuteurs pour détruire le catholicisme. « Le lendemain de cette scène, trois visiteurs se présentent chez Tévêque ; admis dans son cabinet, ils emploient tour à tour les promesses et les menaces pour obtenir son abjuration... Assis dans son fauteuil, les mains derrière le dos, il accompagne chacun de ses non d'un coup sec de son pied sur le parquet.

— Eh bien, s'écrie l'un des étrangers, avec l'accent de la fureur, tu viens de monter deux degrés de Téchafaud, tu monteras le dernier. — Je suis prêt, réplique Grégoire, je ne démentirai jamais mes croyances. A l'heure accoutumée, l'évêque descendit pour déjeuner, avec un air aussi serein que de coutume; au moment de se lever de table : Mes bons amis, nous dit-il, dans un temps comme celui où nous sommes, quand on vit au milieu de la tourmente, on ne sait ce qui peut arriver ; il faut que vous me fassiez une promesse . — Et laquelle ? — Si je venais à être arrêté, promettez-moi, dans le cas où ma vie serait en danger, de ne tenter aucune démarche en ma faveur.

— Que demandez-vous là? s'écria M"* Dubois fondant en larmes, au souvenir de la conversation qu'elle avait entendue le matin : Si votre vie était menacée , j'irais trouver vos amis, vos collègues, vos juges, et je saurais bien me faire écouter. — L'évêque insiste, on promet de respecter sa volonté, il aime mieux mourir que devoir la vie aux hommes (jui le menacent, il ne demande qu'une chose, c'est que, dans le cas où il lui arriverait malheur. M'"® Dubois parte aussitôt pour Embennénii afin de consoler sa vieille mère. »

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i9 brumaire. — t Au comité d'instruclion publique, Fourcroy exprime ses regrets de ce que j'avais comprimé l'élan de Topinion contre le fanatisme. Ma réponse fut concordante avec le discours qu'il me reprochait... Son apostrophe n'était sans doute qu'un tribut payé par la peur à la frénésie du moment... Quelques années plus tard, parlant de la hberté de conscience, il prétendait avoir toujours pensé comme moi sur cet article. »

20 brumaire. — Un décret de l'Assemblée convertit la ci-devant église Notre-Dame en un temple consacré à la Raison et à la Vérité. Dans Y Histoire des sectes religieuses, Grégoire flétrit, en termes énergiques, « cette odieuse profanation, cette orgie qui fut répétée dans toutes les églises de la capitale > .

2i brumaire. — Le Sans-culotte observateur, rendant compte delà scène des abjurations, publie contre l'évêque Grégoire une diatribe qui fut afiichée dans tous les coins de rues ; c'était un arrêt de proscription. Il en Ht, dans la nuit, arracher un exemplaire qu'il garda précieusement.

23 brum. — Le jour même où un décret prescrit au comité d'instruction de faire un rapport sur les moyens de substituer au culte catholique le culte de la raison, Grégoire écrit au club des Jacobins pour qu'il rassemble tous les traits éclatants de l'amour de la patrie que cette société a produits; <l Éd. Bourdon s'irrite de ce que cette excellente demande soit faite par un homme qui voulut christianiser la Révolution, qui prétendit que Jésus-Christ avait prophétisé qu'il y aurait des Jacobins. (On rit.) Grégoire fut jacobin, il ne l'est plus, c'est à l'Assemblée et non pas à lui que vous devez la collée-

lion des traits glorieux de la société. » La lettre est renvoyée au comité de correspondance. En effet, révoque, en 1792, était revenu un instant au club des Jacobins, qui veulent, disait André Chénier, régner par tous les moyens: « Il n'était plus permis d'y opiner autrement que la faction parisienne... Je sortis et ne remis plus les pieds dans cette assemblée autrefois décente et raisonnable, mais devenue un tripot de factieux, un refuge pour les hommes flétris par la justice. »

il frim. — Au nom de la commission chargée de former un plan définitif sur les Annales du civisme, Grégoire présente un rapport qui est imprimé par ordre (in-8% 12 p.). « Sa voix tonnante dénoncera tous les émigrés à l'exécration de tous les siècles... Les peuples détrompés se hâteront d'atteindre leur virilité politique et les volcans allumés sous les trônes feront explosion... Tous les actes de vertu (fui dépassent la ligne ordinaire des eflbrts de l'homme et qui ont pour objet la destruction du despotisme sont le domaine de notre travail... Dans cette galerie de portraits, la patrie en deuil contemplera les législateurs assassinés pour avoir voté la mort du tyran, et ce récit gravera dans les cœurs les dogmes politiques (jui établissent la haine de la royauté et du fédéralisme... La voix de la France sollicite ou plutôt exige impérieusement la réforme de l'éducation... Un des moyens de l'épurer et la fixer c'est la c(mnaissance des faits historiques de la Révolution... » Quoiqu'il ne soit plus jacobin, il fait encore l'éloge des sociétés populaires a dont la haine des pervers atteste l'utihté constante et sans la vigilance desquelles le fanatisme et l'aristocratie auraient dévoré la République...

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Tous les mois, voire comité vous présenterait un travail signé sur cet objet, l'impression donnerait ensuite à ce recueil la plus grande publicité, le but moral serait atteint... Rappelons-nous sans cesse que l'ignorance et le vice sont les appuis de la tyrannie..., le patriotisme sans probité est une chimère, la liberté n'est qu'un frêle édifice si elle n'est fondée sur leslumières et la vertu... » Romme critique le rapport, il veut un plan plus précis^ plus simple.

24 frim. — Sur le rapport de Chénier, un décret expulse Mirabeau du Panthéon pour y faire place à Marat qui avait, dit-on, enseigné le français à Oxford, et dû ses succès à sa haine pour notre Révolution. Marat, qui avait formé le vœu qu'on pendît deux cents députés et qu'on coupât deux cent mille têtes. Marat, dont la figure extrêmement ignoble était l'image de son âme... et cependant, disait Grégoire : devant Marat et Robespierre, on vit la France agenouillée... Enfin, à son tour, Marat subit le sort de Mirabeau, et son squelette, tiré du Panthéon, fut jeté dans l'égout de Montmartre ^

30 frim. {29 déc. i793). — L'Église constitutionnelle a perdu son prestige légal, le gendarme ne protège plus le prêtre jureur; les assermentés, comme les orthodoxes, sont victimes de la persécution, c'est le christianisme que la Révolution veut détruire. Grégoire pubUe un ouvrage intitulé : Questions relatives à lliistoire de r Église gallicane, in-8\ Paris.

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