Monit., 1794, n
MAOaiOLO.
mécaniques sont avilis ; il y existe une classe dont rimmoralité privilégiée croirait se déshonorer en les cultivant... Depuis une quarantaine d'années seulement, Fart du tailleur est décrit, tandis que , depuis deux siècles, on imprime le Parfait confiseur, \e Parfait cuisinier... Dans un pays libre, tous les arts sont libéraux... De bons vers sont infiniment moins utiles que de bons souliers.. Celui qui le premier réunit les douves d'un tonneau ou qui forma la première voûte, celui qui rendit le pain plus digestif... ceux-là méritèrent mieux de l'humanité que celui qui écrivit la Henriade... Tous les arts sont frères., la Nation possède une quantité prodigieuse de machines ; je dis prodigieuse, car qui ne les a vues, aura difficilement une idée de leur nombre, de leur richesse, de leur perfection, de leur importance... Le perfectionnement de l'industrie n'enlève à l'ouvrier aucun moyen d'existence... Pour encourager et éclairer cco^ qui cultivent les arts, il convient de réunir, en un local commun, toutes les collections anciennes... Une suffit pas d'avoir des modèles, il faut des démonstrateurs y pour enseigner la construction des outils et des machines, leur jeu, l'emploi des forces... Nous avons calculé les dépenses à la somme de 16,000 livres annuellement pour indemnité des membres du conservatoire ; il sera le réservoir, dont les canaux fertiliseront la France... Il faut répandre avec profusion des livres élémentaires sur l'industrie et leur attribuer des récompenses... Vous avez d'ailleurs, dans les cartons de l'ancienne administration du commerce et dans les papiers de l'Académie des sciences, une foule d'exccllens mémoires inédits, qu'il est instant de foire paraître... Il y aura une salle
d'cxposilion, où toutes les inventions nouvelles viendront aboutir, tandis que l'orgueil des despotes élève des palais cimentés par le sang... vous vous occupez d'établissemens propres à faire naître le bonheur dans les chaumières. T> La Convention vote l'impression du rapport et Tajournement dû projet de décret, qui n'est adopté que le 28 vendémiaire.
i5 vendémiaire, — Grégoire se plaint avec amertume des persécutions dont il est l'objet de la part des colons; il lit une lettre de Saint-Domingue ; il offre sa démission de membre de la commission des colonies ; « il attend avec intrépidité ses accusateurs et avec calme le jugement de la Convention»; on passe à l'ordre du jour.
il ve)idémiaire, — Il lit un long rapport sur les encouragements et récompenses à accorder aux savants, aux gens de lettres, aux artistes (10 col. à\i Moniteur). € Les despotes, depuis Auguste, ont senti l'importance d'attacher au char de leur ambition les talents capables d'ébranler leur puissance... C'est par là que les tyrans de la France ont empêché l'explosion révolutionnaire... Sanctifions par amour pour la liberté ce que les tyrans ont fait en haine de la liberté... Il est urgent de mettre la main à l'œuvre et de continuer les travaux commencés de plusieurs savants et des ci-devant académies; l'Assemblée doit porter aussi sa sollicitude sur les voyages ; les belles époques à citer que celles de 1736, de 1760, de 1769 ! On ne voyage plus par ordre et aux frais du Gouvernement... Vous avez détruit les corporations, où la grandeur imbécile et fastueuse siégeait à côté du génie, mais vous favorisez les sociétés libres, qui com-
mencent à s'organiser... Privés des faibles ressources que leur assuraient. les fonds des académies, les savants, les gens de lettres n'ont obtenu que des promesses... Non, vous ne laisserez pas le génie dans l'attitude de la misère ; vous le dédommagerez des arrérages, vous le consolerez des outrages, des persécutions, qu'il vient d'essuyer... Nous serions déshonorés, si nos savants avaient plus à se louer des caresses du despotisme que de la justice républicaine. y> Un décret affecte une somme de cent mille livres aux encouragements, récompenses et pensions à accorder aux savants ou aux artistes, dont les talents sont utiles à la patrie.
« Cette répartition aurait pu être mieux faite, mais ce n'est pas ma faute... Pour sauver ceux qui cultivent les lettres, on créa U7ie commission des arts... Nous mettions en réquisition les gens de lettres cachés et endoloris... On avait dressé des listes, je leur faisais expédier des lettres pour les charger de missions littéraires, qui étaient des brevets de sécurité et qui établissaient avec le comité, ou plutôt avec moi, des correspondances utiles... Je consolais autant que possible les hommes éclairés...* » Grégoire reçut et conserva des lettres de remerciement en grand nombre; il y en a à la bibliothèque de Nancy un carton (n*^ 534). Durival, de sa retraite de Heillecourt, rend grâces au savant citoyen représentant..., à son cher et respectable compatriote... Il ne rougit pas de recevoir des secours de sa patrie, il a travaillé pour elle..., il en a un pressant besoin. «Je ne puis assez vous remercier de vos éloquentes philip-