‹ La vie et les œuvres de maître Arnaud de VilleneuveChapitre 15 sur 30 · IL · texte numérisé non relu

IL

(2) Décrite sous ce nom même. I. iâ8 aa.

(3) II. 44 ab.

AANAUD DE VILLENEUVE

La laryngite n'est décrite que comme une raucitc de la voix, quoiqu' Arnaud semble avoir traité plusieurs malades atteints de cette affection et en particulier le pape Alexandre. Il insiste sur le goitre {botium guise) (1), et conseille son traitement par les éponges, les algues, les plantes marines, l'iode naturel en un mot.

Dans la région sous-maxillaire il parle des scrophules qu'il différencie des nœuds (nodi) ; il semble d'ailleurs que cette distinction repose uniquement sur l'état de la lésion : la scrophule est comme le nodus, un ganglion malade : lorsque le ganglion est dur, isolé, sans adhérences, c'est un nodus : s'ils sont multiples, ramollis par la suppuration, adhérents et difficilement limitables des tissus voisins, ce sont des scrophules. Les deux variétés se produisent aux mêmes endroits : région sous-maxillaire, (;reux axillaire, région inguinale (2).

Appareil respii'atoire : La toux, l'asthme (et sous ce nom il comprend toutes les formes de dyspnée), l'hémoptysie, l'empyème sont les quati-e symptômes des états graves du poumon. Encore faut-il bien les différencier des symptômes voisins comme Thématémèse, et connaître leur valeur relative dans les affections pulmonaires. C'est ainsi que l'hémoptysie est toujours grave; l'empyème quelquefois bon, quelquefois, s'il se prolonge, cause d'hecticité. Les maladies du poumon décrites ensuite sont la pneumonie (avec peu de précision), la phtisie avec ses cavernes et « ses indurations semblables à de la. pierre » ; la pleurésie pour laquelle il pose le diagnostic différentiel avec l'abcès du foie (la pleurésie diaphragmatique lui était connue) (3) et le diagnostic de variété entre la pleurésie vraie (franche aiguë) et la fausse pleurésie (pleurésie chronique, symptomatique).

(i) 55 bb.' (•2) II. 54 ac.

PATHOLOGIE 105

Estomac : Suivant sa méthode, il étudie d'abord les symptômes capitaux : vomissement, éructations, puis toutes les variétés de maladies où l'appétit et la soif varient en intensité ou en nature — et les nosologistes anciens en avaient multiplié le nombre. Dans ces études, d'ailleurs, il consacre la presque totalité des chapitres à la riche thérapeutique des troubles de l'estomac.

La pathologie du foie est pauvre : il ne connaît bien que l'ictère qui a pour origine un trouble du foie, pour moyen de transport le sang, pour point de fixation de la matière biliaire (cholère) la peau. L'ictère peut survenir par rétention de la bile au-dessus ou audessous de la vésicule biliaire et aussi par modification dans la composition du sang dans le foie. La bile, suivant sa nature, produit alors les trois variétés d'ictère jaune, noir ou vert. L'ictère se reconnaît au début à la coloration des veines situées sous la pointe de la langue (1).

La dureté et l'engorgement du foie sont à peine indiqués : il attribue au contraire, à cet organe, un rôle important dans une variété de dysenterie (dyssenteria hepaticaj où la matière éliminée est du sang presque pur et décrit indépendamment de la dureté citée plus haut, et sans les rapprocher, l'hydropisie comme maladie d'origine purement hépatique et se présentant sous quatre formes : leiicophlegmasie, hyposarque ou anasarque, bénignes et curables ; ce sont des oedèmes généralisés, asclite, tympanite,

asclite et tympanisme (peritonéo-intestinalj, qui sont mortels. Cette pathologie du foie si incomplète, eu égard aux connaissances nosographiques des autres systèmes, vient sans doute des théories

(i) II. i48 6c.

qui ont fait longtemps considérer le foie comme un organe régulateur, ayant surtout des fonctions générales et, par suite, devant donner lieu à moins de maladies spécialisées.

La rate, organe coopérateur du foie, devient pathologique avec lui et de façon analogue ; induration, opilation, etc.

Les maladies de l'intestin ne renferment aucune observation remarquable : il décrit le prolapsus rectal, sépare la passion colique de la passion iliaque et dans les troubles fonctionnels de l'intestin différencie la lientérie de la diarrhée et de la dysenterie qui peut, suivant la nature des excréta, présenter quatre variétés correspondant à des lésions diverses (excréta semblables à de la lavure de chair, à des rognures de parchemin, à des fragments d'intestin, etc..) On voit, dans ces détails mêmes, la soigneuse observation de l'auteur.

Reins, organes génitaux urinaires : Arnaud eut une grande réputation comme spécialiste de la lithiase urinaire ; il a consacré plusieurs traités à cette maladie et à son traitement : il décrit en effet avec soin les calculs de la vessie et les différencie de ceux du rein comme aspect et comme nature (1).

La pierre se forme dans le rein par un état spécial de l'urine trop chargée de matières mal digérées, soit que l'excès de nourriture ait produit cette anomalie, soit qu'elle provienne d'une faiblesse de la vertu digestive. Dans la vessie, elle est due à la constriction du col qui ne laisse pas passer les matières sédimenteuses. \oi\'d pourquoi elle n'existe jamais chez la femme. Nous devons conclure de cette dernière assertion que les cas de calculs vésicaux chez la femme étaient encore plus rares alors que de nos jours, car l'érudition d'Arnaud de Villeneuve, en cette matière, devait être grande pour l'époque.

(i) II, 020.

PATIIOLOCrE

En outre do cette lésion, il décrit la stran,!?urie (cystite), la dysurie (rétrécissement), l'ischurie qui comprend toutes les diminutions dans la quantité de l'urine, quelles qu'en soient les causes.

Sous le nom de diabète, il comprend toutes les polyuries et les rattache toutes à un trouble initial du foie : il divise avec plus de sagacité les hématuries en hématuries d'ordre général (dyscrasie sanguine) et en hématuries locales (maladies chroniques des reins et de la vessie ou lésions accidentelles : ruptures, blessures). Il en indique les signes différentiels. L'hématurie du cancer de la vessie est spécialement décrite avec ses caractères d'odeur, de couleur, et les symptômes douloureux qui l'accompagnent.

Le phlegmon périnéphretique paraît lui avoir été connu comme symptôme, mais il en faisait un abcès du rein : « Accidit quari' doque in renihus apostema fieri et quandoque uno renl quandoque in utroque (1). »

Parmi les ulcères propres aux organes génitaux, on chei-che vainement quelque chose se rapportant à la syphilis : ce ne sont, très brièvement cités, que des lésions banales et suppurées aus^i fréquentes chez l'enfant que chez l'adulte, ou bien des vdcérations chroniques envahissantes qu'Arnaud de Villeneuve qualifie luimême de cancer.

L'orchite y est décrite et différenciée de la hernie par le signe do la toux : pour la hernie (cre23ahtra), il en donne la pathogénic, les signes, le traitement ailleurs ('2); il indique la situation dans laquelle doit être placé le malade pour le taxis ; la manière de \)0ser un bandage ; et s'élève avec force contre les chirurgiens qui, au grand détriment des malades (tous, dit-il, sont morts de l'opération ou à peu près, et les rares survivants en sont demeurés es-

(i) II. 76 U.

(n) 82 a et

ARNAUB DE VILLENEUVE

tropiés), font l'incision, la suture des lèvres du trajet, ou se servent de caustiques.

Dans les maladies des femmes, la pathologie puerpérale tient la plus grande place : en dehors des accidents de la grossesse et des difïîcultés de l'accouchement, l'auteur étudie peu les maladies de l'utérus et des annexes : le terme général mola comprend à la fois les hématocèles rétro utérines, les kystes, les fibromes, peut-être même la grossesse extra-utérine. Le cancer de l'utérus n'est pas différencié autrement que par la fétidité de l'écoulement des autres métrorrhagies. En revanche, l'auteur distingue la crise hystérique des crises épileptiques et la rattache à des troubles utéro-ovariques. Comme toujours, l'observation est juste : mais, dans son désir d'expliquer ce rapport, l'auteur se perd dans des hypothèses indémontrables.

Il rapporte la plupart des maladies générales à des intoxications et cela découle naturellement de sa théorie des humevu's.

1" Intoxications d'origine extérieure, [comme l'alcoolisme qui produit secondairement des complications locales (maladies du foie, folie aiguë, paralysies alcooliques avec tremblement ou contractures, apoplexie) (J); comme la rage pour laquelle il indique des moyens de diagnostics intéi'essants, des réactifs pris dans le règne animal (poules, chiens), et toutes les intoxications dues aux venins (corps chimiques, plantes ou venins d'animaux).

2" Intoxications d'origine intérieure, auto-intoxications (2), et c'est ainsi qu'il considère l'arthétique (rhumatisme) quelles que soient ses localisations; la lèpre et ses quatre variétés, certaines formes d'épilepsie (l'urémie vraisemblement) qui sont dues à la rétention par constriction des pores, des excréta habituellement éli-

(1) II. loô ac.

(2) 181 66. iSg 6c.

PATHOLOGIE

minés : il s'ensuit une action de ces excréta soit sur la peau (scabies et différentes maladies de la peau), soit sur les centres nerveux (1) ; ces conceptions pathologiques sont sans doute très nouvelles pour l'époque; en tous cas elles ont peu vieilli (2).

Les fièvres constituent une série de maladies spéciales divisées par lui suivant leur gravité et leurs symtômes en : éphémères, putrides, hectiques et suivant leur processus en : intermittentes (quotidienne, tierce, quarte, etc..) et continues, qui sont primitives ou symptomatiques d'une maladie locale. Quelques types, les fièvres intermittentes par exemple, sont faciles à reconnaître et leur description est évidente; mais parmi les fièvres continues primitives, il est plus malaisé de se reconnaître et l'on ne peut facilement les rapportera quelque entité morbide définie de nos classifications actuelles. En effet ces fièvres (synoques, causonide, hémitritée) sont plutôt des variétés d'intensité d'une même fièvre, ou des espèces théoriques de nature humorale (ce qui revient au même) que des maladies définies; ces fièvres, on le conçoit aisément, pouvaient se surajouter comme symptôme à toute espèce de lésion organique. Toutefois la causonide, par sa description où se trouve relaté le phénomène des rémissions matinales, semble correspondre à peu près à notre fièvre typhoïde.

Telle est^ résumée dans ses traits caractéristiques, la science des maladies chez Arnaud de Villeneuve : il nous reste à décrire sa pathogénie. Ces symptômes décrits, ces noms donnés extérieurement (fièvre tierce, épilepsie) ne font en effet dans leur multiplicité que révéler un état morbide d'un système vital, toujours le môme,

(1) 20 bc.

(2) On peut retrouver quelques idées relatives à l'auto-intoxication dans Aviceiine (I can. fen. prem. Doctr. IV. Ch. I) et sur le rôle toxique de la choiera prassina en particulier : mais ce ne sont que des germes et qui seraient restés longtemps encore stériles.

et dont les lois physiologiques nous sont connues ; toute la pathogénie d'Arnaud de Villeneuve repose sur les idées générales qui ont servi de base à sa physiologie.

Le corps équilibré (eucratum) ne se trouve pas, à proprement parler, dans la nature : dès sa naissance, par suite de l'hérédité (1), dès les premières années sous l'influence du climat, de l'éducation, de l'habitude, un tempérament se fait ; l'individu est un être définitivement tombé dans un accès quelconque. La prédominance d'une des qualités primordiales se manifestant par un excès de l'humeur la plus voisine, et par une altération des trois autres en qualité au moins, l'être ainsi dévié de son équilibre se range dans l'une des quatre classes suivantes (2) et en présente les caractères.

Si c'est un cholérique, il est maigre, d'une couleur citrine ou jaunâtre, mange beaucoup, digère vite à cause de la grande chaleur naturelle qui est en lui. Il est sujet aux douleurs du côté droit, aux tintements d'oreille, aux insomnies. Sa soif comme son appétit, sont vifs, il a le pouls dur, rapide, maigre : ses nuits sont agitées de cauchemars, de rêves de feu. Il marche vite, agit promptement, est impatient à supporter une injure, généreux, audacieux, ambitieux. Sa mémoire est vive, son intelligence prompte à saisir.

Le sanguin est d'une forte corpulence qu'il doit, non à de l'adiposité, mais au développement musculaire : la faculté d'assimilation est puissante en lui (Galien). Son teint e.st d'un rouge franc et ne doit pas être confondu avec le teint rouge brun des alcooliques et des mangeurs d'épices : les yeux sont saillants, la démarche lourde ; il est sujet à la constipation, aux douleurs de tête ; la langue est sèche, la soif fréquente ; il a des rêves de sang ;

- (2) Nous avons recueilli ces documents en différents endroits de notre auteur et en particulier aux suivants : /|o h. ot c. i55 sq. 55 a. et b.

PATHOLOGIE

son tempérament le porte à la joie, aux plaisirs sensuels, Téloigne de la colère ; il est apte à tous les arts.

Le phlegmatique est gras, sans vigueur, large, court de taille, à cause du peu de chaleur naturelle ; le sang se débarrasse dans les organes de ses onctuosités en excès ; le pouls est rare, lent, mou, faible ; le teint, blanc ; la bouche, mauvaise, nauséeuse ; la salivation, abondante. Les phlegmatiques sont oisifs, somnolents, lourds et lents d'intelligence ; l'estomac et la nuque (cervelet), sont leurs organes faibles ; il rêvent de fantômes et d'inondations.

Les mélancholiques, chez qui la terre domine, ont la peau noire et rude, le pouls petit et dur, l'urine rare, le teint terreux. Leur digestion est lente et lourde ; l'oreille est dure. Ils aiment la solitude, sont taciturnes, soupçonneux, de mœurs mauvaises, mais tenaces au travail. Leurs nuits sont mauvaises, entrecoupées de rêves compliqués et désagréables : ils finissent souvent par le suicide.

Nous avons donné cette description — sans omettre même les détails extra-médicaux — si toutefois quelque chose d'humain peut être dit extra-médical — pour bien établir Pimportancc que l'auteur lui accordait.

■»' L'individu, devenu un de ces quatre types, n'est pas encore un malade : il est seulement en imminence de maladie. Sans cesse un cholérique sécrétant une bile trop chargée de cholère, va léser sa rate, son foie, son estomac (1), son cerveau (2), et la force vitale, le spiritus va s'user à maintenir quand même le bon fonctionnement des organes en éliminant, en neutralisant le plus possible cette action. Sous l'influence du moindre agent morbide surajouté, la maladie va donc se déclarer. Elle sera due à quelque chose

(1) 124 ba.

(2) 34 ab.

il2

venu du milieu extérieur (saison, fatigue, refroidissement, accident...) et qui ne sei-a, somme toute, qu'une autre action élémentaire se joignant à la première ; ou à quelque influence du milieu intérieur, écart de régime, intoxication.

La maladie ainsi survenue, sera générale ou locale : générale, elle ne tardera pas à se localiser comme nous le voyons pour Tarthétique ; locale, elle réagira : les membres non tempérés augmentant la quantité des superfluités [cacochymes) conformes à leur dyscrasie, quoique les aliments continuent à être normaux (1). Cette réaction se fera sentir sur tout l'organisme : et ces deux phénomènes, action et réaction, auront toujours lieu, unifiant la maladie, car l'organisme est un et les séparations que l'on peut y faire rationnellement ne sont pas dans la nature.

Cette pathogénie est celle de tout l'ouvrage ; mais dans certaines pages l'application aux cas particuliers en est plus évidente : telles sont les pages consacrées à la manie (2), aux maladies du foie (3), où il détermine les quatre complexions morbides du foie et les quatre états pathologiques qui en résultent ; et celles où se trouvent les classifications des fièvres d'après la localisation des humeurs en dedans ou en dehors des vaisseaux (4) et les modifications chimiques (oxydations, combustions), qu'elles peuvent subir, soit dans la profondeur des organes, soit dans le sang.

La série intermédiaire des phénomènes et des états des organes comprise entre la pure action du chaud ou de la cholère en excès d'une part et le symptôme (syncope par exemple) de l'autre, constitue cette science moyenne de la physiologie pathologique, de la vie de la maladie ; c'est le point de rencontre de l'observation et

(i) 20I ab.

(3) II. 98. 6c.

(4) II. lis 6c.

paThologïe

de la doctrine. La théouie de la crise dans les maladies, le phénomène de l'engorgement [opilatio], des chymes, tout le fonctionnement du spiritus constituent son domaine. Les qualités premières se manifestent dans la matière inanimée par des phénomènes sensibles de dilatation, de liquéfaction^ d'explosion, de fusion, de combustion ; dans les corps vivants, les phénomènes produits sont analogues, mais portent des noms différents : digestion, engorgement des vaisseaux, putréfactions, combustions complètes ou non, ébullitions ; et cette vie des humeurs explique toute la variété de leurs actions, suivant le cas. Prenons un exemple : les fièvres putrides sont dues à la putréfaction des humeurs ; mais cela ne suffît pas à les définir. Au bras, un phlegmon peut survenir où les humeurs vont aussi se putréfier ; la fièvre de suppuration ne sera cependant pas dite putride : pour que cette variété de fièvre éclate, il faut deux causes : 1° l'opilation des pores ; 2" la rétention des vapeurs. Pas d'élimination, permarience de la cause infectante ; alors la fièvre putride éclatera et. présentera quatre variétés, suivant que le phlegme, la cholèrc ou les autres humeurs seront spécialement en cause (1).

On le voit, tout dépend du fait intermédiaire : le spiritus agit et protège ou bien il laisse la maladie s'établir, occupé qu'il est à d'autres lonctions et cela peut se formuler en d'autres termes en disant : le bacille ou la toxine introduits dans Torganisme n'y détermineront pas nécessairement la maladie ; tout dépend de la force qui veille (phagocytose ou élimination). Si l'action intermédiaire manque, alors éclate la maladie, variable suivant le système sur lequel agit principalement l'agent toxique, sang, système nerveux, tube digestif. Et sur les lois de cette force vitale qui lutte contre la maladie toujours présente et la mort toujours

imminente, nous en sommes, nous aussi, réduits encore à des liypothèses.

De ces trois sciences, incluses en la pathologie et que nous venons dV'îtudier dans notre auteur, nosographie, pathogénie, physiologie pathologique, celle qui prédomine est certainement la science expérimentale d'observation et c'est ce qui fait la grande valeur d'Arnaud à une époque où la recherche scholastique des vertus premières et la résolution à priori des questions physiologiques était la méthode la plus usuelle (1) et où l'effort des hommes d'avenir devait se porter avec toute sa vigueur vers une observation plus précise de la nature, manifestant une réaction contre les dangers d'une raison s'usant à tourner dans le vide. Arnaud de Villeneuve fut bien un des agents de cette réaction, un de ces hommes d'avenir, lui qui écrivait avec tant de bon sens : « Je me « souviens, en effet, d'avoir vu un grand maître {logicien naturel) « en tous arts, excellent théoricien, mais en médecine incapable « de prescrire aucun traitement particulier, pas même un clystère (( et guérissant à peine la fièvre éphémère. Les médecins de « Montpeilier, comme mon maître et les autres, hommes de « mérite, très appliqués d'ailleurs à savoir l'Universel, n'omet- « talent pas la science du particulier, de façon qu'ils s'occupaient (( plutôt des guérisons particulières, d'enseignement, de véritables « expériences, qu'ils ne se retranchaient toujours derrière les (c universaux » (2).

(i) N'est-ce pas 1 époque où Pierre d'Abaiio pose dans le Concilialor des questions comme celles-ci : « Si le feu est chaud ou non ; si la nuque est plus chaude que le cerveau ; s'il y a un membre principal ; si les nerfs viennent du cœur ou du cerveau (question à laquelle il répond par la dialectique seule, sans anatomie !) ; si la forme spécifique est substance ou accident ; ... » Cf. Daremberg. Uist. médicale, p. 290, T. I<=''.

(a) II. i^G bc, cf. aussi II. i83 ac.

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