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LES BIOGRAPHES, COMMENTATEURS, TRADUCTEURS ET ÉDITEURS DE PLATON

C'est un fait très-remarquable, et au fond assez honorable, que Platon, qui a écrit un nombre relativement considérable d'ouvrages, n'a jamais rien laissé percer de sa personnalité, et n*a dit de lui qu'un seul mot (!). On n'y trouve aucune indication, ni même aucune allusion à ses relations de famille, à l'emploi qu'il a fait de sa vie, aux événements qui l'ont traversée ou remplie, à ses travaux d'écrivain , à ses occupations de professeur. Ce silence modeste n'est que très-imparfaitement suppléé par les renseignements des autres écrivains, dont les plus autorisés sont presque entièrement perdus pour nous. Il nous est resté trois biographies grecques de Platon (2) : l'une est de Diogène de Laërte;

(1) Apol, : (2) Il eD existe deux autres : mine inédite et anon3rniA, qui se troQve à la bibliothèque de Munich; Tautre, d'Hésychins, de Milet, fait partie de son dictionnaire alphabétique des écrivains iUusires : icspl twv iv icaiSeC^ 2ioOia(i.^àvTwv. D'après la notice altérée de Suidas, consacrée à Tauteur de ce lexique biographique, X>vo|MtTdXoYoc, son ouvrage ne nous est pas parvenu

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l'autre , d'Olympiodore , fait partie de son commentaire sur le premier Akibiade (i); la dernière est de l'auteur anonyme des Prolégomènes grecs à la philosophie de Platon (2), Ces Prolégo* mènes contiennent peu de choses qui puissent nous mettre sur la trace de leur auteur inconnu : nous sommes certains qu'il a vécu après Jamblique, puisqu'il le cite, et au chapitre 5 il nous apprend que la théorie de la moyenne proportionnelle, par

complet, et noas n'en avons qu'un abrégé, imTOf&ifi. L*arUcle consacré à Platon n'est qu*une compilation trës-résumée de Diogènede La^rte, si bien que Meursins voulait suppléer ainsi le texte dans la notice de Suidas : 'Ovo{i«T6Xoyov... Aïo^évriv Aaeptiov |i.i(iT)ffà(iEvoc, ou 2ictTo(i.iQ ioxX toûto to pt^tov. Cette restitution a paru un peu téméraire à Fabricius, quelque justifiée d'ailleurs qu'elle soit par la comparaison facile des deux biographies. On trouvera celle d*Hésychius dans les Fragm. Hisior. grœc.t publiés par M. Didot, t. IV, p. 17, S ^3. Il ne faut pas confondre cet écrivain, auteur d'une Histoire des origines de Constantinople, et qui vivait au sixième siècle, sous Anastase, Justin I*' et Justinien, avec le lexicographe Hésychius, qui est du troisième siècle.

(1) Imprimée pour la première fois à la suite des notes d'Isaac Casaubon sur Diogène de Laërte, par les soins de Méric Gasaubon, son fils, éd. Londr., 1664 ; réimprimée dans la Collection des auteurs grecs de M. Didot, à la suite du Diogène, et accompagnée d'une traduction latine faite par M. Westermann.

(2) Les Prolégomènes font partie de l'édition de Platon de M. K. Fr. Hermann, t. VI, p. 196 ; les chapitres 1, 2, 3, 4, 5, 6, qui contiennent la vie de Platon, ont été publiés à part pour la première fois par Heeren {Blbl. d. allen Uteratur u, Kunst^ t. y,Goetting, 1789), d'après un manuscritde Vienne, et tout ré^ oemment, à Ja suite du Diogène de M. Didot. Les Prolégomènes complets l'avaient été déjà dans les Commentarii de Sibl, Cxsar. nndob.^ 1665*1669, t. VIL p. \n, par Laml)ecius.

TRADUCTEURS ET ÉDITEURS DE PLATON. 5?i

laquelle Platon résolut le problème de la duplication de Tautel cubique de Delphes, avait été l'objet d'une démonstration faite par lui ; xviv (astyiv xaXou-

Or cette question de géométrie avait été traitée avçc développement par les commentateurs d'Aristote^ nous le savons par les longs extraits que Jean Pbilopon nous donne d'une démonstration et d'une solution de ce problème : deux droites étant données, trouver une moyenne proportionnelle entre elles. Cette démonstration, qui parait avoir été fameuse au temps de Jean Pbilopon, était attribuée par Parménion à Apollonius de Perga (1). Faudrait-il donc attribuer nos Prolégomènes à ce commentateur? D'autres indices nous portent & une autre conjecture. Lambecius (2) avait déjà observé que les deux manuscrits contenant les Prolégomènes les faisaient précéder de npoteXtCa <iù(i.(i.txT3t tU tov nXa- Tfiiva, entièrement extraits de Diogène de Laërte et des Commentaires d'Olympiodore sur le Gorgias de Platon. Il en avait conclu qu'Olympiodore pouvait être l'auteur des Prolégomènes eux-mêmes; et cette conjecture, admise comme certaine, peut-être à la légère, par Muraltus (3), reçoit du moins quelque apparence de vraisemblance de la remarque faite

(1) Ad Anaijft. Poster.^ c. vu, p. 75, b, 10. Bekk., SchoL Br., p. 209, a, 3S, 8qq. : Toû (livroi 'AicoXXcovCou toû IlepYaCou 2(mv eU TOÛTO 'Aic6d(tÇt(.

(3) Comm., l, /., p. 129.

(3) BulMin de la classe phUolog. de VAcad. de S.Pétersb., 1843, p. 251.

par M. K. Hermann : c'est que là pré&ce d'OIympiodore, placée en tête du commentaire de VAlcibiade où se trouve la vie de Platon, reproduit les idées et les expressions, souvent littéralement, du chapitre I et du chapitre 27 de nos Prolégomènes , et que même les commentaires d'Olympiodore sur le GorgiaSy par Tidentité de leurs divisions scolastiques avec celles de notre introduction anonyme, semblent trahir la même origine et la même main. Il est donc au moins possible et presque probable qu'Olympiodore est l'auteur à la fois de la biographie de Platon qui porte son nom, et de la biographie contenue dans nos Prolégomènes anonymes. J'ajoute, ce qui fortifie la conjecture, que cette dernière, quoiqu'un peu plus étendue, en est trèspeu diflerente, et pourrait être considérée comme une rédaction plus développée.

Olympiodore, disciple d'Ammonius (I), commentateur fécond des ouvrages de Platon et d'Aristote, est très-peu connu. M. Greuzer, dans ses Initia Philosophie ac Theologim^ et M. Cousin dans ses Fragments de philosophie ancienne^ ont soutenu conune Fabricius (2) qu'il appartenait au sixième siècle, et qu'il faut le distinguer du Péripatéticien Olympiodore, un des maîtres de Proclus, et auquel Ideler (3) attribue un commentaire conservé, mais incomplet, sur la météorolc^ie d'A-

(1) Comme il 8*appeUe lui-même, in Gorg,,^, 153.

(2) BibL grxc, IX, p. 421, Harl.

(3) Ideler, ArUtot. Meteor,, I, XVIII.

rîstote. Jonsîus (!) n'en fait qu'un seul et même personnage, et M. Zeller (2), tout en distinguant le Péripatéticien qu il appelle Olympiodore l'Ancien du Platonicien qu'il noipme le Jeune, paraît prouver que l'tftiteur du commentaire sur la météorologie est aussi celui du commentaire sur Platon. Olympiodore a écrit et professé à Alexandrie (3) ; les cinq commentaires que nous avons de lui sur YAlcibiade I et II, le Gorgias^ le Philèbe et le Phédorij ne semblent pas cependant de sa main même, ou ce ne sont que des notes de professeur, peutêtre des rédactions d'élèves qui mettaient par écrit ce qu'ils avaient entendu de la bouche du grand philosophe (4) . La date de la composition du commentaire de YAlcibiade^ qui renferme la biographie (le Platon, a paru à M. Greuzer et à M. Cousin indiquée par une phrase, où il est dit que les successeurs de Platon ont conservé comme lui l'usage de ne recevoir aucun salaire de leurs leçons, « même jusqu'à cette époque , quoiqu'il y ait eu déjà beaucoup de confiscations des biens dont les écoles avaient été dotées. » a Ceci suppose,.dit M. Cousin, deux choses : d'abord que cette phrase a été écrite au moment où Justinien dépouillait les écoles, ensuite qu'elle a été écrite avant le temps où ce

(1) De ScripiL Hist, PhU,, 1. m,c. XTiii,p. 101.

(2) Philos, d, Griech,, t. V. p. 674 et 772.

(S) Ol3rinp., Vie de Plat, p. 2, éd. Didot. *àpoc vv n mTo XaT(2;st : le Phare, c'est-à-dire évidemment Alexandrie. (4) Titre du commentaire sur VAlcib. I : %nh ^covvic 'OXu*

fi7RO<Sb)pOU TOÛ l&eY^OU f tXo<TÔf OU.

o2i LES BIOGRAPHES, COMMENTATEURS,

même Justinien, sous le consulat de Décius, fît fermer toutes les étoles et même l'école d'Athènes, » c'est-à-dire que le commentaire sur VAlcibiade aurait été écrit avant Tannée 829. M. Zeller a néanmoins contesté cette date, et fait observer que la phrase citée devait se rapporter plutôt à des confiscations opérées & Alexandrie, qu'aux événements arrivés à Athènes : il resterait néanmoins prouvé qu'au moment où Tauteurécrivait les écoles n'étaient pas encore fermées.

Le style d'Olympîodore , si l'on doit le juger sur ces commentaires, est sans caractère personnel, sans originalité, sans mouvement, sans couleur, sans vie; la langue non-seulement n'est plus saine: elle est incorrecte, et presque barbare; on sent déjà cette décrépitude générale qui atteint peu à peu toutes les parties de la vie nationale , qui fait languir la pensée , et dessèche jusqu'à la sève pourtant si vivace de la langue grecque. Son ouvrage néanmoins, intéressant et précieux au point de vue de l'histoire des doctrines, l'est pour nous en ce moment davantage encore, puisqu'il nous a conservé une biographie et peutêtre deux de Platon, contenant des détails que nous ne connaissons que par lui.

Apulée de Madaure, dudeuxième siècleaprès J.-G. auteur de la Métamorphose, d'un traité sur le Démon de Socraiej et des Florides^ a fait précéder son exposition de la doctrine de Platon, de dogmate Platonis, d'une vie do Platon qui est visiblement faite d'après celle de Diogène de Laërle. C'est un

fait relevé déjà par M. Cousin (1), mais qui nous servira à fiier avec plus de précision Tépoque où a vécu ce dernier biographe. Jer. Froben et Nicol. Episcopius, dans la préface de leur édition faite à Bàle en 1S53, et qui est, je crois, la première édition du texte grec de Diogène, disaient déjà qu'on ne trouvait de cet auteur aucune trace qui pût mettre sur la voie de son époque et de sa vie. Isaac Casaubon reconnaît qu'il est plus facile de dire quand il n'a pas vécu , que de dire à quelle époque il vivait ; il n'est cité que par des grammairiens, et le plus ancien de ces* grammairiens est Éttenne de Byzance (2) , qui .en parle comme d'un écrivain ancien : il est donc antérieur au cinquième siècle, vers la fin duquel a écrit le géographe. Le savant commentateur remarque en outre qu'en parlant de Polémon, Diogène nous dit qu'il a écrit (( il y a peu de temps, irpo ôXiyou » . Or nous savons par Suidas que Polémon est contemporain d'Auguste. D'un autre côté, Diogène cite Plutarque, né en 48 ou 50, et mort vers 1 38 apr. J.-C, Sextus Ëmpiricus, son petit-fils, qui vivait vers la fin du deuxième siècle, et même Saturninus Cythenas, disciple de ce philosophe médecin : il a donc vécu après eux ou du moins a été leur contemporain.

(i) Fragm, de PhiL anc, p. 351, éd. in-ls.

(2) V. Xo»C8at et Apvt^t. Ménage, Praef., complète la liste de Casaubon par les noms de Sopater, qui a vécu sous Constantin, et, au dire de PhoUus, avait fait à Diogène de nombreux emprunts, et d'Hésycbius de Milet, qui est du temps de Justinien.

o26 LES BIOGHAI'UES, COMMENTATEURS,

G*est à cette dernière conclusion que nous sommes forcés de nous arrêter, puisque d'une part Apulée, qui est mort en 190, a résumé la vie de Platon de Diogène, et de Tautre que ce dernier avait dédié son ouvrage à une femme, ^ iXoirXaTcovt, qu'on peut croire être cette Arria, chère à Gallien, et qui eut l'estime des Antonins (1). Il est donc presque certain que Diogène a vécu sous les Antonins^ et a peut-être vu le commencement du règne de Sévère. Son ouvrage qui porte aujourd'hui le titre de Btot xal FvcofAat, Vies et Pensées des plus illustres philosophes, cité par Etienne de Byzance sous celui de ^tXo- 9(xpoç t9Top(a> parPhotius,sousceluide^iXo<ro<pot p(oif2) par Eustathe sous celui de SotpiaTcov pCot (3), est divisé en dix livres ; il atteste une lecture immense et une tendance à l'exactitude qui se manifeste par les citations très- nombreuses et très -fréquentes des auteurs sur lesquels il appuie ses assertions. Ambroise, son premier traducteur latin, a dit qu'il avait plus de lecture que d'exactitude, pltis in kgendo studiij quam in scribendo diligentiœ, ce qui doit s'entendre de l'intelligence des doctrines qu'il ne reproduit pas fidèlement, parce qu'il ne les comprend pas. S'il n'a pas le sens philosophique, ni

(1) Galen., dt Theriac. ad Pis., c. 3. C'est Thom. Reines, Var. Leci.f 1. U, c. 12, qui a émis cette conjecture ingénieuse et vraisemblable, et qui conserverait sa valeur quand bien même Qalien ne serait pas Pauteur de l'ouvrage cité, puisque cet aa«> teur serait toujours son contemporain.

(2) BihL^ 161.

(3) Âd ILi |i'.

même le sens critique, il a encore moins le sens du style : il est décousu, languissant, froid, et a la manie de citer des vers de sa façon qui n'ont pas grand mérite, et qui surtout ont le défaut d'être parfaitement hors du sujet : ce qui lui a fait donner par Tzetzès Tépithète d'l7riYp«jAuaT0Ypa(pcM; (0, et laisse supposer qu'il avait écrit tout un volume d'épigrammes sur les philosophes illustres (2^, dont il n'a pas voulu priver entièrement les lecteurs de ses biographies. Néanmoins il est d'autant plus précieux qu'il est le seul historien de la philosophie qui nous soit resté des anciens, et qu'à défaut d'intelligence, il a au moins la passion de l'exactitude matérielle, et produit à chaque instant les témoins des choses qu'il avance.

Nous allons rapidement passer en revue ceux qu'il cite dans la vie de Platon, et cette analyse nous confirmera dans la confiance que nous devons avoir dans ses assertions, quand elles n'ont pour objet que des faits. Je ne suivrai d'autre ordre que celui dans lequel se présentent les citations de Diogène.

1. Zosime (3) d'Alexandrie, philosophe, est l'auteur d'un ouvrage intitulé : Xu(xcutix9c, art de faire les mélanges, ou Xctpox(A))ta, les Travaux manuels, divisé en vingt-huit livres où les matières étaient disposées par ordre alphabétique : il avait de plus

(1) CAi/., ni)C. 61.

(2) Ce Yolume aurait été intitulé nà(i(UTpov, parce que les InscriptioHê étaient faites en toute espèce de mètres.

(3) Diog. L., ni, 2.

o28 LES BlOGRAPHt», COMMENTATEIHS,

écrit une vie spéciale de Platon (1). On ignore si ce personnage, différent de Zosime de Gaza, est le même qui a vécu du temps de Théodose le Jeune (399; empereur en 408, f 450), et avait laissé six livres d'histoire dont Photius loue la diction concise, claire, pure et agréable.

2. Speusippe (2),-neveu et premier successeur de Platon, (ils d'Ëurymédon et de Potoué, parait avoir été de vingt à vingt-cinq ans plus jeune que son oncle. Parmi les ouvrages qu'Aristote acheta trois talents, Diogène (3) cite un éloge de Platon, 'EyxMfxiov : c'est peut-être l'ouvrage désigné dans la vie de Platon sous le titre de Ilcptôiiitvov, c'est-à-dire le Banquet funéraire de Platon, qui n'est pas mentionné dans le catalogue des œuvres de Speusippe. Saint Jérôme (4), en traduisant le passage de Diogène, ne donne pas le titre, que les éditions d'Etienne changent en nsploeticvou. Quoi qu'il en soit, cet éloge renfermait évidemment des détails biographiques autorisés, comme le remarque Apulée, puisqu'ils étaient empruntés directement aux souvenirs les plus intimes de la famille (5).

3. Cléarque (6) de Soles, disciple d'Aristote, suivant Josèphe (7), qui le déclare l'égal de tous les

(1) Suid., Y.

(2) Diog. L, ni, 2.

(3) Diog. L., IV, 5.

(4) C. Jovin., I.

(5) ApuI;, de Dogm, PlaC-, 1 : « Domesticis iostructus documentis. »

(6) Diog. L., Ul, 2.

(7) C. ÀpioD, 1. 1.

PéripatéticicDs, et cite un fragment de son ouvrage sur le Sommeil. Outre un livre sur l'Éducation, Diogènc lui attribue un éloge de Platon, qui appartenait peut-âtre à la collection de biographies , mpl ,8iwv, mentionnée par Athénée (i). On connaît encore de lui un traité de Tactique^ et un sur les Énigmes.

4. Anaxilaïdas (2) avait écrit un ouvrage au moins en deux livres, irep\ (ptXooo^cuv , cité par saint Jérôme (3) qui Tappelle sans doute par erreur Hbrum philosophiœ.

5. Antiléon (4), auteur d* une chronologie dont le deuxième livre est cité par Ûiogène, et que mentionne une seule fois le seul Pollux (5), est complètement inconnu.

6. Alexandre (6) , dont Diogène produit en témoignage une histoire de la philosophie, ou plutôt des philosophes, intitulée O^tXoaô^jv ataSo^aC^est, d'après Jonsius (7), suivi de Brandis (8) et de K. M aller (9) , le fameux Alexandre de Milet , surnommé

(1) Athén., VHI, S44, b; IX, 396, e| XU, 539, b; 543, c; VI, 234, f, où il confirme que c'était un disciple d'Aristote. Comme Athénée cite le 8* livre (XII, 548, d), nous connaissons par là rétendue minimum de son ouvrage.

(2) Diog. L., m, 2.

(3) G. Jovin, 1. 1.

(4) Diog. L., ni, 3.

(5) Poil., Onom., n, 4, 151.

(6) Diog. L., 111,4.

(7) De ScripU. Bist. Philos,, p. 238.

(8) GeschUhte d. Phil., t.I, p. 31.

(9) Fragm. Bist. grœe , t. UI, p. 240. Yossius est dans le,

Polyhistor pour 8a profonde connaissance de toutes les parties de Tantiquité. Ce savant grammairien, qu'on a confondu à tort (1) avec Alexandre de Phrygie, fils d' Asclépiade , appartenait à l'école de critique fondée à Pergame par Gratès de Malles ; il était de Milet^ fut affranchi par Sylla, qui lui donna son nom, Cornélius (2) , et enseigna avec éclat à Rome, où il eut pour disciple Hygin, affranchi d'Auguste (3). Sa vaste et solide érudition se révèle dans les fragments conservés de ses nombreux ouvrages, qui ont pour objets l'histoire, la géographie, la grammaire, la philosophie et son histoire. Nous avons encore sept fragments de sa Généalogie des philosophes, tous tirés de Diogène de Laërte , sauf un seul emprunté à Ghalcidius (4), et peut-être à tort rapporté à notre Polyhistor, et deux courts extraits de son ouvrage sur les Symboles pythagoriciens conservés, l'un par S. Clément d'Alexandrie (5), l'autre par Cyrille (6).

doute; Reines rattribueà un Alexandre d'iEges, précepteur de Néron.

(1) Klinton, Fast ffelL, ann. 83, et Schoell, t. II» p. ?23. L'erreur est manifeste puisque le tils d'Asclépiade a été le maître de Marc^Aurèle dont il a écrit Toraison funèbre. ArisUd.» Orat, XIÏ.

(2) Suid.y V. Serrius, in Virg, ySn.^ X, 3S8.

(3) Suct., de iUustr, Gramm*^ c. 20.

(4) In Plat, Tim,, p. 155, éd. Bfeurs.

(5) Strom., 1, 1ô,p. 181.

(6) Àdv, JuL) IX, p. 133. Diogène cite fréquemment* mais non dans la Vie de Platon, deux généalogies des philosopher» semblables de titre et de sujet à celle de Polyhistor : ce sont les àmUxa d'Antisthène et celles de Sotion, qu'il; a dû évideili'»

TRADUCTEURS ET iÈOITEURS DE PLATON. 531

7. Hermippe (1) est fréquemment cité par Athénée (2), et est appelé par lui KaXXijjuxxsîoc, parce qu'il appartenait à Técole de grammairiens dont Gallimaque était le chef. Il était de Smyrne et avait écrit une biographie des philosophes , pioi , dont on a quelques fragments sur Pythagore, Philolatis, Diodore, Empédocle, Héraclide, Démocrite, Zenon,

ment consulter partouL et qui ne pouvaient avoir oubUé Platon. Vosfiius croH que cet Antisthène est. celui que Diogène appelle rhisiorien et le Rhodien, *P6diôç tiç laxopixoç, et Jonsius, p. 249, comme M. Zeller, pense que cette conjecture est au moins très -vraisemblable. M. K. MûUer, Fragm, Hist. grxc, t. HT, p. 182, rapporte les AioSoxaC à un Antisthène péripatéticien, cité par Phlégon. Sotion d'Alexandrie, dont Diogène produit (Procem,^ \, 7) le XXIIP livre, vivait à Rome du temps de Tibère, si c'est lui qui a eu avec Potamon de Lesbos Pentrevue dont parle Plutarque dans sa Vie cT Alexandre. Eunape, au commencement de ses Vies, cite son ouvrage sous le titre de ii çtXôaofoi; IcrcopCa, tandis qu'Athénée, VIII, 343, c; XI, 505, c; IV, 162, le connaît sous le même nom que Diogènc^Tzetzès \enomme, ad Lycophr., f. l02,etChil., IV, 144, et Gassianus Bassus, dans ses Fecimovtxd. Athénée, VIII, 336, lui attribue un autre ouvrage sur les Silles de Timon ; Stobée, un traité delà Colère ; Diogène, X, 4, un traité en douze livres intitulé AtoxXsCot {Xs'fxoi. Héraclidès, surnommé Lembus, fils de Sérapion, avait fait un résumé de l'ouvrage de Sotion, comme aussi des biographies de Satyros. Diog. L., VIII, 7 et 40. Athén., m, 20. Jonsius, p. 197, pense que notre Sotion diffère de celui dont parle Plutarque, et que le nôtre a vécu sous Ptolémée- Épiphane.

(1) Diog. L., m, 3.

(2) Athén., II, 58. Il a dû par conséquent fleurir sous les règnes de Ptolémée III, qui monte au trône en 240, et de Ptolémée IV, jusqu'à 205 av. J.-C. Gallimaque meurt quelque temps après l'avènement de Ptolémée III Évergète. Ritschl., Alex. Bibl.f p. 90.

Anaxagore, Socrate, Platon, Arcésilas, Aristote, et d'autres encore.

L'autorité d'Hermîppe a dû être grande, car les historiens postérieurs s'appuient souvent sur son témoignage, et nous voyons ses nombreux ouvrages historiques à chaque instant cités par Plutarque, Athénée, Diogène et les auteurs de Diogène (1). Josèphe (2) l'appelle très-illustre, imfmyAvxxoç, et vante son exactitude ; et 3. Jérôme , dans la préface de son Histoire ecclésiastique, s'autorise de son exemple : Fecerunt quidem hoc apud Griecos Bermippus peripateticus.

8. Néanthès de Gyzique (3) était l'auteur d'une biographie des homçies illustres, citée par Etienne de Byzance ou son abréviateur Hermolatls (4) , et d'une biographie spéciale des Pythagoriciens (5). Jonsius supposé qu'il a dû vivre sous Attale et se fonde sur un passage d'Athénée (6) qu'il donne ainsi : tnx toîv irepl "ArcaXov tatoptxôiv ; c'est une fausse leçon : le vrai texte est Iv a' taxopCoiv , dans le premier livre des Histoires. On peut croire cependant qu'il a été le précepteur de ce roi , puisqu'il était disciple de Philiscus, disciple lui-même d'Isocrate.

(1) JODS., p. 190.

(2) G. Apion» 1, 22 : ... 'Av^p nepl icSoflcv CoropCov im|UXv)c.

(3) Diog. L., m, 3.

(4) V. Kpdtnoc

(5) Diog. L., Vni, 72. Cest à cette biographie que S. Clément, Théodoret, Porphyre et Jamblique ont emprunté ce qu'ils nous rapportent de Pythagore.

(0) XV, 699, d.

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