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vains sur lesquels s'appuie Athénée dans ses amères critiques contre la vie et les ouvrages de Platon. Ce sont Hégésandre de Delphes, auteur de mémoires, 6iro|Av^(juxTa , qu'il cst le seul des dnciens à nous faire connaître (l), et qui parait avoir vécu après Antigone Gonatas, dont le règne va de 229 à 231 ; et Théopompe de Ghio, Thistorien, disciple d'Isocrate. Outre rhistoire de Philippe, qui comprenait cinquante*huit livres (2), et un résumé d*Hérodote, qui en contenait deux (3), il avait écrit un traité spécial sur Platon, ^ IIXoEtuvoc Siarpt^iî (4).
A l'aide de ces documents et de ces témoignages, auxquels il faut ajouter tous les documents épars dans les auteurs, et particulièrement dans Gicéron, Apulée, Plutarque, Élien, dont quelquesuns, Apulée, par exemple (5), avaient à leur dispo-
(1) AUién., XI, 507, a. Son livre, à en juger par le titre : du Penchant habituel de Platon à dénigrer tout le fnonde, parait avoir eu un caractère critique et hostile très-prononcé.
(2) Et non 72, comme le dit Suidas. Conf. Voss., de Hisior. grœc.f 1. 1, p. 19.
(3) Vossius attribue ce résumé d'Hérodote à un autre Théopompe, soit celui de Gnide, ami de J. César, soit celui de Sinope, mentionné par Phlégon de Tralles, soit celui de Golopbon, poète épique, cité par Athénée.
(4) 508, c. Les anciens louent la profondeur des recherches et Tart de la composition chez cet habile écrivain ; mais on Taocuse aussi de violence et d'âpreté dans ses jugements, et d'avoir l'esprit porté à voir les hommes en laid, xatriYopeiv luUXov ^ f<rropsîv (Luc, de Scribend. Histar.) ; Cornélius Népos, dans la Vie d'Alcibiade, le joint à Timon le Sillograpbe, et les nonune tous deux les plus médisants des hommes. Conf. Voss., de Hiêt. gr,, I. I, p. 30.
(5) Les mémoires de Speusippe sur son onde.
sition des renseignements précieux, on peut écrire, non sans difficulté, car il est souvent difficile de les concilier, et parfois même d'y ajouter foi, mais enfin on peut écrire une biographie yraîment historique de Platon. Aussi ce travail a-t-il été déjà bien souvent exécuté, et dans ces derniers temps en Allemagne, avec autanl; de savoir que de talent.
Marsile Ficin, de Florence, a placé en tôte de sa traduction latine des œuvres de Platon (1), qui est restée sans égale pour la pénétration profonde du sens philosophique de son auteur, une vie de Platon, qu'il a fait suivre de celles de Plotin, de Proclus, de Psellus.
Guarini (2), disciple de Chrysoloras, de Vérone ou de Ferrare, professeur à Venise, et ensuite à . Ferrare, a écrit les Biographies de Platon, d'Arîstote, d'Évagoras et d'Homère, qui ont été imprimées à Lyon avec les Vies de Plutarque.
Daniel Omeisius, d'Altorf, exposant la morale de Platon et l'éthique pythagoricienne, a publié en télé de ces deux ouvrages une Vie de Platon, 1696, et une Vie de Pythagore, 1693, à laquelle se trouvent joints un commentaire sur les Vers d'Or, et une explication de dix des symboles pythagoriciens. Cette école l'occupa beaucoup; car on a encore de lui, en 1702, une dissertation spé-
(1) Publiée à Lyon, avec des remarques critiques d'|s. Casau* boD, en 1550; plus tard à Francfort, en 1602.
(2) Né en 1370, mort vers 1460.
ciale sur les symboles, et, en 1706, une autre sur ridylle d'Ausone intitulée: nuGayopix^ àxp6iX9i<;.
Musurus, que Léon X, sur la recommandation de Lascharis P% son maître, aVait fait venir de Crète, sa patrie, à Rome, a laissé, parmi d'autres ouvrages, un Éloge de Platon, Encomium Platonis, en vers élégiaques, signalé par Lilius Gyraldus(l).
Notre ancienne Académie des inscriptions et belles-lettres a produit, aux dix-septième et dix-huitième siècles, de nombreux travaux sur les dialogues de Platon (2), et particulièrement des mémoires de Tabbé Arnauld, qui en a traduit et commenté plusieurs* Mais ni lui, ni Maucroix, ni Grou, n'ont écrit, que je sache, une biographie de notre philosophe. Cette lacune regrettable, que Dacier ne suffit pas à combler (3) , a été remplie par les Allemands qui, sous la préoccupation de systèmes philosophiques récents, ont été portés à étudier avec un soin curieux et une exactitude scrupuleuse la vie et le caractère de Platon, croyant y trouver Texplication de sa pensée et de ses doctrines. Je ne peux que signaler ici leurs travaux, dont j'aime à reconnaître et à dire que j'ai tant profité.
Tennemann a fait précéder d'une biographie de Platon son ouvrage intitulé : Système de la philo-
(2) Mém. de Fraguier, Massieu, Couture, SaUier, Arnaud, Garnier.
(3) Dix dialogues ont été traduits par And. Dacier, 1699» li les a fait précéder d'un discours et d*une Vie de Platon.
Sophie platonicienne. Publié à Leipsig en 1792, cet ouvrage ouvre la série des doctes et profondes recherches dont la vie et la doctrine du philosophe ont été l'objet dans ce pays, qu'on peut appeler le grand atelier de l'érudition moderne. Schleiermacher en a fait autant, en tête de sa traduction allemande des Dialogues; Ast^ en 1816, a publié un volume dont le titre est : Vie et ouvrages de Platon. Socher, en 1820, a repris ce même sujet dans une Étude spéciale, qui n'a pas empêché de nouveaux travaur de se produire, dont la liste serait ici trop longue. Je ne veux pourtant pas oublier M. K. Fr. Hermann, qui, dans son Histoire et système de la philosophie platonicienne^ dont il n'a paru malheureusement qu'une partie, avait consacré à la biographie et à l'histoire des ouvrages de Platon tout un volume.
Les commentaires grecs destinés à éclaircir les ouvrages de Platon, et à en faciliter l'intelligence, étaient fort nombreux. La plupart ont péri ; d'autres sont enfouis, inédits ou inconnus, dans les bibliothèques: un petit nombre a été publié intégralement ou partiellement.
Schoell (1) attribue à Dexîppus, disciple de Jamblique, auteur de trois livres de Questions sur les Catégories (TAristote, des commentaires sur Platon que ne cite pas Jonsius. Ceux de Damascius (2),
(1) Bist de la Uttér, greq.y t. V, p. 16Î.
(2) Cest Taoteur des ^nopCat %a\ Xvaetc sur les premiers principes, publiés eo partie par Kopp, 1836, Francf. C'est le dernier anneau de la fameuse Chaîne d*or; il occupait la chaire
successeur d'Isidore de Gaza à l'école platonicienne d'Athènes, intitulés : Doutes et solutions^ àitoptai xatl Xu(X6iç, sur le Parménide de Platon, sont conservés manuscrits à la bibliothèque de Munich. De l'ouvrage de Théon de Smyrne, stir ^Utilité des maihé" matiques pour la lecture de Platon^ il ne reste que la partie qui traite de l'arithmétique et de la musique. (1).
Olympiodore le Platonicien, qui a professé à Alexandrie vers la fin du siiième siècle, disciple de Damascius qui s'y était réfugié, a laissé des commentaires sur cinq dialogues, le premier et le^ieuiième Alcibiade, le Philèbe^ le Gorgias, le Phédon (2). Proclus de Lycie, né en 412, mort en 485, disdple de Syrianus, auquel il succéda, a écrit de nombreux commentaires sur le Timée, VAlcibiade, la République y\Q Parménide, leCratyle^ qui sont publiés(3), et d'autres sur le Phédon^ le Philèbe, le Phèdre, le Protagoras^ les Lois, qu'on n'a pas encore retrouvés.
de philosophie en qualité de diddoxoc, quand survint le décret de Justinien.
(1) Publiée à Paris, 1664, par Bouillaud.
(2) V. plus haut, p. 522.
(3) M. Cousin, entre autres, a donné deux éditions de Proclus, Tune en 1825, l'autre en 1864; elles ne comprennent, parmi les commentaires, que ceux du Parménide et du / Alcibiade, Le commentaire sur le Cratyle a été publié en 1820 par M. Boissonade, à Leipsig, et celui sur le Timëe,k Breslau, en 1847, par M. Schneider. La Théologie platonicienne a été imprimée pour la première fois à Hambourg, 1618, avec V Institution
'"ilogique. Je n'en connais pas d'autre édition.
Le livre du Pythagoricien Didyme sur la doctrine de Platon, Tcepi tcov dipe<JxovT(ov nXaTMvi, celui de Numénius d'Apamée, qui avait pour sujet les Dissentiments entre les Académiciens et Platon, ont péri : de ce dernier . ouvrage cependant Eusèbe nous a conservé des fragments intéressants.
Bo6ce mentionne (1) un commentaire de Porphyre sur le Sophiste, et Proclus, en maints endroits de son propre ouvrage sur le Timée, un. autre du même auteur sur ce dialogue, dont le scholiaste de Platon (2) reproduit quelques passages. Les observations sur la République, citées par SimpUcius (3), ne paraissent pas avoir appartenu à im commentaire spécial ; un Anonyme (4) cite encore de Porphyre un traité sur les Différences entre Platon et Aristote, dédié à Chrysaorius, qu'on dit exister inédit^ et, ce qui ne s'accorde guère avec la pensée de cet écrit, Suidas lui attribue un ouvrage en sept livres ayant pour objet de démontrer l'identité des deux doctrines (5).
Albinus, contemporain de Galien, avait écrit une introduction aux dialogues de Platon, £i(xoeY<M» <iue deux manuscrits intitulent : de l'Ordre des livres de Platon. Cette petite dissertation que nous avons conservée, ou dont nous avons conservé du moins un
(1) De DMs. Init.y p. 638.
(2) Ëd. Bekker, p. 438.
(3) In Physic., 144, a.
(4) Cramer, Anecdot,, Oxf., IV, 432.
(5) Espl Tou iiCov eUat.
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abrégé (1), a été publiée pour la première fois par J, Alb. Fabrîcîus (2), plus tard par J. Fr. Fischer avec les quatre premiers dialogues de Platon (3), ensuite par Dan. Beck en tète du Platon de Tauchnitz(4), puis parErn.Ghr. Schneider (S) et enfin par K. Fr. Hermann, qui en a amélioré singulièrement le texte (6). Ce savant a également apporté d'heureuses corrections critiques à la dissertation d'Âlcinoiis, intitulée dans certains manuscrits AtSaoxQiXixiv tSv nXttTitfvoc SoYfAttTcov, et dans d'autres Introduction aux doctrines de Platon du philosophe Alcinous. Imprimé d'abord à Venise parles Aides, 1521 , ensuite par Dan. Heinsius qui l'a réuni à son Maxime de Tyr (7), ce petit ouvrage fait partie du sixième volume de l'édition de Platon de K. Fr. Hermann. J'ai donné plus haut les renseignements nécessaires sur un travail du même genre, qui porte le titre de i'roii^^om^n^s â la philosophie platonicienne y et dont l'auteur n'est pas nommé. Eusèbe nous a conservé quelques fragments d'un ouvrage du Platonicien Âtticus, qu'il ne faut pas confondre avec le rhéteur Hérode Âtticus, son contemporain (8). Ce traité avait pour objet de déterminer la différence
(1) Platonis DialogL K. Fr. Hermann, t. VI, p. xv : « Uude Doo mutiloB, sed consulto breviatos esse liquido apparet. »
(2) Siblloth, grac, t. H, p. 44-50, 1707.
(3) Leips., 1783.
(4) Leips., 1813.
(5) Varsovie, 1852.
(6) Leips., 1858, dans le VI« vol. de son édition de Platon.
(7) Uyd., 1614.
(8) l\» vivaient du temps de Marc-Anrèle.
qui existe entre la philosophie de Platon et celle d'Aristote(l), et de réfuter ceux qui soutenaient ridentité des deux systèmes.
Claude Galien de Pergame(2),le grand théoricien de la médecine grecque, avait étudié tous les systèmes de philosophie, sur lesquels ses ouvrages fournissent des renseignements précieux. Deux d'entre eux sont particulièrement intéressants pour . Tétude de notre philosophe : Tun, composé de neuf livres, est intitulé : des Opinions d'Hippocrate et de Plaiony et est consacré à soutenir les opinions de Platon contre celles de Chrysîppe et autres philosophes, relativement au siège de Tàme et à la localisation de ses facultés. Le second est un fragment dont nous n'avons que la version latine de Gadaldini, qui lui donne pour titre : Fragmetitum in Timœum Platonis, vel e quatuor commentariis quos ipse inscripstt : De iis quœ medice scripta sunt in Platonis Timœo; d'où il résulte que Galien aurait écrit quatre mémoires sur les doctrines physiologiques et médicales de Platon (3). Les scholies
(1) Euseb., Pr»p. «v., XI, i, 2 ; XV, 4, 9, et o. 13. Le sajet de roavrage est indiqué par ces mots qa*on trouve dans le premier des passages indiqués : np6c toOc 8tà tûv ^pt<rroTéXouc xà nXàTCAvoc 6in<r)rvou(i.^vouc.
(2) Né en 131 apr.J.-Gb.
(S) Il faut mentionner encore le commentaire de Cbalcidius sur le Timée qui accompagne sa traduction latine de ce dialogue, éditée à Leyde, par J. Meursius, 1617, et par J. Alb. Fabriciusàlafin des Œuvres de S. Hippolyte, Hambourg, 1718. On possède encore, inédit, dans la bibliothèque Bodléienne, un commentaire grec de Mich. Psellus sic t^v nxdTwvoc ^x^-
SSO LES BIOGRAPHES, COHHBNTATEURS,
propremeot dites, qu'on tcouve dans toutes 1^ éditions de notre auteur, ont peu d'importance philosophique : le contenu en est presque exclusivement historique 'ou grammatical. U est bon de savoir que lesacholies sur le Timée, qui forment presque un ouvrage complet, dont le caractère et l'importance dépassent de beaucoup ceux des scho- ,Ue8, ne se trouvent que dans Rubnken (1) et l'édition de Bekker.
La langue de Platon, qu'avec un singulier pédantisme Denys d'Halicamasse ne trouvait pas suffisamment grecque, xàu» fUiivEÇouati, avait été rd>jet de travaux spéciaux. Un seul s'est conservé jusqu'à nous : c'est le Glossaire de Timée, grammairien du quatrième siècle, édité d'abord par Ruhnken, et tout récemment par M. K. Fr. Hermann. Un autre grammairien, nomm4 Boetbus (2), cité avec éloge par Photius, avait fait deux lexiques [datoDidens, intitulés l'un : IlIIum flXormucM» ou>aiwp{, l'autre :
■fn-Am... Fabriciu», BMMh. grxe., l. lU, c 1 et 16, meatioDDe encore comme commenUteun d« PUton Adrule d'Apfarodiaée, le PéripatétieiBD. cité par Porphyre (ad Plolem. Barmtm., 1. 1, c. â}iÉlieD le Platonicien, cité dam le mime ouTnge, L I, 3; Aiùtoclèi de Pergame, Aiclépiodote, cité par Olympiodon
orot., IV], et d'autre* pour lesquels ou pourra le consulter.
SchoUa in Platon., LejAe, ISOO.
J'igDore quel est ce personnage; en tont cas il ne tant le ndreavec aueundea philosophes qui portentoe nom : ni avec ilcien contemporain de Cbrysippe, ni avec te Péripat^tile SIdoo, qui étudia avec Stiabon (£tV, 1, 34] et fut le diad'Andronieus, ni avec un autre Péripatétiden appelé FUpertonnage consulaire, dont le maître, Alexandre de Davivait du temps de Uaro-Aurèle (161-iSOapr. J.-Cfa.)-
iccpl Tcov impk nXotTODVi diiropou|Aiv<ov Xé^ecov; ils SODt
tous les deux perdus.
La première édition complète de Platon a été imprimée en 1513 par Âlde Manuce Tancien , et le texte en a été revu par Marc Musurus, de Crète, dont nous ayons parlé plus haut.
Après deux éditions de Bàle, Tune de 1534, l'autre de 1S36, est venue la belle impression d'Henri Estienne, 3 vol. in-folio, Paris, 1578, qui est comme le type de toutes les autres postérieures. Le savant imprimeur et helléniste a fait d'heureuses et importantes corrections au texte des Aides, aidé de la version de. Ficin et des observations critiques de Jean Gornarius. Malheureusement il a confié la traduction latine au péripatéticien de Serres , qui a distribué les dialogues arbitrairement dans une classification pédantesque et scolastique , et , ce qui est plus grave , n'a pas toujours compris et aide bien rarement à comprendre son auteur.
L'édition des Deux-Ponts , 1781-1787 , a emprunté le texte d'Estienne, mais a repris la traduction de Ficin ; Tiedemann a fait précéder les dialogues de bons arguments. Les éditeurs subséquents ont profité des travaux de la critique moderne, pour apporter des améliorations au texte, à l'aide de la collation des manuscrits. Je cite rapidement l'édition de Bekker, 1816-1818 ; celle d'Ast/ 1819-1832, accompagnée d'une nouvelle et excellente traduction latine et de commentaires malheureusement inachevés. Un ouvrage dû à la science et à la patience de ce docte critique , et qui est indis-
pensable pour Tintelligence du texte de Platon, est son Lexicon Platonicum, Leips., 3 yoL , 1 835-1838, où je voudrais qu'il eût fait entrer les noms propres (1).
M. Stallbaum a publié, avec des notes critiques, des commentaires et des prolégomènes fort savants, mais peut-être quelquefois un peu longs , presque tous les dialogues de Platon. Il est regrettable qu'il n'ait pas fait entrer dans son plan les dialogues inauthentiques. Cette lacune a été comblée par M. K. Fr. Hermann, qui, dans l'édition de Teubner, a donné tous les dialogues suspects, les lettres, et y a ajouté les scholies grecques , l'introduction d'Albinus et celle d'Alcinoûs, la vie de Platon par Olympiodore, TOnomasticon de Timée, et les prolégomènes anonymes dont nous avons parlé plus haut.
Enfin un Français qui soutient l'antique honneur d'un nom illustre dans la typographie de notre pays, M. Ambroise Firmin Didot, a publié de 1846 à 18S6, en deux volumes, une nouvelle édition complète, accompagnée d'une traduction latine, revue, ainsi que le texte , par MM. £. Ch. Schneider et R.-B. Hirschwig.
Les traductions latines ont dû être déjà mentionnées plus haut; je rappelle seulement qu'elles sont dues à Marsile Ficin , Jean Gornarius, de Serres et Ast. La traduction allemande si justement célèbre de Schleiermacher voit aujourd'hui sa réputation
(1) Cette lacune est remplie par la Prosopoçrophia PkUonka de Groen Van Prinsterer.
balancée par celle de M. H. Millier , dont on vante surtout les arguments, dus à la plume de M. K. Steinhart (1). En France, la traduction de M. Cousin, accompagnée de notes et d'arguments éloquents et profonds , comme elle était sans précédents, est restée sans rivale. Je dis sans précédents, comme traduction complète , car l'abbé Arnaud, Dacier, Grou surtout, avaient traduit quelques dialogues (2), sans compter des essais antérieurs, par exemple, les traductions de la République^ du Timée^ du Phédon , du Banquet , par Leroy , professeur au Collège de France , qui ont paru au seizième siècle, en 1559.
(1) Leips., 1850-1859.
(2) fifaucroix en a traduit également quelques-uns, 1685. Racine, à qui Tabbesse deFontevrault, sœur de M"^ de Montespan, avait envoyé une traduction du Banquety avec pnère de la corriger, aima mieux la refaire en entier, sous prétexte que le style de « rillustre dame » étant « admirable », en y retouchant on n*aurait fait que le gâter. Mais il n'alla pas jusqu'au bout : il recula devant le discours d*Alcibiade, qui n'avait pas effarouché la noble marquise, et s'arrêta au discours d'Éryximaque.