Les Origines, 2 e éd., p
les regarder comme passés. Aussi Rydberg, II, 139, présente l'hiver deMahrkûsaet le Fimbolvetr, le « grand hiver », de l'Edda comme accomplis. Nous reviendrons à cette interprétation lorsque nous nous occuperons de la fin du monde dans l'Edda. Ces savants et d'autres ne sont pas les premiers à l'avoir entendu de lasorte. Maçoudi, mort en 957 après J.-C, raconte que, d'après une tradition, le déluge serait arrivé du temps de Yima 4 . Mais l'indication du savant arabe, du commencement du xi e siècle, Albîrûnî, s'y oppose. 11 dit que les Perses ne connaissent pas le déluge ou bien qu'ils parlent d'un déluge limité à la Syrie et à l'Occident et qui aurait eu lieu du temps de Tahmûras*.
Dans le Bundahis, 7, nous trouvons le récit d'une sorte de déluge*. Tîstar, Sirius, faisait pleuvoir sur la terre avant l'apparition de l'homme jusqu'à ce que l'eau fût à hauteur d'homme. Tous les animaux malfaisants auraient péri, ayant cherché un abri sous la terre. Au contact de leurs cadavres, l'eau serait devenue salée. Cette légende sert aussi à expliquer l'origine des fleuves et des lacs; mais elle n'a aucun rapport avec le mythe de Yima.
La chronologie postérieure établit que Yima, après plus de six cents ans d'âge d'or, « vécut cent ans dans un endroit caché »', et le grand Bundahis explique cette expression mystérieuse en disant que Yima, après son gouvernement, « passa cent ans dans le Var » B . Mais cela signifie seulement qu'on a eu besoin d'un siècle pour faire concorder le nombre des années. Cela ne veut pas dire que la désolation soit arrivée pendant ces cent années. Toute la tradition mazdéenne est d'accord pour placer les hivers de désolation à la fin du monde. Déjà dans notre fargard, le séjour dans le Vara est considéré comme très long. 11 dure encore au moment où écrit l'auteur