Cf. Vendiddd, % 22 ss
cotre ces trois hivers sans interruption et les trois hivers sans interruption de Mahrkûsa est telle, que le rapport entre le mythe islandais et la légende de Mahrkûsa me semble incontestable. Ici l'emprunt est beaucoup plus vraisemblable que dans les autres cas, parce que dans la Gylfaginning nous n'avons pas affaire à une croyance populaire très répandue, mais à une œuvre savante dont l'auteur puise à toutes les sources, norroises, chrétiennes et autres, qui étaient à sa portée. On objectera la distance entre l'Iran et l'tle de la mer glaciale où la race germanique était parvenue au degré le plus élevé de civilisation qu'elle atteignit en ce temps. Mais il n'est pas plus étonnant que la Gylfaginning connaisse les trois hivers iraniens de la fin du monde, qu'il ne l'est de voir Snorre Sturlason raconter dans la préface de l'Edda postérieure la légende de Zarathustra riant quand il vint au monde l .
Môme sicee?m maera fimbolvetr, a Je fameux grand hiver », dont il est parlé aussi dans le Vaf/>rûj5nesmâl, 44, est une création indigène — il est tout aussi admissible que ce mythe soit né en Islande ou dans le nord, comme la tradition des hivers de Mahrkûsa est née dans l'Iran et celles d'un déluge sont nées dans différents pays — je crois néanmoins que les trois hivers de la Gylfaginning trahissent la connaissance des légendes de l'Iran. Nous reprendrons l'examen de l'origine du récit eddique quand la suite de notre étude nous y amènera. Ici il s'agissait seulement de l'origine du récit du Vara de Yima et de l'hiver de Mahrkûsa. Même s'il y a un lien historique entre ce récit et celui du Fimbolvetr, ce n'est évidemment pas le mythe iranien qui se trouve sous la dépendance du mythe norrois.
t. A. V. W. Jackson, Zoroaster, p. 286 s.
ÉTUDE COMPARATIVE AVEC LES AUTRES MYTHES b'UNE DESTRUCTION DU MONDE ET DE SON RENOUVELLEMENT.
Dans tou3 les cas l'hiver de Mahrkùsa et le Vara de Yima appartiennent au même groupe de représentations de la fin du monde et de son renouvellement dans le passé ou dans l'avenir que le déluge de l'épopée d'Izdubar et celui de la Genèse. Pour déterminer la place de ces mythes dans l'ensemble des conceptions de la vie à venir, nous devons, en nous plaçant à notre point de vue eschatologique, examiner les récits d'un déluge et tes récits analogues. Cette étude est donc dirigée par un tout autre intérêt que celui qui a inspiré les travaux particuliers sur ce sujet par Schoebel 1 , Fr. Lenormant', R. Andrée*, Fr. Schwarz 1 , H. Usener 1 , etc. Je suis arrivé à parcourir l'immense domaine qu'il m'était nécessaire d'explorer grâce à la très grande bonté de mon professeur et ami, M. Marillier, qui m'a gracieusement permis de consulter ses notes abondantes relatives à la cosmogonie et aux récits de déluge 6 .