Ternaux-Compans, XII, p. 2 ss. M
premier des quatre âges du monde s'était terminé par un déluge, le second, appelé Tlalchitoyatiub, par un tremblement de terre et le troisième, par un grand vent, avant que n'eût commencé l'époque des hommes actuels. Les Esquimaux de l'Alaska * et d'autres peuples joignaient à l'inondation le tremblement de terre. On trouve souvent le feu comme cause de la désolation. L'Église des Jaïnis des Indes ■ n'a pas de traditions sur une grande calamité causée par l'eau, mais on y croit que la plupart des hommes ont été détruits par une pluie de feu. Quelques-uns survécurent et repeuplèrent la terre de leurs pères après qu'elle eût été renouvelée par une pluie de beurre, de lait et de suc de canne à sucre. A Hawaï, il y a d'abord un récit né sous l'influence de la Genèse, d'après lequel Nau (Noé), sur un vaisseau, se sauve de la submersion générale ; mais à côté de cette tradition d'origine chrétienne, il y a une autre légende où Ton voit le dieu Kane détruire le monde par le feu pour punir les hommes méchants, et créer ensuite un nouvel homme et une nouvelle femme, à l'aide de Ku et de La ne*. La patrie des légendes du feu sont naturellement les pays de volcans, d'incendies de prairies et de forêts. Les tribus indiennes de l'Amérique du Nord, entre autres les Algonquins \ savent que plusieurs fois Menaboshu détruisit le monde par l'eau et par le feu avant que la nouvelle terre ne reçût sa forme actuelle. Les Tsisushians croient que leur dieu Leqa a envoyé d'abord une inondation, puis un incendie K ; les Eovakivol pensent que Kanikila (« le voyageur ») a fait un grand feu pour détruire l'humanité et ensuite a permis à la mer de couvrir la terre . D'après Diego de Landa \ les habitants du Yucatan croyaient qu'une grande partie de l'huma* nité, pendant une nuit d'hiver, avait été brûlée par un grand feu qu'un orage subit avait allumé. Chez les Tacullies de la