‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 117 sur 242 · D'Orbigny, II · texte numérisé non relu

D'Orbigny, II

cation à grande échelle des expériences que les hommes euxmêmes avaient pu faire ; mais 3° qu'ils ne revêtent pas nécessairement un sens religieux. L'interprétation religieuse et morale ne leur est pas essentielle. Voyons de plus près!

Parfois ces mythes revotent ridée d'une vengeance ou d'un châtiment. — Souvent ces mythes ont reçu une plus haute signification, lorsqu'on les a interprétés comme un châtiment envoyé par Dieu. Alors c'est parfois, pour ainsi dire, une vengeance privée, correspondant à la conception morale peu élevée des peuples qui possèdent dételles légendes. Tel est le cas de la légende babylonienne : Sît-napistim à qui Ea avait communiqué le dessein des dieux, et qui, grâce à cet avertissement, avait été sauvé, s'appelait Hasisalra, « le très pieux ». Mais Bel, l'auteur du déluge, dans sa colère indomptable, fut irrité de ce qu'il eût survécu. Il fallut les supplications d'Ea et le parfum des sacrifices du pieux survivant pour que le dieu s'apaisât. A Rakaanga 1 , dans les lies Hervé, la submersion est appelée « la destruction de Taoian» (du « porteur de paix ») ; car un roi de ce nom à qui ses peuples ne payaient pas les tributs obligatoires, supplia un dieu du fond de la mer de leur envoyer un ouragan et une inondation. K. Semper raconte l'histoire suivante répandue chez les insulaires des lies Palau 1 : un Rupack (prince) avait volé une étoile au ciel. Pour se venger, cinq dieux, sous forme humaine, vinrent dans le pays où était rétoile. Excepté chez une seule femme, ils furent partout mal reçus et ordonnèrent à la mer de déborder, et cette seule femme fut sauvée, étant restée pendue à un arbre par les cheveux. Certains Brésiliens racontent qu'un puissant Muir (étranger) qui haïssait leurs ancêtres, les détruisit tous par un déluge, dont ne furent exceptés que deux d'entre eux 1 . Chez les Assiniboines du Canada, il est dit qu'un des chefs ayant tué un des animaux favoris du Grand Esprit qui avait donné la mort à son frère, fut cause d'une inondation générale. Mais le frère vivant entendit le dessein du Grand

Page 1