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Annales du Musée Guimet, XXII, p

2. D'après une philosophie postérieure et qui avait peut-être subi une influence hellénique, en faveur de l'indestructibilité de l'être, Aharman ne pouvait pas être anéanti. Il existera toujours, mais complètement impuissant et inactif (DfnÀaW, III, 114), d'après L. G. Casartelli, La philosophie religieuse du mazdéisme sous les Sassanides, p. 60 ss. De même dans le traité des « Merveilles du jour Xordât » que nous venons de citer. Dans notre civilisation chrétienne les mêmes considérations philosophiques d'origine hellénique ont amené des différences analogues. Ainsi par exemple V. Rydberg, Bibelns tara om Kristus, 5 e éd., p. 382, objecte à l'interprétation de Kahnis qui trouve l'anéantissement du Mauvais et des mauvais enseigné dans II Thess. 2, 8 et I Cor in th., 15, 24, qu'un esprit ne peut être anéanti.

LES ESCHATOLOGIES 269

qui fond tout le métal des montagnes pour en faire un fleuve sur la terre. Toute corruption y disparaîtra, la terre deviendra une plaine: la montagne sur laquelle s'appuie l'extrémité du pont Cinvat ne sert plus à rien et s'efface.

Le rêve le plus cher de la piété mazdéenne était celui de la vie éternelle dans un corps purifié, incorruptible, sur une terre nouvelle, délivrée de tout ce qui la souille encore 1 . Cet idéal ne correspond pas à la description vivante et réaliste que les prophètes ont donnée de la vie future : « Même ils bâtiront des maisons, et ils y habiteront, ils planteront des vignes et ils en mangeront le fruit... Ils ne travailleront plus en vain et ne mettront plus au monde des enfants pour qu'ils meurent de mort subite, car ils sont la postérité des bénis de l'Éternel, et leurs enfants le seront aussi » (Ésaïe, 65, 21 ss.). Encore moins est-il conforme à celle de l'Evangile : « Dans le monde à venir, ils ne se marient pas, et ne sont pas donnés en mariage » (Luc f 20, 35 s.). Pour les mazdéens, la femme sera rendue à son mari et les enfants aussi. Celui qui n'avait pas de femme ou celle qui n'avait pas de mari en reçoit un du Seigneur et de Spanta Armaiti, et au bout de cinquantesept années, ces époux, ont un enfant, et après il ne naît pas d'autres enfants. Les hommes, ayant l'apparence de gens de quarante et de cinquante ans, vivent immortels, sans besoin, libres de tout mal 1 . Le but « du progrès » est atteint, « Le monde est rendu progressant (fraéam) d'après son désir » [YastfiO, 89). Au monde de la perfection appartient le sacrifice où le Seigneur lui-même fonctionne avec l'Esprit de l'obéissance (Bundahis, 30), ou bien où le prophète et ses auxiliaires accomplissent le rituel des sacrifices sous sa plus ancienne forme, avec les huit prêtres requis. Le Dlnkart, IX, 33 •, nomme cinq d'entre eux et semble ainsi contenir une plus ancienne tradition que le Bundahis.

Mais déjà dans notre Avesta le ciel est représenté comme le lieu auquel aspirent les hommes pieux, pour le moment où

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