‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 157 sur 242 · Annales du Musée Guimet, l. c · texte numérisé non relu

Annales du Musée Guimet, l. c

3. Vispered, 3, 1; Vendiddd, 5, 58; 7, 17 s. Comparez Annales du Musée Guimet, XXI, lxxii.

fiaira le monde (Nyâyis, i, 5); et il en est peut-être de même dans le Bundahis, 30, 27. Le monde idéal du mazdéisme n'implique pas seulement la suppression de l'enfer, il n'y a plus de différence entre le ciel et la terre. « La terre va jusqu'à la sphère des étoiles, le Garôtmân s'étend de la place où il est jusqu'à la sphère des étoiles et tout devient Garôtmân » '. Les hommes peuvent exister dans le ciel avec leur corps (Bundahis, 30, 27). Et le Seigneur vient sur la terre où toutes ses créatures, qu'elles aient péché ou qu'elles aient été égarées, — sauf quelques exceptions peu nombreuses*, — deviennent bienheureuses. La félicité de tous les hommes, même des habitants de l'enfer, était déjà enseignée par r Avesta primitif (Dtnkart, VIII, 7 ss. ; IX, 37).

3. — La littérature apocalyptique pehlvie; caractère historique

des idées eschatologiques.

A r époque postérieure à la rédaction de F Avesta, datant probablement du règne de Sâhpûhr I er , 251-272 après J.-C, appartient sans doute en partie, comme nous l'avons déjà constaté, l'apparition de châtiments particuliers à la fin du monde, en conformité avec le moralisme et la doctrine de la pénitence. Celte innovation répond à ce que nous avons trouvé au 2 e chapitre concernant le sort de l'âme après la mort. Mais ce qui est incomparablement plus important dans l'eschatologie de la littérature pehlvie, ce n'est pas une œuvre de théologie systématique, mais un produit de l'histoire elle-même.

Pour la première fois dans la théologie mazdéenne, nous saisissons un souffle de l'histoire vivante. Sous d'autres rapports aussi, nous pouvons constater des changements malgré la stagnation de la théologie mazdéenne. Mais le développement de l'eschatologie après l'Avesla se rapporte avant tout à ce qui devait avoir lieu avant l arrivée du premier des trois sauveurs finaux, Hûsêtar, et lors de sa venue.

Chronologie apocalyptique. — 1° Le Bahman Yast, dont

i. Annales du Musée Guimet, XXII, 640, note «38. 2. Voir plus haut, p. 105.

LES ESCHATOLOGIES 271

nous avons en pehlvi une rédaction de troisième main, « attendait seulement une courte domination du mal à la fin du millénaire de Zarathustra qui appartenait encore à l'avenir »'. Aussi pour le Sûlkar Nask de l'Avesta primitif, l'horizon ne s'étendait pas plus loin que les premiers Sassanides(ZMwAtfr/, IX, 8), l'âge d'or est l'époque de l'entretien de Zarathustra avec le Seigneur, l'âge d'argent, celui de la conversion du roi Vtstâsp, l'âge d'acier, celui de la naissance d'Atûrpât Màraspend. Durant l'âge de fer s'étend la puissance des hérétiques et des infidèles; la religion est affaiblie, Atùrpât paraît et fait triompher l'orthodoxie sous Ôâhpûhr II, 309-379. Mais l'Avesta semble avoir déjà été terminé sous Sâhpùhr I° r , 241-272. Atûrpât n'a donc guère été nommé dans le Sûtkar Nask lui-même, mais seulement dans la paraphrase pehlvie, d'après laquelle le compilateur du Dlnkart a fait son travail. Le Sùtkar Nask désignait plutôt par âge d'acier, celui de la puissance des mages*, sous le premier Sassanide, Artasîr Pâpakân (211), 226-241, et de la réunion des livres de l'Avesta par son grand-prêtre Tansar. L'âge de fer correspondrait donc au triomphe du christianisme et du manichéisme 3 , au in e siècle. La chronologie du monde de Bundahis, 34, devait aussi originairement avoir le même horizon. L'apparition de la religion de Zarathustra qui commence le millénaire actuel est placée par le Bundahis, 34, 8, 2S8 ans avant la chute des Achéménides (536-331) *. La fin des mille ans appartient en core à un avenir éloigné.

2° Le premier traducteur pehlvi du Bahman Yast a sans doute vécu à la fin du vi e siècle ou au commencement du vn% après le règne de Xosrù Nosirvân (531-579). Il attend Hûsêtar dans

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