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J. Darmesteter, Annales du Musée Guimet, XXII, p

326 LA VIE PCTTRE d'aPNÈS LE MAZDÉISME

« Relournez-vous-en tous de celle montagne, sans votre prince; le chemin est long, aride et dur, sans herbes et sans feuilles d'arbre. Nul ne peul traverser ces sables sans posséder le prestige divin el la force. »

DastAn, Rustam el le vieux Godarz obéiront; mais Tus, Gîv, Furlburz, Bijanetle vaillant Guslahm ne voulurent pas l'abandonner. Sur le chemin ils s'arrêtèrent près d'une source et burent de son eau claire. Quand une partie de la sombre nuit eut disparu, le roi se prosterna devant Dieu, se baigna la tête dans l'eau de la source; il récita le Zend Avesta, et il dit : « Adieu pour toujours. Le soleil va lever sa lance et vous ne me verrez plus qu'en rêve. Ne restez pas demain dans ce désert de sable, quand même il y tomberait une pluie de musc. Un vent violent s'élèvera de la montagne, qui rompra les branches et les feuilles des arbres, la neige tombera de la nuée sombre et vous ne retrouverez plus la route de l'Iran. »

Le lendemain au lever du soleil, le roi avait disparu, « étant allé tout vivant devant Dieu... »

Ils se dispersèrent pour le chercher, ils coururent dans le sable et dans le désert, mais no trouvèrent pas de trace de Xosrù. Alors, fatigués, ils retournèrent près de la source et s'endormirent. Les nuages s'assemblèrent au ciel, les nuées avaient l'air do l'œil d'un lion. La neige tomba comme un voile sur la terre et les lances des héros disparurent sous la neige. Ils cherchèrent longtemps à se construire un abri sous la neige, mais, à la fin, la vie les abandonna. Les autres, accablés de douleur, quittèrent la montagne, parlant du roi, « qui avait été comme un cyprès dans un jardin ».

Dans son étude sur les « Points de contact entre lo Mabàbhârata et le Shâh-Nàmah » (du Journal asiatique), où la légende que nous venons de citer est traduite en partie, J. Darmesteter a montré que cette légende iranienne est l'origine d'un épisode du seizième livre de l'épopée indienne du Mah&bhàrata.Ilyest raconté que Yudhiçthira fut enlevé dans lo ciel par Indra lui-même dans le char divin. Indra dit des compagnons de Yudhisthira, qui sont tombés de fatigue sur le chemin : « Ils ont abandonné leur corps mortel et sont partis, ô prince. Toi, tu dois aller dans le ciol avec ton corps. »

Une autre version de la légende 1 représente Kai Xosrû comme se retirant à Kangdez, ainsi que d'autres héros. Mais le récit de Firdousi qui « fait couler les larmes sur les joues du lecteur 1 » est certainement l'original». Le sufisme s'en est servi à son tour pour illustrer son dogme panthéiste de l'absorption de l'individu dans la divinité.

Nous avons déjà vu, p. 249 s., comment Kara&âspa, de la race de Sftm 1 , repose en un profond assoupissement dans la plaine de Pêôyânsalet comment Pasôtanu, le fils de Vlstâspa, a été délivré de la maladie et de la mort par Zarathuàtra au moyen d 'une certaine boisson ( Yaéi, 24, 4) •. Ces légendes ont été mises en rapport avec le renouvellement du monde. Tel est le cas également pour les autres héros qui ne sortent pas du temps, h la manière des autres hommes, mais qui dans le Bundahis (90) et déjà dans le SùtkarNask, d'après le Dlnkart (IX, f G)', sont appelés les immortels 7 . Nous ne saurioas décider lesquels d'entre eux ont eu place dans les légendes avant que l'eschatologie se soit formée, comme il est arrivé pour Kai Xosrû. A notre point de yue, il suffit de constater qu'ils ne sont pas morts comme les autres hommes, mais qu'en raisQn de cer-

i. Grand Bundahiï; Annales du Musée Quimet, XXII, p. 4Q2.

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