‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 187 sur 242 · J. Rêville, La religion à Rome sous les Sévères, p · texte numérisé non relu

J. Rêville, La religion à Rome sous les Sévères, p

LA VIE ÉTERNELLE OBTENUE PAR i/UNION AVEC DIEU 335

gique. Peut-être le culte des mystères a-t-il eu quelque influence sur la compréhension de la Cène, qui fut bientôt regardée, en opposition avec le témoignage des évangiles, comme un « viatique » pour l'autre monde aussi bien que le Haoma, et comme un ?ippuxxov àôzvasCi; à comparer 'aux nombreux « pains de vie » ou « pains d'immortalité » des religions naturistes. L'apocalypse juive avait cependant aussison pain de vie qui se rattachait si étroitement à la légende de « l'arbre de la vie » du paradis qu'aussi bien que cet arbre, ce pain de vie a peut-être une parenté avec la croyance babylonienne. Hénoch voit sur la septième des montagnes dont il parle aux chapitres 24 et 25, près du trône, un arbre, dont l'ange Michel dit : «Il n'est permis à aucun mortel de toucher cet arbre d'un parfum délicieux jusqu'au grand jour du jugement, où //apportera la vengeance et amènera toutes choses à leur consommation pour toujours ; cet arbre, je dis, sera donné (alors) aux justes et aux humbles. Par son fruit, la vie sera donnée aux élus; il sera transplanté au nord, au saint lieu, au temple du Seigneur, l'éternel roi. Alors ils éprouveront de la joie et seront contents ; ils entreront dans la sainte demeure ; le parfum en sera dans leurs membres et ils vivront une longue vie sur la terre, comme tes pères; et dans leurs jours ni peine, ni chagrin, ni trouble, ni calamité ne les troublera » (25, 4-6, d'après la traduction de R. H. Charles).

Le Somadonne, d'après le Rigvéda,rimmortalité, amftatva, quelquefois amrta. Ce dernier mot est proprement un adjectif (voir Bergaigne, loc. cit., p. 194 ss.) s'appliquant : 4* aux éléments immortels, 2° aux dieux et 3* aux hommes qui sont chez les dieux. Comme substantif masculin, il désigne les dieux en tant qu'immortels en opposition aux « mortels *> qui sont les hommes : cette différence spécifique entre les dieux et les hommes caractérise bien les Indo-Germains. De là on peut conclure aussi que le bien, que « les mortels » sont intéressés à acquérir des « immortels », est justement l'immortalité. Comme substantif neutre, amf la signifie, d'une part, l'immortalité abstraite, d'autre part, le breuvage de l'immortalité, le Soma {Rigvéda, X, i86, 3). « L'ampta est l'essence immortelle du Soma, contenue dans les eaux du ciel, à laquelle le

breuvage du sacrifice est identique, tant par son origine que par ses effets. C'est cette essence immortelle qui, lorsque le corps mortel de l'homme se l'assimile, le transforme et le rend lui-même immortel. L'immortalité des dieux eux-mêmes n'a pas d'autres principes »(Rigvéda, IX, 106, 8; 108,3; voir loc. cit., p. 198).

Dans l'Iran aussi, « l'immortalité », amsralâl, a quelque rapport avec le breuvage de l'immortalité des Indo- Ariens. Le Haoma donne en effet amarslât, l'immortalité. Amaralât est dans l'Iran la reine des plantes. La plus noble des plantes est le Gaokardna,d'où est tiré le blanc Haoma. C'est pourquoi Amaralât et Gaokarana sont invoqués ensemble le septième jour du mois (Sîrôza, *, 7). De l'Amurdàt (forme pehlvie) est tiré, d'après le Grand Bundahis 1 , l'élixir de l'immortalité (anôs). Ces conceptions, qui font partie de la religion ethnique indo-aryenne ou bien qui y sont apparentées, paraissent dans l'Avesta. La signification matérielle d'Amaralât se montre à toutes les époques du mazdéisme. A côté d'Amaralàt, la reine des plantes, se trouve Haurvatât, la souveraine des eaux. Elles se rapportent aux parties correspondantes du sacrifice [Yasna, 3, 2)*; elles sont même désignées comme la nourriture des fidèles dans le paradis (Yaét, i, 25).

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