Jackson, Zoroaster, p. 25 et
morlcl ? » {Rigvéda, VIII, 48, 3). Si étrange que cela semble, il est question ici de la vie sur la terre. Dans la strophe suivante, 4, « les mêmes suppliants demandent à Soma la prolongation de la vie ». L'immortalité signifie seulement ne pas mourir, autant que possible. « C'est sans doute en ce sens qu'il faut interpréter le vers 18 de l'hymne VI, 78, sur les armes : « Je couvre tes membres d'une cuirasse ; que le roi Soma te revête d'immortalité. » Mais il est également indubitable que l'immortalité communiquée par le Soma s'étend, dans d'autres textes, à la seconde vie; ainsi en est-il dans l'hymne funéraire, X, 16, où le Soma, « qui a pénétré dans les brahmanes », est prié en même temps que le feu du bûcher de réparer le dommage, causé au corps du trépassé par différents animaux qui représentent peut-être les messagers de la mort. » Dans le Rigvéda, IX, 113, il est dit en particulier que le Soma procure l'immortalité dans le monde immortel et incorruptible de la lumière où demeure Yama avec les pères dans un bonheur parfait. Le fidèle et Indra, le dieu et l'homme, vont dans ce lieu, après qu'ils ont bu le Soma. « Le ciel où Soma fait arriver les morts est en eflet son propre séjour. »
La conception d'une boisson ou d'une nourriture qui donne la vie est très répandue '. Le Soma-Haoma, l'extrait des
1. Même des peuples, qui ne semblent pas connaître la boisson sacrée proprement dite, ont cependant des conceptions analogues. Ainsi les anciens Égyptiens croyaient qu'en suçant le lait d'une déesse un mortel peut acquérir l'immortalité, A. Wiedemann, Die Toten und ihre Belche im Glauben der alten Aegypter, p. 18 (dans Der alte Orient, II, 2).
On connaît l'usage si répandu parmi les non-civilisés de manger le cœur ou le cerveau d'un ennemi tué ou d'un animal pour posséder leur force et leur intelligence. En Egypte, où les croyances primitives les plus multiples et les plus diverses avaient toujours cours Tune à côté de l'autre et à côté de conceptions plus élevées, un texte funéraire dans une pyramide, en s'inspirant de celte idée grossière, nous représente le roi décédé mangeant les dieux pour accaparer leur force vitale et leur bonheur. « Le roi consume leur force et il mange leurs âmes. Les grands dieux lui servent de déjeûner, les dieux moyens lui servent de dîner, les petits dieux lui servent de souper ; les vieux dieux et les vieilles déesses sont ses combustibles ». Wiedemann, /. c.
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piailles dos Indo-Aryens, a son correspondant chez leurs parents européens» en particulier chez les Grecs etchei les Germains, dans le miel, qui pour beaucoup de peuples et jusque pour les Finnois et I06 Babyloniens 1 , est regardé comme un remède contre les maladies et un préservatif contre la ruine. Il servait de nourriture et, lorsqu'il était moins épais, de boisson, c'était alors l'hydromel, fait de miel. De là vient, comme W. H. Roscher Ta démontré dans son travail : Nektar tmd Ambrosia, p. 22, le double sens de nourriture des dieux et de breuvage des dieux qu'on a donné à ces boissons sacrées. Chez les Germains, le liquide élixir de vie était l'hydromel ; chez les Grecs l'ambroisie, en général, était la nourriture et le nectar était le breuvage des dieux. Hais on trouve aussi dans Alcman, dans Sappho, et dans d autres poètes une si* gnification inverse. L'ambroisie et le nectar rendent les dieux immorlels (p» 51 ss.). Le corps de Patrocle est préservé de la corruption parce que Tbétis verse dans son nez du nectar et de l'ambroisie. Nous avons déjà parlé du pain de vie des Chaldéens; il se retrouve peut-être dans les conceptions religieuses des Mandéens \ Nimrod reçoit de Sît-Napistim, dans l'île des bienheureux ; une plante qui rajeunit; mais il la perd à son retour '. Le culte de Mithra possédait aussi un pain sacré. « La consécration du pain et de l'eau, dans le culte de Miihra, avait été dénoncée par Justin Martyr et par Tertullien comme des imitations diaboliques des institutions chrétiennes » 4 . 11 n'y a pas lieu de trouver toujours un lien historique entre ces diverses habitudes, qui ont été si ardemment discutées de nos jours, lorsqu'on a cherché l'origine de la Sainte Cène. Elles ont leurs pareilles dans tous les lieux où a existé le naturisme ma-
i . W. H. Roscher, Nektar und Ambrosia, p. 50, 56 g. Le passage d'Ésaîe, 7, 15, cité par Roscher, p. 64, ne signifie pas que les Hébreux attribuassent au miel des eflels particuliers; il veut dire simplement qu'on ne doit manger que du lait et du miel à l'époque désignée.
2. Zimmern, loc. cit., i?i. Mais il n'y a pas de raison de faire remonter l'origine du Haoma et du Soma à cet usage.
3. A. Jeremias, Die babylonisch-assyrischen VorsUilungen vom Ubtn nach dem Tode, p* 94.