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J. Darmestcter, Hawvatat et Ameretat, p

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mier homme, l'homme originel Gaya Mare tan, que le Mauvais Esprit chercha en vain à tuer (Bundahis, 3, 23). Un corn* mentateur, Zât Sparam (Pahlavi Texts, I, p. 167 s.), traduit par West, écrit à ce sujet : « Tout ce qui possède la vie, Ta par la volonté d' Ah ura Mazda ;]tout ce qui n'a point la vie, en est privé par la volonté du Mauvais Esprit. » La mort vient de Arïra Mainyu f , « le malfaiteur » de préférence (« plein de mort », poiirumahrkô, Vendidâd y I, 2, etc.). Le démon du cadavre [druj Nasu, Vendiddd, 3, 14; 19,46) appartient à sa suite. Celui qui fait la volonté d'Anra Mainyu fait venir la destruction (Vendtdâd y 18, 8). Mais la mort fuit devant la Piété, Asa. La personnification de la piété, Asa Vahista, vainc « la plus mortelle des morts » (Yaét, 3, 7, 14)\ La ruine, « la destruction », n'existe pas pour celui qui vit comme il le doit (waèdjyôi, Yasna , 3M, 5). L'âme existe par les bonnes actions et leur doit son immortalité (Dtnkart, IX, 53, 42). Cette idée est exprimée, dans la langue des Gâlhas, par le fait que Ton compte Haurvatàt et Amaralât, « Santé et Immortalité », parmi ceux qui seront appelés plus tard « les bienfaisants Immortels », les drabans du Seigneur. Leurs adversaires Tauru et Zairi, Maladie et Destruction, appartiennent au Mauvais Esprit; ces deux démons ne sont pas encore connus dans les Gâthas. Ou y trouve cependant un dvandva, couple de mots, qui peuvent être regardés comme l'opposé de Haurvatàt et Amaratât : dusitdcâ marakaêcâ, « misère et mort » [Yasna, 31, 18).

Parmi les figures semi-concrètes, semi-abstraites qui dans les hymnes des Gâthas, entourent Ahura Mazda, je veux dire : Vohu Mano, le Bon Esprit, Asa Vahista, la meilleure Piété, Xsathra Vairya, la Royauté souveraine, Spanta Armait i , la bienfaisante Justesse, Haurvatàt et Amaretàt; ces deux dernières occupent une situation particulière : 1° Elles marchent ensemble le plus souvent ; il n'y a que deux strophes des Gâthas (32, 5; 48, 1) où Amaralât, Immortalité, paraisse

1. Ddtistân, 37, 81; Bahman Yatt, 1, 5; Oulamd-i-hldm, traduit par Blochet, R. H. H., XXXVII, p. 48.

2. Même la gloire céleste, xvannah, que le Seigneur accorde, tient éloignées la faim et la mort (Ya$t, 19, 69).

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seule. Dans une troisième (4o, 7), elle est accompagnée de utagûtà « force », à la place de Haurvatàt. Ilaurvalàt vient d'un *Sarva indo-iranien qui signifie « tout entier », intégrité. La signification fondamentale paraît dans la forme grecque : cXs?. Le mot latin correspondant à Haurvat, est salus. Haurvatàt, Santé, Intégrité, ne paraît pas seule, mais en compagnie d'Amaretàt. 2° La relation de ces divinités avec les parties correspondantes de l'être matériel paraît plus clairement que lorsqu'il s'agit des autres archanges qui sont invoqués en même temps qu'Ahura-Mazda. On voit bien que Vohu Mano, élevé dans les Gâthas jusqu'à devenir l'esprit d'Ahura-Mazda (46, 7), est le protecteur des troupeaux (31, 21 ) et on voit aussi peut-être qu'Armaili est liée avec la terre (28,3 et 43, 4). Mais on reconnaît bien plus clairement que Haurvatàt et Ameratât, dans la théologie des Gâthas, représentent les eaux et les plantes. Le rapport est aussi beaucoup plus naturel et beaucoup plus proche : la boisson et la nourriture, les eaux et les plantes, en un mol l'aliment qui apaise la faim et la soif, est pour tous les êtres la condition de la santé et de la vie. Ces deux divinités avaient ainsi une forme plus fixe et un lien avec la nature plus marqué que les autres, quand la théologie des Gâthas s'en empara.

Darmesteter , dans ses importantes recherches sur Uaurvalât et sur Amarotâl, a découvert leurs diverses significations dans l'histoire du mazdéisme. « Santé » et « Non-mourir » sont les divinités qui préservent l'homme de la maladie et de la mort (nôit axtié, nuit mahrkô, Vendtdâd, 2, 5). Leur action s'effectue par les aliments, l'eau et les plantes. Donc Haurvatàt et Ameratât devinrent les génies des eaux et des plantes. De là s'est développée leur signification abstraite de « surabondance», qui éclaire aussi la traduction qu'a faite Plutarque d'Ameratàt : tg>v ïr\ toTç xaXotç Yj3éu>v Sw.ovpyôq.

Mais il me semble qu'il serait difficile de vouloir préciser une de ces significations fondamentales chaque fois que Haurvatàt et Amoralât sont nommées dans les hymnes des Gâthas. En plus des interprétations différentes que l'exégèse peut susciter pour chaque cas spécial, deux arguments généraux se présentent. On se demande souvent si l'interprétation ne

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donne pas plus de précision et surtout plus de profondeur d'esprit l dans les Gâthas que les prêtres-chanteurs eux-mêmes n'en avaient mis. Ils s'efforcent plus dans leurs strophes (ex* 47, 1) et dans leurs suites de strophes (ex. 48,7-10)\ de grouper artificiellement les archanges autour du Seigneur et de donner une formule complète et grandiose des principes fondamentaux de leur théologie que de donner pour chaque cas une expression nuancée et exacte de la pensée. Les rapprochements étonnants dont la confusion est parfois désespérante, peut-être aussi le mauvais état des textes, rendent souvent impossible toute traduction exacte. Mais le malheur est moindre qu'on ne pourrait l'imaginer. Nous avons peu perdu de la pensée fondamentale, revenant toujours à l'union avec Àhura Mazda opérée par ces six divinités qui ont déjà été, au moins en partie, personnifiées 3 , qui même, partiellement, restent dans un rapport défini avec le monde corporel, et qui représentent les dons de Dieu aux fidèles et les devoirs des fidèles à son égard. La santé et le privilège de ne pas mourir y appartiennent également. La pensée est assez simple. Mais déjà Tordre des mots montre que la sagesse des prêtres s'efforce de s'exprimer avec art.

L'autre remarque que je veux faire est celle-ci : les poètes des Gâthas ont toujours regardé Haurvatàt et Amoralàt comme les génies des eaux et des plantes (81, 7) et comme désignant une prospérité matérielle. Déjà les conceptions du culte des fravasis [Yast, 13) révèlent un lien très étroit entre les eaux et les plantes et attestent la grande importance que ces éléments avaient chez les Iraniens. Les eaux et les plantes sont au centre du culte divin, le sacrifice de Haoma. Du moins une strophe des Gâthas, 44, 18, contient pour moi une allusion directe à ce fait que Haurvalât et Ameratât appartenaient au sacrifice (peut-être aussi dans le Yasna, 33, 8 ; cf. Yasna, 3, 2). Le chantre demande comment, d'après les exigences de la piété, il pourra mériter le prix (du sacrifice) : dix cavales pleines

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