‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 236 sur 242 · J. Gottschick, /. ç · texte numérisé non relu

J. Gottschick, /. ç

et plus élevé que celui qui trouve sa satisfaction dans la réalisation, par delà la tombe, de désirs plus ou moins égoïstes, pour la réalisation desquels le fidèle se soumet aux obligations de la religion. Son idéal est transporté au dessus du monde ; à toutes ces formes religieuses, autant qu'elles sont profondes et sérieuses, on peut appliquer ce que Luther dit des chrétiens (édit. E., 22, 133) : « S'ils savaient qu'il n'y a pas de ciel ni d'enfer, ni aucune récompense, ils devraient servir Dieu pour lui-même. » Dieu est pour eux le but, non le moyen. On n'a qu'à lire les magnifiques expressions de dévouement à Dieu et de félicité en Dieu qui se trouvent dans les écrits mystiques du moyen âge.

Mais dans ce groupe la vie éternelle selon l'Évangile se dis* tingue nettement de toutes les autres conceptions de la vie éternelle ; car celles-ci font consister la vie éternelle actuelle en l'absorption dans l'Eternel et ne connaissent rien qui puisse égaler celle-là, tandis que l'Évangile ne connaît rien de plus haut que la confiance en Dieu, en ce Dieu connu par Jésus- Christ, et veut que cette confiance s'exerce dans l'union d'amour avec le prochain pour s'épanouir pleinement dans l'autre vie, dans le monde de la pleine possession et de la perfection, sans perdre sa qualité d'union d'amour avec Dieu et avec l'homme par le Christ. La morale se trouve dès lors en relation plus directe avec la vie éternelle, cette vie étant conçue d'après le Dieu révélé par le Christ historique, quç lorsqu'elle est déduite d'une idée plus générale de l'Éternel et de l'Infini \

Au point de vue de la connaissance ,1a vie future avait un caractère physique et métaphysique dans les croyances et dans les conceptions traitées aux chapitres i et 3 ; elle avait un caractère moral dans celles qui ont été analysées aux chapitres 2 et 4, et un caractère religieux au sens le plus strict du mot dans celles dont nous avons fait l'exposé au chapitre B. Le nombre de ceux que les argumentations peuvent convaincre devient de plus en plus restreint. La doctrine de l'immortalité de l ? âme prétend persuader tous ceux qui sont capables de suivre une argumentation logique. La doctrine de la rétri-

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