E. Perrot, dans la Revue des deux Mondes, 1« nov
déjà considéré la métempsycose comme une nécessité inévitable. La transmigration, le samsara, est depuis les temps des anciens Upanisads une vérité fondamentale pour la pensée hindoue. Elle existait sans doute déjà auparavant dans le folklore et il n'a pas été nécessaire de l'importer, quoique les chantres sacerdotaux védiques dédaignassent de s'en servir. On a soutenu que, chez les Indous, l'idée de la pérégrination des âmes avait paru entre l'époque védique et l'époque buddhique 1 . Mais vraisemblablement, cette croyance appartenait aux couches profondes du sentiment populaire. Les Védas savent déjà que l'âme demeure dans les animaux et dans les plantes *.
Avant que Socrate et Platon eussent condamné les âmes souillées par une vie toute corporelle à revivre dans le corps des hommes ou des animaux, la théologie orphique et la théologie pythagoricienne ■ avaient fait servir les pérégrinations de l'âme à l'expiation des fautes \ Mais avant ces applications morales et religieuses, on trouve partout sur la terre l'idée de la pérégrination sans qu'elle ait aucun lien avec la morale ou avec la piété envers les dieux.
On prétend aussi que les Grecs auraient emprunté cette croyance aux Indous B . Et pourtant on la rencontre sous tous les climats. Une foule de ces théories d'emprunt doivent être réléguées au musée des antiquités scientifiques, quand on a examiné les idées des peuples sauvages. Les Celtes connaissaient les pérégrinations de Pâme, d'après César*. H. Gaidoz estime que c'était l'enseignement personnel de quelque druide qui avait pris cette idée aux colons grecs 7 . Les Egyptiens
1. Voir P. Wurms, selon Theologische Literaturzeitung, 1899, p. 97.