‹ La vie future d'après le MazdéismeChapitre 33 sur 242 · Ghantepiede la Saussaye, Lehrbuch, 2 e éd., II · texte numérisé non relu

Ghantepiede la Saussaye, Lehrbuch, 2 e éd., II

4. Maspero, d'après G. P. Tiele, Geschiedenis van den Godsdienst in de Oudheid, I, 34.

lion, dans le culte et dans la théologie. Parmi les nombreuses et remarquables conceptions de la vie des morts qu'ils nous ont laissées, et qui ont subsisté Tune à côté de l'autre malgré leur opposition intime, il y en au moins deux qui, déjà dans leur origine, ont trait à la vie de la tombe. Rien du mythe du soleil ou du ciel ne se trouve au fond de la conception du Cher-nu ter, « la sainte terre inférieure », ou « l'espace taillé dans le roc », comme le prouve la remarquable analyse de Brede Kristensen, /. c. y 46 s. Gela signifie tout simplement la tombe ou le pays des sépulcres. De même la sombre grotte de Sokarisesl à l'origine, comme Ta démontré Maspero, une conception indépendante, et elle ne désigne rien d'autre qu'une terre des tombes, /. c, 63, quoique ce pays deSokaris soit compris dans le Livre du Duaut comme une partie de Duaut, du ciel de la nuit, sur lequel le dieu du Soleil, Râ, fait son voyage. De l'autre côté, Duaut, le ciel de la nuit, et Amenti, la terre de l'occident où le soleil se couche, qui n'ont dans leur essence primitive aucun rapport avec la vie de la tombe, mais qui sont considérés au contraire comme des lieux où le mort a une vie active et puissante en communion avec le dieu du Soleil, se sont intimement rattachés aux conceptions de la vie dans la tombe, /. c. , 57, 60 ss. , car, dans les deux cas, il s'agissait bien de l'existence après la mort. Les termes qui expriment la vie de la tombe sont transportés à Amenti et à Duaut et nous cachent quelquefois leur physionomie propre. Il faut savoir du reste que les pyramides ne relevaient pas de la doctrine memphitique de la tombe, mais de la théologie solaire d'Héliopolis. Ce sont des symboles de la lumière qui ne doivent pas être regardés comme des tombes souterraines,/, c, 48.

En général la vie de la tombe a disparu dans la représentation plus élevée que les religions supérieures ont donnée de la mort. Mais le culte des morts a persévéré, s'appuyant , comme il le fait, sur un sentiment d'attachement naturel pour les restes de ceux qui vous ont été chers. Voyez les couronnes et les fleurs qui ornent les cimetières de Paris le jour des Morts. Catholiques et protestants qui croient également que la <( tombe est vide », « matérialistes qui se vantent d'être affranchis des vieux préjugés, tous ces ornateurs de la tombe,

LA CROYANCE EN LA CONTINUATION DE LA VIE «> l

ne peuvent se défendre de penser que les morts auxquels ils rendent ces hommages y sont sensibles en quelque façon ».

Ce « rêve ingénu de nos lointains ancêtres, en effet, est imprimé si fortement dans la substance et comme dans la moelle même de l'âme humaine, que des siècles d'expériences n'ont pu encore l'arracher de ses replis. L'antique croyance à la survie des morts n'a point péri... Comme ces sources qui jaillissent tout d'un coup sous la pioche, daus le sol défoncé, elle reparaît faible et vague consolatrice, dans les esprits qu'une grande douleur ébranle jusqu'en leur dernier fond, qu'elle place, tout frissonnants, en face de l'éternel et insoluble problème ' ».

Entendez-vous la plainte d'Agnès dans Brand d'Ibsen?

Agnès: Ce que durement tu appelles le cadavre,

Est encore pour moi l'enfant.

L'âme et le corps sont ensemble ;

Je n'ai pas comme toi la force

De séparer l'un de l'autre.

Tous deux forment un tout pour moi ;

Alf, qui dort sous la neige,

Est encore mon Alf par delà!

Ouvrirai-je les volets

De façon que la pleine lumière

Chasse l'effroi et la terreur

De sa chambre à coucher obscure !

b) La métempsycose.

A côté des sombres profondeurs de la terre, tout ce qui est sur la terre a servi de lieu à la vie des morts. Ils demeurent dans les choses, les plantes, les animaux, les hommes. La croyance à la transmigration des âmes, en tant que forme de la continuation de la vie, offre l'intérêt particulier que la transmigration a été regardée comme un châtiment par les plus hautes formes de la religion chez les Indo-Germains en dehors du christianisme, je veux dire le bouddhisme et le socratisme. Avant que Gautama Bouddha eût prêché la rédemption de la causalité impitoyable, les penseurs Indous avaient

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