Qanjeàdyagdn, p. 22 ss
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domine; « ce séjour csl terrible, sombre, puant, et effrayant de mal». Le degré suivant de punition s'appelle « la pire existence » où les pires tortionnaires et démons ont leur siège; il est rempli de mauvaises choses et de punitions, « sans aucun bien-être. Le troisième lieu de punition se nomme drûjaskân et est placé dans les profondeurs du monde des ténèbres d'où s'élance le prince des démons. C'est le siège de tous les maux et de toutes les obscurités 1 . »
3° Le sort commun conservé encore pour toutes les âmes entra la mort et le pont Cinvat est transformé en récompenses on en punitions. — Il n'y a pas seulement des lieux de rétribution au-delà du pont Cinvat. Partout dans l'Iran, où nous trouvons la rétribution, elle existe déjà au delà du pont Cinvat. Mais entre la mort et le pont, il y a un espace où l'idée de la continuation est encore visible, comme nous l'avons montré au premier chapitre. Si nous examinons l'évolution de la littérature mazdéenne, nous assistons à un curieux spectacle : la rétribution s'emparant peu à peu de cet intervalle neutre et faisant des angoisses de l'àme immédiatement après la mort, de nouveaux moments de châtiment ou de récompense. Les trois nuits qui suivent immédiatement la mort ont élé évidemment à l'origine et toujours dans la croyance populaire un temps d'épreuve pour l'âme; c'est pourquoi les survivants, dans le but de lui faciliter ce passage, se lamentaient
1. Oulamd-i Islam (ouvrage persan, transcription d'un texte pehlvi, datant du vn e siècle d'après Anquetil Duperron et E. Rlochet) traduit par 1. A. Vullers, Fragmente ueber die Religion des Zoroaster, 1831, p. 43 ss. ; par J. Wilson dans The Pdrst Religion, 1843, p. 550 ss.; et par E. Blochet dans la Revue de V Histoire des Religions, XXXVII, 1898, p. 40 ss., fait une séparation nette entre behist et garôtmân. Pour les âmes qui quittent la vie terrestre il n'est expressément parlé que de behist, garôlmàn et hamîstakàn (hemistan, Vullers ; traduit : « purgatoire » par M. Blochet), où il semble y avoir des châtiments. Mais l'enfer est nommé comme le lieu où est enfermé Ahriman; le corps de l'homme est formé du paradis et de l'enfer; à propos de la résurrection il est parlé des « âmes infernales » (« Bewohner der Hôlle », Vullers, p. 62) à côté « des âmes paradisiaques », traduction de M. Blochet, p. 47. L'idée d'un purgatoire semble se rapprocher de la conception mazdéenne de l'enfer plutôt que de celle de hamUiakdn.
el se livraient à des macérations \ 1° Le fragment du Hàlôxt- Nask nous donne de cela une autre explication, qui du reste n'a jamais été généralement reçue ; Pâme, pendant ces trois jours et nuits, était heureuse ou malheureuse, quelle qu'eût été sa conduite. Un théologien persan du moyen-âge développe Tidée précédente en disant que l'âme souffre ou se réjouit, la première nuit, pour ses mauvaises ou bonnes pensées, la seconde pour ses mauvaises ou bonnes paroles, la troisième, pour ses mauvaises ou bonnes actions (Dâlistdn, 20). 2° Dans un autre document pehlvi (Saddar, 87), la théorie proposée à ce sujet est en opposition avec la tradition, à moins que Ton ne suppose que le texte ait été corrompu. Le premier pas mènerait l'âme au pays des étoiles, le second au pays de la lune, le troisième au pays du soleil, et le quatrième au pont Cinvat ! 3° Enfin les trois nuits ont été présentées comme une époque de châtiment ajoutée aux autres. « Le châtiment des trois nuits», à en juger par une citation de l'Avesta dans Àrtâ-Vîrâf, O f , était peut-être connu de l'Avesta originel. D'abord ce châtiment a été placé au jugement dernier, sans doute aussi dans le fragment de l'Avesla que nous venons dénommer, et de là il a été transporté immédiatement après la mort. — Il faudrait d'après mon opinion interpréter ainsi deux passages où M. West présente « le châtiment des trois nuits » une fois comme une punition terrestre, et la seconde fois comme désignant la punition qui aura lieu au renouvellement du monde, a) Dans le Sâyast,8, 5 ss., deux alternatives se présentent pour celui qui a commis le péché mortel. S'il se borne à se repentir (vers. 7), l'âme ira en enfer et souffrira trois nuits de dures punitions dans le corps qu'elle aura au renouvellement du monde. Si le péché est expié par les sacrements de pénitence, l'âme ne va pas en enfer. Mais avant qu'elle n'entre dans le ciel, il lui faut souffrir le « châtiment des trois nuits ». Il n'y a qu'un cas où il soit épargné, c'est lorsque le prêtre, en punition des fautes qu'il a com-
4. Dînkart, IX, 17, 4, défend, au contraire, les lamentations et les macérations pendant trois jours.
2. Ttirqm xèapanqm (la punition) « des trois nuits », Annales du Musée Guimet, XXIV, 48.
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mises, ordonne que le pécheur ait la tête coupée. « Alors, il est immédiatement juste », et n'a besoin de rien craindre dans l'autre vie. b) C'est aussi l'enseignement du Mânùscîhar (Ddtistân-î-Dînîk, 41, 5 s.). Celui qui ne se repent pas du péché de n'avoir pas été constant dans sa foi mazdéenne, reste en enfer jusqu'au renouvellement du monde. S'il a fait pénitence d'une telle désobéissance, « il gagne le pardon et son âme est rachetée », mais non sans « qu'il ait d'abord subi dans son corps le châtiment des trois nuits ». Visiblement, les deux textes, comme aussi le Dâlistân, 14, 7, désignent le même châtiment qui ne peut se rapporter qu'aux fameuses nuits : satûth 1 .
La vierge que l'âme rencontre après les trois nuits semble, d'après le Vendîdâd, 19, avoir été la même pour les bons et les mauvais et semble avoir été accompagnée des chiens du monde souterrain. Mais la doctrine de la rétribution en a fait, dans le fragment de Hâtôxt-Nask, les deux révélations de la « vie spirituelle » de l'homme pendant sa vie. La pensée était belle et féconde et a été reprise par Mani* et par l'Islam*.
Sans doute les âmes avaient eu originairement un même conducteur; mais nous n'en savons rien. Pour les bons cette charge est remplie par Sraosa. Peut-être Nairyô-sanha a-t-il eu la même fonction 4 . Le Gujastak Abâlis*, écrit pehlvi du commencement du ix e siècle (chap. 7), achève la séparation : Quand un méchant meurt, son âme est portée dans l'enferpar la druj, démon du mensonge, qui l'a accompagnée pendant sa vie. Si c'est un homme pieux qui meurt, son âme est portée par les amsaspands, les « bienfaisants immortels » jusqu'au Seigneur.