Dante place aussi le purgatoire au dessus de la terre
donner l'espérance; ils attendent dans les souffrances le grand jour où leurs péchés seront expiés, où leur àme sera heureuse, le diable détruit et l'enfer ajouté « aux conquêtes de la terre » nouvelle.
Pour trouver quelque chose qui ressemble à l'enfer mazdéiste, il faut penser non à l'enfer éternel de l'orthodoxie chrétienne, mais à l'enfer d'un Clément d'Alexandrie ou d'un ri gène, ou au purgatoire catholique, que Lessing faisait dériver de la description du Tartare qui améliore, conçu par Socrate, selon Platon dans le Gorgias (chap. 78-82)'. De même le paradis décrit dans le Dînkart IV (édition Behramjee SanjanaPeshotan, p. 400) est un lieu où les âmes sont purifiées de façon à devenir dignes de la félicité lorsque le monde sera renouvelé. De sorte que tous ces lieux servent à préparer l'âme pour le perfectionnement du monde, fraêkart. Le hamlstakdn n'a pas été créé pour la purification du péché, mais pour que la rétribution corresponde aux distinctions du catéchisme moral.
2° Le ciel et l'enfer partagés en plusieurs degrés de béatitude et de peine. — Pour la même raison, le ciel et l'en fer sont partagés en plusieurs parties. « La meilleure existence » et « la maison des hymnes » qui sont dans TA vestales différents noms d'un même endroit, où habite le Seigneur, deviennent deux endroits séparés. Si les bonnes œuvres surpassent les mauvaises de trois sraosâcarana, on entre dans le premier de ces deux endroits : vahist ; si elles les surpassent d'un tandpûhar, répondant à deux cents sraosâcarana, on entre dans le second de ces lieux, le garôtmàn (Sâyast, 6, 3 s.). Dans le vahist les endroits désignés par le Hàtôxt-Nask sous le nom de humai a, hûxta, hvarsta et qualifiés ailleurs « l'espace des étoiles, celui de la lune et celui du soleil » (Vendtddd, 5f, 52; Bundahis, iS, 1) deviennent trois degrés de félicité différents, inférieurs au quatrième qui est le plus élevé, le garôtmàn d'Ahurmazd, le lieu de la lumière éternelle. Pour parvenir à ce bonheur suprême, il faut avoir pratiqué les vertus
1. J. Kradolfer, Die socratische HMle und die Lehre der Kirche wm den letzten Dingen dans : ProtesUmtische KirchenzeUung t 1891, 104 ss.
particulières au zoroastrisme, comme de chanter des hymnes des Gàthas (Z)d//s/dn, 20 ss.)et d'épouser des parents 1 . Dans le pays du soleil sont introduits ceux qui ont usé avec justice de la puissance royale, exercé équitablement le gouvernement des provinces ou n'importe quel commandement (Artâ-Virâf, 0). Des vertus de moins grande valeur font parvenir dans l'espace de la lune; enfin ceux qui entrent dans l'espace des étoiles, ce sont « ceux qui n'ont pas accompli les Yasts, les sacrifices, ou chanté les Gâthas, qui ne sont pas mariés avec leurs parents ou n'ont pas eu la puissance royale, ni le gouvernement d'une province ni un autre commandement, mais se sont montrés purs en accomplissant toutes les autres actions méritoires » {Artâ-Virâf \ 7). La graduation de l'Artâ-Vîràf n'est pas établie avec une conséquence parfaite 1 . Parallèlement, l'enfer a quatre parties, dusmata, duèûxta, duivarêta*, et la demeure du Méchant. Le lieu intermédiaire a été partagé en deux parties par le premier théologien de la littérature pehlvie : Mànùscihar, qui se montre conséquent avec le principe moraliste de la rétribution lorsque dans le Dâtistân 33 ss., il change le hamistakân, d'un lieu d'attente pour ceux qui sont entre le mal et le bien, en un endroit de bonheur moindre et en un autre de souffrance moindre aussi, à quoi il ajoute les deux degrés de récompense et de punition que nous venons de nommer. « Dans le hamistakân des hommes pieux », entrent ceux qui ne se sont conduits que correctement. S'il y a un surcroît de bonnes œuvres, ils gagnent le vahist. Si, ultérieurement, ils ont chanté les Gâthas, ils arrivent au garôtmân. « Le hamistakân des impies » est un chaos (gûmezako), un mélange où pourtant c'est le mal qui
1. xvétûkdaSyle mariage entre sœurs et frères et proches parents (xvaéttiadatha en langue avestique) est considéré comme particulièrement saint dans l'Avestaj mais n'est pas pratiqué aujourd'hui, West, Pahlavi Texts, II, p. 389 ss.
2. Voyez plus haut, page 107, sur les deux plus nombreux de la tradition postérieure, souvent au nombre de sept. Une apocalypse juive parle de sept salles au ciel : Hékâlàt. Klein, Bidrag till Israels ReligionshisLoria f p* 104 ss.