‹ La vieChapitre 10 sur 156 · Utérus contenant un œuf de · texte numérisé non relu

Utérus contenant un œuf de

jours 879

325. Œuf humain de 45 jours. . . 879 320. Structure de la mamelle . . . 886

Par suite d'iiuc erreur, les gravures 104 à IIG portcut deux fois les mêmes numéros; le nombre total des figiu'es est donc en réalité de 339 au lieu de 326.

FIN DE r,A TABLE DES CKAVL'KES.

BUT DE NOTRE LIVRE

La Physiologie a pour objet l'étude des fonctions des êtres organisés, fonctions dont l'ensemble constitue la vie.

Les philosophes ont cru pendant longtemps qu'il est possible de comprendre l'homme sans connaiti^e ses organes, et, n'ayant que l'hypothèse pour guide, ils ont imaginé ces nombreux systèmes que les siècles qui nous ont précédés ont vus naître et mourir.

La philosophie ancienne, composée de spéculations métaphysiques étrangères à l'étude réelle du monde , a fait place à la science moderne qui enseigne à l'homme que tous les pliénomènes de la nature sont soumis à d'invariables lois, et que c'est seulement par des investigations patientes, et non par de chimériques conceptions, qu'il peut parvenir à connaître l'univers et se comprendre lui-môme.

La physiologie est assurément une des sciences les plus intéressantes et les plus utiles, et cependant elle est peut-être la moins connue. Objet dejî vaines terreurs des uns, de l'ignorante indifférence des autres, elle ne faft pas encore partie de l'éducation de la jeunesse et n'a pour adeptes que ceux qui se.destinent à l'aride guérir, ou quelques rares philosophes qui, coiivaincus de sa puissance, viennent lui demander des armes.

Le jeune homme sort du collège, persuadé qu'il y a tout appris; et ce qui de l'existence est utile à connaître, il croit le savoir.

On l'a nourri dix ans des héros de la Grèce et de Rome; dix ans il a vécu dans la contemplation du passé et dans l'étude de l'histoire telle que les livres l'écrivent. L'heure d'utiliser ses connaissances a sonné. Il va être magistrat, professeur, avocat, écrivain. Il voudra instruire les masses, guider les foules, et de la nature de l'homme, de ses instincts, de ses passions, il ne sait rien.

Personne ne lui a dit que pour juger les hommes, saisir les causes de leurs actions , comprendre l'histoire , il est indispensable d'avoir fait une étude profonde de l'organisation humaine. On lui a laissé croire que la nature morale des êtres est absolument indépendante de leur nature physique, et là où le physiologiste montre l'inévitable résultat d'inflexibles lois, il n'aperçoit que la Providence ou le hasard.

BUT DE NOTRE LIVRE

Celui qui n'a pas étudié la nature physique de l'homme ne saura jamais rien de sa nature morale, et de l'absence de ces connaissances essentielles souffrira toujours. C'est avec une sagesse profonde que la philosophie antique résumait ce que l'homme doit apprendre dans cette maxime gravée en lettres d'or sur la porte de ses temples : Connais-toi toi-même.

L'utilité des connaissances relatives à l'organisation humaine ne saurait être méconnue ; sur elles repose l'édifice de la médecine tout entier ; sur elles s'appuie également l'hygiène, qu'on pourrait appeler la plus nécessaire des sciences, car elle nous indique les moyens de conserver la santé et de nous préserver des maladies que trop souvent la médecine est impuissante à guérir.

La guerre funeste qui a ravagé la France pendant les désastreuses années de 1870-4871 et la terrible crise sociale qui l'a suivie ont prouvé aux esprits les plus aveugles les dangers de l'ignorance et la nécessité d'une instruction plus générale et plus complète. Ce n'est pas avec les déclamations vaines des orateurs sur la liberté, la fraternité, la justice, les droits des citoyens, qu'on apprendra aux foules que l'homme ne peut compter que sur sa persévérance , son instruction et son travail pour vivre et maintenir son rang , et qu'on lui donnera les moyens nécessaires pour y parvenir. Les guerres, qui se succèdent sans relâche depuis le jour où les premiers hommes connurent leurs premiers frères , les éternels triomphes de la force et les innombrables leçons du passé portent un enseignement au sujet duquel toute illusion serait dangereuse. Aux banales théories des rhéteurs , la science moderne a substitué des lois précises que nul ne doit ignorer. Corroborant les terribles leçons de l'histoire , elle nous montre à tous les degrés de l'échelle vivante, dans le perpétuel combat pour l'existence, les faibles toujours détruits au profit des forts , et dans cette destruction fatale la condition nîeme du perfectionnement et du progrès. Une race animale inférieure à une race voisine, un peuple inférieur à un autre sont inévitablement destinés à périr. Plus heureux que l'animal qui est impuissant à modifier le^ conditions de son existence , l'homme peut s'améliorer sans cesse , mais sous peine d'être obligé de céder bientôt la place à d'autres plus parfaits , il est condamné à s'améliorer toujours. Avec l'état actuel des sciences, les plus savants sont les plus forts , et dans les sociétés modernes le plus dan gereux des vices est l'ignorance.

Les esprits les plus autoi'isés le reconnaissent aujourd'hui. Il n'est pire instruction universitaire que la nôtre. Elle est non-seulement inutile, mais de plus nuisible. Dix ans consacrés à l'étude des langues, des institutions et des mœurs du passé ne laissent dans l'esprit qu'une admiration puérile pour les conquérants qui ont ravagé le monde, et une disposition aussi naturelle que dangereuse à appliquer à l'époque actuelle les institutions et les usages des temps éloignés.

Sans doute il est nécessaire d'étudier l'histoire , car les leçons du passé

BUT DE l^OTEE LIVRE. ^

peuvent seules éclairer le présent, mais sous cette condition essentielle qu'on ne la transformera pas en une ennuyeuse liste de dates et de batailles propre seulement à exercer la mémoire et où l'historien impuissant à remonter aux causes ne sait qu'applaudir aux révolutions quand il les voit victorieuses et les flétrir quand elles sont vaincues. Il peut être agréable^ quelquefois même utile, de lire, dans les langues où ils furent écrits, les exploits des guerriers de Virgile et d'Homère, mais combien est-il plus utile encore de connaître assez les langues modernes pour ne pas vivre à l'égard des autres peuples comme si un mur aussi élevé que la grande muraille de la Cliine nous séparait d'eux, d'apprendre non théoriquement, mais d'une façon pratique , comme cela se fait ailleurs , ces sciences modernes qui ont transformé et transforment chaque jour les conditions d'existence de la majorité des hommes ; enfin de s'étudier soi-même, car cette connaissance qui exige le concours de la plupart des autres est entre toutes la plus nécessaire.

Il y a donc bien des choses à modifier dans l'instruction telle qu'elle se donne aujourd'hui. Les institutions et les mœurs ont changé , les sciences ont marché à pas de géant, seul le fond de l'enseignement universitaire n'a pas varié; tel il était il y a un siècle, tel nous le retrouvons aujourd'hui. L'heure est cependant venue d'apprendi^e à l'homme à vivre dans le présent et non dans le passé, afin qu'après ces longues années d'études auxquelles a été consacrée sa jeunesse , aux prises avec les réalités des choses, il n'en soit plus réduit à recommencer une éducation nouvelle qui effacera péniblement une à une les illusions acquises dans la première.

La littérature scientifique ne manque pas d'excellents traités de physiologie. En écrivant ce livre, qui résume le travail de plusieurs années, je n'ai nullement eu l'intention de refaire ce qui a déjà été fait, mais je me suis placé à un autre point de vue que mes prédécesseurs. Tout en essayant de présenter le tableau des connaissances physiologiques modernes et de montrer le lien philosophique qui les rattache, j'ai eu principalement pour but d'en faire connaître les applications à l'hygiène et à la médecine, c'est-à-dire de donner l'explication des phénomènes que présentent les maladies et d'indiquer les conditions de milieu dans lesquelles les organes doivent être placés pour fonctionner régulièrement. L'application de la physiologie à la conception des phénomènes morbides a, depuis quelques années, fait entrer la médecine dans une voie tout à fait nouvelle. L'utilité d'un traité conçu dans cet esprit et écrit avec concision et clarté ne saurait être méconnue.

Les observations faites pendant les dernières guerres ont prouvé une fois de plus combien sont fréquentes les applications de la physiologie à l'hygiène et à la médecine. Des faits n-ambreux ont mis en évidence l'influence, sur le succès de la thérapeutique, de la constitution et des habitudes des malades , celle du régime alimentaire auquel ils sont soumis et surtout du

BUT DE NOTRE LIVRE

milieu où ils vivent. Ce sont des éléments dont quelques-uns — tels par exemple que l'influence des habitudes alcooliques sur le sort des blessés — étaient à peine mentionnés dans les livres classiques et complètement négligés dans les statistiques médicales et chirurgicales. Chargé de la direction de divers services importants , nous avons pu , tant dans les hôpitaux que sur les champs de bataille , nous livrer à des observations que nous avons souvent utilisées p^ur la rédaction de difl'érentes parties de cet ouvrage et qui nous ont confirmé, une fois de plus encore, dans cette doctrine : que l'application des lois de la physiologie et de l'hygiène peut , bien plus que celle des préceptes de la médecine et de la chirurgie elles-mêmes , exercer une influence considérable sur la santé des hommes.

Outre les applications de la physiologie à la médecine, cet ouvrage contient encore l'histoire des principales découvertes physiologiques, habituellement omise dans les livres du même genre. Il renferme, de plus, des résumés d'anatomie précédant l'étude des fonctions de chaque organe. Cette dernière méthode était suivie par les anciens auteurs : on tend avec raison à y revenir aujourd'hui. L'anatomie et la physiologie sont inséparables sur beaucoup de points, et il est souvent impossible de bien comprendre la seconde de ces sciences sans avoir présents à l'esprit les enseignements de la première.

Les belles gravures qui accompagnent ce traité ont été prodiguées avec un luxe fort rare dans les publications analogues. Un grand nombre ont été dessinées sous la direction d'un des plus savants anatomistes des Universités allemandes , M. le Professeur Luschka. Plusieurs nous ont été cédées par M. le docteur Fort, dont l'habileté anatomique est bien connue.

Il est facile de voir, en parcourant ce livre , qu'il n'est pas un simple travail d'érudition, mais bien une œuvre originale sur plusieurs points. Lorsque l'auteur a eu à exposer ses idées , il ne l'a fait qu'après les avoir con- Ixôlées autant que possible à son laboratoire. La bienveillance avec laquelle ses précédentes publications ont été accueillies en France et à l'étranger lui faisait un devoir de ne reculer devant aucune recherche pour rendre cet ouvrage intéressant et utile. S'il n'a pas su réussir, la faute n'en est certainement pas au sujet, car rien n'est plus vrai, quelque sens qu'on y attache, que ces paroles mises par un poète dans la bouche de l'un de ses personnages : « Il y a bien des choses merveilleuses en ce monde , mais nulle n'est plus merveilleuse que l'homme. »

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