‹ La vieChapitre 115 sur 156 · L'ODORAT, LE GOUT ET LE TOUCHER · texte numérisé non relu

L'ODORAT, LE GOUT ET LE TOUCHER

(lu -OUI \;uic' suivant les sul)staii(vs. On appivcic le j-oùl acide (runosohilion d'aci.!.' MiirniM(|ue a ()',()! pour niiilc; une solution l\c sucée ne |)i<Mluil la sensation du -oui (ju a i'2 i,'rainnies par litre deau.

On |)eul leinanpier. avec divers auteurs, (ju'il yaurait eu peutêtre beaucoup d'inconvénients à ce que le goût eût son siège sur les parois de la bouche. Xous aurions éj)rouvé, en elFet, une tendance instinctive à ramener toujours dans la bouche ce que nous venions <lf mâcher |)our mieuv en apprécier la saveur; tandis que, la partie la plus impressionnable de ce sens étant à la base de la langue et dans l'arrièrc-bouche. nous sommes naturellement portés a avaler pour nous procurer les sensations qui se produisent dans ces régions.

Pour que la perception des saveurs soit complète, il faut (jue les corps sapides restent quelque temps dans la bouche ; personne n'ignore que, pour bien déguster une liqueur, il faut lavaler fort lentement.

Le rôle des papilles linguales, dans lesquelles se terminent les nerfs de la langue, n'est pas parfaitement connu. L'épais gazon qu'elles forment sur la langue doit sans doute avoir pour but d'augmenter la surface de la nuiqueuse linguale et d'y retenir quelque temps les corps sapides qui y sont déposés.

La langue est douée, comme on le sait, d'une sensibilité tactile considérable. Cette sensibilité est généralement dans un rapport assez exact avec la sensibilité gustative; mais leurs effets sont parfaitement indépendants. On a observé des lésions de la sensibilité tactile de la langue avec conservation de la sensibilité gustative. Aussi est-il probable qu'il y a dans les nerfs glosso-pharyngien et lingual des lilets spéciaux pour la saveur et d'autres pour les impressions tactiles.

C'est en se basant sur ces faits et sur ceux que nous avons rapportés relativement aux saveurs, qui ne sont, en réalité, que des odeurs, que Chevreul avait divisé les corps, en ce qui concerne leur action sur la langue, en h classes: 1° ceux qui n'agissent que sur le tact de la langue, comme le cristal de roche; 2" ceux qui agissent sur le tact de la langue et sur l'odorat, tels que certains

métaux odorants, le cuivre par exemple ; 3" ceux qui agissent sur le tact de la langue et le goût, comme le sel marin et le sucre; 4° ceux qui affectent à la fois le tact de la langue, le goût et l'odorat, comme certaines essences.

C'est le goût qui nous sert de guide dans la dose d'aliments que nous devons absorber. Quand l'estomac est suffisamment plein, la satiété arrive, qui fait que nous ne trouvons plus une saveur agréable aux aliments qui nous charmaient d'abord, et nous détermine instinctivement à nous arrêter.

Le goût est un sens très-perfectible par l'exercice. Les dégustateurs de profession arrivent à reconnaître dans la saveur des vins des différences inappréciables pour des personnes non exercées. Il s'affaiblit par l'impression trop répétée des corps très-sapides. C'est ce qui arrive aux individus qui font habituellement usage de liqueurs et d'aliments fortement épicés.

Peu développé chez l'enlant et chez le jeune homme, qui n'attachent qu'une médiocre importance aux satisfactions qu'il procure, le goût se perfectionne avec l'âge, en raison de l'attention qu'on lui accorde et qui s'augmente constamment. Dernière jouissance de l'homme arrivé au déclin de ses jours, il survit à la perte de tous les sentiments et de tous les plaisirs.

Page 1