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L'<3D0RAT, LE GOUT ET LE TOUCIIEK

Quand, par mu' liuisc nurlccHKiiK', riMiil)<)H(lnirc îles glandi'S sJlnicecs s'ohlitî-rc, la SL'cn'tioii i\c la inatiire si'liacuo, lu; pouvant vU\; ('liniim-u, 8'accuiimlc continuellement dans la glande et funnc de jietitea tumeurs qui atteignent (juclqiiefois un volume cunsidL'ral)lf, ainsi qu'on l'observe, par exemple, dans les tnincurs de la i)cau du crâne désignées vulgairement sous le nom de loiijics.

Organes constitués par une modification de l'épiderme. Poils, ongles, etc.

Les j)oils et les ou;/lea sont de simples modifications de repidcrme, dont ils ont tout

h fait la structure.

Les 2>oils sont loges dans une dépression de la peau ntymnwc follicule j/deux , ayant la tonne d'un doigt de gant. Cette dépression comprend deux tuniques: l'une dépendante du derme, l'autre de repidcrme. Elle constitue une cavité cylindrique qui •s'ouvre à la surface libre de la peau perpendiculairement au derme. Les glandes sébacées s'ouvrent dans ces cavités. Au fond des follicules se trouve une saillie, ^w/;(7/e pileuse, sur laquelle est implanté le poil.

Fig. 25.5. — Coupe verlicale du pouce.*

Les poils présentent une structure identique dans toutes les parties du corjjs et chez les divers animaux ; mais leur développement est, comme on le sait, fort variable. Ils forment aux uns une épaisse toison, et n'existent chez les autres qu'à l'état de duvet.

fea partie des poils située dans les follicules a recule nom de racine; leiu* partie inférieure a reçu le nom de bulbe dupoil. Le bulbe repose sur la papille des follicules, ;i laquelle il adhère; la partie libre du poil a reçu le nom de tige.

Au point de vue de leur structure, les poils se composent de trois parties: La première, centrale, connue sous le nom de substance médidlaire, est formée par une traînée

* I ) Première plialange. — 2) Deuxième phalange. — 3) Articiilatioii îles deux plialaijges. — 4) Pii de la peau 'Il rapport avec l'articulation. — o) 'l'issu cellulaire sous-oulané. — G) Ongle. — 7) rcndoii du long fléchisseur. — S) Tendon du long extenseur du pouce.

de cellules rectangulaires à noyaux et de granulations pigmentaires analogues aux cellules de la couche muqueuse de l'e'piderme.

La couche moyenne du poil, moins colore'e que la pre'cédente, est nommée substance corticale ; elle représente un cylindre contenant dans sa cavité' la substance médullaire. Elle est fomiee de cellules comme la couche médullaire; mais ces cellules, aplaties et allongées, sont analogues aux cellules profondes de la couche superficielle de l'épiderme. C'est la juxtaposition des écailles /i(s?ybr?nes dont cette couche est formée qui donne aux cheveux leur asjject fibreux.

La ti-oisième couche ou épiderme des poils est une pellicule mince, incolore, formée de cellules écailleuses, imbriquées. Ces cellules sont souvent un jieu rejetées en dehors sur le bord du poil, ce qui donne à ce dernier un aspect dentelé. C'est cette disposition des écailles qui avait fait croire que les poils sont composés de cônes emboîtés les uns dans les autres comme des cornets.

Les trois couches qui constituent le poil proviennent de la couche du follicule pileux correspondant à la couche muqueuse de l'épiderme.

L,es plumes des oiseaux ont une structure analogue; la partie transparente, celle qui sert à écrii-e, est formée par la couche cornée de l'épiderme des follicules.

Fig. 2.Ï6. — Coupe transversale de la Iroisicine phalange du petit doiql.* ^Grossie 7 fois.)

Les onrjles ont, comme nous le disions plus haut,une structure t^ès-analogue à celle de l'épiderme. Ce sont des lames coraées enchâssées dans le derme qui revêt la face dorsale de la dernière phalange des doigts et des orteils. Ils sont formés de cellules analogues à celles de l'épiderme et comprennent, connne lui, une couche muqueuse et une couche cornée.

Chez l'homme, c'est la main qui est l'ori^ane principal du toucher. Elle est munie d'articulations qui lui permettent une mobilité extrême, et de nerfs nombreux qui lui donnent une grande sensibilité. Les rameaux nerveux destinés à la face palmaire des doigts

* 1) Os do la phalange. - 2, 3) Lit de l'ongle. Les orinces blancs représentent les sections ''"^'''r/eouciTo 4,4, 5, b) Matrice de ronglc. - 6) Ongle. - 7, 8) Couche profonde de l'ongle correspondant à la couche muqueuse de l'épiderme.

J/OUUUAT, I.E tiULT ET LE TOLCHKIÎ.

sont munis do cor[)Us»'ul('S en Ibrnie do gun.i^'lions. dits corpii.scu/cs (le /hiccini, dont los usai,'os nous sont oncoro inconnus.

(Test surtout à la lacullô (ju'il possode dv jjouvoir opposer son pouce aux. autres doii;ts de façon ii tbnuer avec eux. une soite de ])ince mobile on tous sens, (pio lliomme doit la i^^iando perlection de son organe du IoucIkm'.

Chez certains singes, tels ([ue les sapajous, rexti'cmite de la (jueue sert aussi d'organe du toucher; chez le rat elle pho(iue, les poils peuvent être considérés comme des organes du mrme sens;

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Fig. 2.)". — yerfs des doifjls:

chez l'éléphant, le cochon, la taupe, c'est la trompe ou lextrémité du nez qui remplit cet olïice. Chez la chauve-souris, ce sont .les membranes des ailes.

Fonctions de l'organe du toucher. On donne le nom de toucher à la sensation que produit sur la surface du corps le contact de la matière.

De la nature intime de l'agent qui produit cette sensation nous ne pouvons rien dire, pas plus que nous n'avons rien pu dire de la nature de l'agent qui produit les saveurs et les odeurs.

Nous ignorons également la nature des modifications qu'il fait éprouver à ce sens. Nous savons seulement que le toucher ne peut avoir lieu sans pression, c'est-à-dire sans une déformation plus ou moins grande des tissus, et, par conséquent, sans ébranlement des libres nerveuses qu'ils contiennent. C'est sans doute cet ébranlement qui, perçu par le cerveau, constitue pour nous l'impression du toucher.

Le loucher est un sens mixte ou peut-être même une réunion

* I à b) Rameaux nerveux se distribuant aux doigts.

de plusieurs sens. Il nous fait, en effet, connaître des qualités fort diverses des corps, telles que leur température, leur poids, leur étendue, leur consistance ; mais la plupart des notions qu'il fournit ne deviennent parfaites qu'avec le concours de la vue.

Le tact a pour siège, ainsi que nous l'avons dit, tous les points de la peau et des muqueuses, mais surtout les parties aptes, comme la main, à s'appliquer sur les corps que l'on veut examiner. Les muscles dépouillés de la peau qui les recouvre ne ressentent point l'impression du loucher, à moins qu'on ne les comprime énergiquement, ainsi que l'a vu Weber dans des expériences faites sur un individu dont le bras avait été dénudé par un phlegmon et présentait les muscles à nu.

La sensibilité tactile et la sensibilité générale sont loin d'être développées dans une même partie en raison l'une de l'autre. La main, qui possède la sensibilité tactile à un haut degré, est moins sensible aux chocs violents que beaucoup d'autres parties du corps, telles que la figure.

Les sensations diverses produites par le contact des corps, telles que les sensations de résistance, de contact, de température, etc., résulteraient, d'après plusieurs observateurs, qui n'ont fait que développer, du reste, une opinion remontant à Aristote, du mélange de sensations diverses. C'est ainsi qu'on a divisé la sensation du toucher: en sensation d'activité musculaire; en sensation de contact; en sensation de température; en sensation de douleur. Sensations pour lesquelles il existerait des nerfs distincts.

On peut objecter à cette manière devoir, que ne confirment pas, du reste, les recherches anatomiques, qu'il existe plusieurs sens, comme l'œil, par exemple, qui nous donnent aussi plusieurs sensations, telles que celles de forme, de couleur, de relief, sans que nous puissions attribuer ces sensations diverses à des sens distincts.

La sensation de contact produite par le toucher des corps est loin de pouvoir être discernée avec la même netteté dans toutes les parties du corps. Weber a prouvé que les deux pointes d'un compas placées simultanément sur les divers points de la peau doivent présenter des écarteraents très-variables pour produire deux sensations distinctes. Les ptlrties qui exigent la moindre distance entre les

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La sensation de résistance occasionnée par une pression de la peau s'apprécie aussi par le toucher, mais aidé de l'intelligence, qui intervient pour évaluer le degré d'ellbrt musculaire employé pour soulever ou soutenir le poids. Les parties qui distinguent le mieux les sensations ayant leur siège a des distances minimes sont aussi celles qui distinguent le mieux les légères différences de pression. Le plus petit poids que la peau humaine soit capable de percevoir est de 2 milligrammes ; c'est sur le dos de la main que ce faible poids est perçu.

La sensation de température se manifeste sur des surfaces peu douées de sensibilité tactile, comme les dents, l'estomac, le gros intestin, ce qui la fait considérer par plusieurs physiologistes comme un phénomène de sensibilité générale.

L'impression de température due au contact d'un corps n'est évidemment perceptible que s'il y a une différence de température entre l'organe tactile et le corps touché. L'expérience tlémontre que l'impression est proportionnelle à l'étendue des surfaces en contact. Avec l'extrémité des doigts on percevra difficilement une différence de température de 1/3 de degré, tandis que cette différence devient perceptible si la main entière subit l'impression.

Les diverses régions de la peau ne perçoivent pas avec une netteté égale les différences de température ; la peau des doigts es( moins sensible que la peau des joues et des i)aupières ; celle des oreilles est à cet éeard fort sensible.

Les physiologistes et les philosophes ont fait du toucher le plus important des sens. Buffon prétend que c'est par le toucher seul que nous pouvons acquérir des connaissances complètes et réelles, et que, sans lui, les autres sens ne produiraient que des erreurs dans notre esprit. Helvétius va plus loin encore en disant que si la nature, au lieu de mains et de doigts flexibles, eût terminé nos poignets par un pied de cheval, les hommes seraient encore errants dans les forêts comme des troupeaux fygitifs.

Dès Aristote, cette erreur sur l'importance du toucher avait cours dans la science, et il y a déjà bien des siècles que Galien l'a réfutée en disant que ce n'est pas la main, mais la raison, qui a enseigné les arts. Si l'homme était né sans mains, il les aurait remplacées sans doute par un artifice quelconque, comme le font les malheureux qu'un accident prive de ces précieux organes.

Le toucher est un sens qui nous fait connaître bien des qualités des corps et nous enseigne surtout à rectifier les erreurs que les autres sens produiraient dans notre esprit ; mais il n'existe aucune raison de le placer au premier rang et il me semble indubitable que sa privation aurait eu beaucoup moins d'influence que celle de la faculté visuelle sur l'évolution de l'homme.

Nous terminerons ici ce que nous avions à dire de la physiologie des appareils qui mettent l'organisme en relation avec le monde extérieur, c'est-à-dire des sens. En examinant la structure de tous ces organes d'aspects si divers, il est facile de reconnaître que sous cette diversité apparente se cachent des analogies profondes et qu'en réalité ils sont tous construits sur un même plan. En dernière analyse, ils représentent une membrane nommée rétine dans l'œil, labyrinthe membraneux dans l'oreille, membrane pituitaire dans les fosses nasales, nuK/ueuse linfjuale sur la langue, peau sur la surface du corps, recevant des ramifications de nerfs en rapport avec les centres nerveux auxquels ils transmettent les modifications que les excitants leur impriment.

Cette analogie que nous constatons entre les divers organes des sens s'étend aux agents qui les impressionnent, et entre ceux de ces agents, tels que la lumière, le son et la chaleur, dont l'étude

L'ODORAT, LE (iOUT ET LE TOUCHER.

«Si .l("j;i iiNiUKvc. li. sriciKv moil.TiK" ;. r.ii moMlKT les j)lus L'troilcs .vsscM.ii.lanccs. Ils sont tous .létfnnin.s p;ir les vibrations de la iiialiere, el dans (oiites rv> forces inyslerieuses. dont nous .sommes SI loin encore d'avoir pu pénétrer l'essence, nous devinons d.s à présent de simples mamlestations du mouvement.

Sous l'apparente complexité des choses se red-ouve toujours celte unile cpn sendjie la loi de tous les pJK'nomènes : unit.' .|<.n l'infinie variété dérive et dont nous ne savcns ce (ju'il faut le jilus admirer, de sa simplicité ou de sa grandeur.

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