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STRUCTURE DES ORGANES ET APERÇU DE LEURS FONCTIONS

Matériaux qui composent les êtres vivants. — Origine de la vie. — Transformation d'une cellule en animal parfait. — Métamorphoses des espèces. — Principes élémentaires et immédiats du corps. — Structure intime des divers tissus. — Activité continuelle des éléments des organes. — Réparation des pertes qu'ils éprouvent. — Appareils digestif, circulatoire et respiratoire. — Transformations subies par les corps après la mort. — Passage de la matière organisée à l'état minéral. — Retour des substances minérales sous les lois de la vie.

Les êtres organisés qui peuplent l'univers sont formés de matériaux identiques empruntés au milieu où ils vivent.

Les éléments qui constituent tous les organes sont en petit nombre; sur une soixantaine de corps simples que le chimiste est parvenu à isoler, une quinzaine seulement servent à former la trame de tous les tissus.

Il y a loin de la matière minérale à la matière organisée, et bien que dans ces dernières années le savant soit arrivé à fabriquer artificiellement quelques-uns des corps qu'on affirmait autrefois ne pouvoir être engendrés que sous les lois de la vie, la science est

impuissante à expliquer sous l'influence de quelles forces mystérieuses la substance minérale s'organisa pour la première fois.

Comment naquit le premier être et quel fut cet être? A combien de milliers de siècles faudrait-il remonter pour voir les flancs de l'éternelle matière s'ouvrir et lui donner naissance?

Sans doute, à l'époque où notre planète fut suflisamment refroidie pour que la vie pût s'y manifester, la nature essaya de nombreuses ébauches avant d'engendrer des êtres capables de se perpétuer; mais de ces métamorphoses étranges, nous ne pouvons rien dire. A notre horizon borné, la nature intime des choses échappera toujours. Dans ce conflit de forces bienfaisantes et nuisibles, clairvoyantes et aveugles^ qui mènent le monde, la science ne parvient qu'à constater des effets, sans pouvoir remontera leurs causes. Des diverses hypothèses imaginées pour expliquer l'origine de la vie, aucune n'a pu soutenir l'examen.

Nous ignorons par quels changements successifs la matière minérale s'est trouvée transformée un jour en matière vivante; mais les progrès de l'embryologie nous permettent de mieux comprendre comment les êtres inférieurs ont pu s'élever graduellement aux formes actuelles. Des transformations semblables se passent journellement sous nos yeux. L'œuf et l'anioial qui en dérive ne présentent aucune espèce d'analogie. Le premier est simplement constitué par une vésicule remplie d'un liquide granuleux. Lorsqu'il a .été fécondé, son contenu se fractionne en plusieurs cellules, qui, en se multipliant et en se transformant, donneront naissance aux organes. Très-simples au début de leur existence , ces organes deviendront plus compliqués ensuite, et en un temps très-court l'œuf aura subi des métamorphoses qui le feront passer par une série de formes de plus en plus élevées, jusqu'à l'état d'animal parfait. Ces perfectionnements progressifs peuvent facilement s'observer chez l'embryon humain. Son système nerveux, d'abord constitué par une simple ligne dorsale comme celui des poissons, revêt successivement la forme du système nerveux des reptiles et des oiseaux, pour arriver enfin à la perfection qui caractérise le cerveau de notre espèce, passant ainsi en quelques mois par tous les degrés de la série des êtres.

Pendant les diverses phases de leur vie embryonnaire, tous les animaux présentent ainsi les analogies de structure les plus intimes avec les animaux inférieurs à l'état adulte. D'après les belles recherches de Serres, de Coste et d'Agassiz, les êtres inférieurs ne sont que les embryons immobilisés des êtres placés au-dessus d'eux. L'homme lui-même, dernier anneau d'une chaîne dont l'origine se perd dans la nuit des temps, revêt successivement pendant les neuf mois qui précèdent sa naissance les formes des races animales qu'il dominera un jour. De l'état de simple cellule, où la vitalité ne se manifeste que par d'incertaines lueurs, il s'élève par une suite continue de métamorphoses à l'état d'animal parfait, mais n'acquiert le privilège de la supériorité hiérarchique qu'après avoir passé par tous les degrés de la série des êtres.

Les découvertes de l'embryologie et l'étude récente de l'influence de l'hérédité et du milieu sur les races vivantes n'ont pu éclaircir le mystère de l'origine de la vie, mais elles ont jeté une vive lueur sur les lois qui président à la succession des races. On croyait autrefois que l'espèce animale est immuable et ne varie jamais. La terre, dans cette hypothèse, aurait éprouvé plusieurs bouleversements successifs, à la suite desquels des animaux nouveaux auraient été créés pour remplacer ceux disparus, et l'homme serait venu le dernier d'entre eux.

La théorie nouvelle est bien plus scientifique et plus philosophique. Les formes des animaux, dit-elle, se modifient lentement sous l'influence du milieu. Aucun cataclysme n'a désolé le monde entier et jamais la terre n'a été complètement bouleversée. Les changements qui se sont opérés à sa surface se sont accomplis graduellement, et graduellement aussi se sont transformés les animaux qui l'habitent. L'homme descend des êtres inférieurs qui l'ont précédé.

Rien ne prouve, dit un de nos plus savants géologues, M. d'Archiac, que l'homme soit la fin ou le dernier mot de la création, qu'il en soit, comme on dit, le couronnement.

Rien ne le prouve, en effet, et même si les lois du passé restent celles de l'avenir, nous pouvons prédire avec certitude qu'aucun être vivant ne transmettra sa ressemblance inaltérée aux âges fu-

turs. La plupart des espèces actuelles disparaîtront, ainsi qu'ont disparu celles qui les ont précédées, et l'homme disparaîtra aussi pour faire place à des êtres sans doute plus parfaits.

Car tout change et se transforme dans la nature. Ce que l'être vivant est aujourd'hui il ne le sera plus demain, et dans un temps très-court il ne contiendra aucun des éléments qui le constituaient d'abord. Si les formes extérieures persistent , c'est que les conditions de la vie ne varient pas. Lorsqu'elles viennent à changer, l'animal change aussi et ses organes se modifient au gré des besoins qu'ils éprouvent. Les ailes de l'oiseau qui ne vole plus deviennent rudimentaires , l'œil du poisson s'atrophie dans l'obscurité. L'organe qui s'exerce se perfectionne, au contraire, et les modifications qu'il subit étant héréditaires, l'animal finit à la longue par acquérir des attributs nouveaux.

Et si, parcourant une collection d'animaux fossiles et contemplant ces êtres aux formes étranges , si différents de ceux que nous voyons aujourd'hui, vous vous demandez comment il se peut faire qu'il y ait parenté entre des espèces si dissemblables, rappelezvous que les transformations ont été bien lentes et que ce ne sont pas les termes extrêmes de cette échelle qu'il faut comparer entre eux, mais bien les termes intermédiaires.

Sans doute, depuis le commencement des périodes historiques, on n'a jamais vu se former une espèce animale par la transformation d'une espèce voisine, mais que sont les quelques milliers d'années qui nous séparent des temps dont la tradition a gardé la mémoire^ auprès des milliers de siècles qui se sont écoulés depuis le jour où la terre fut habitée pour la première fois? La nature ne procède que lentement. Les petites différences s'accumulent graduellement, et ce n'est qu'après de longues séries de siècles que la transformation est complète. |

La vie s'était depuis longtemps montrée sur la surface du globe et bien des races vivantes s'y étaient succédé quand l'homme parut pour la première fois. L'époque de cette apparition se perd dans l'océan des siècles. Les découvertes de la géologie moderne nous montrent nos premiers pères contemporains de ces races dispa-

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rues dont nous ne connaissons l'existence que par leurs débris. Ils ont vécu pendant la période où le mammouth habitait nos forêts, où l'hippopotame se baignait dans nos fleuves, où l'ours et l'hyène se cachaient dans nos cavernes. Suivant M. de Quatrefages , l'espèce humaine aurait existé vers la fin de la période tertiaire, il y a certainement plus de cent mille ans.

Il y a loin , sans doute , des Européens de nos jours aux hommes de ces lointaines époques. Une cabane construite dans l'eau, sur pilotis comme celle des castors, et dont on retrouve encore des débris, telles étaient leurs demeures; des silex taillés et emmanchés d'un bâton , telles étaient leurs armes.

Déjà, cependant, il cherchait à occuper ses loisirs, l'homme des premiers temps. Des dessins grossiers récemment trouvés sur des ossements de mammouth, qui témoignent de leur antiquité, témoignent aussi du goût qu'eurent pour les arts les sauvages qui sont nos aïeux.

Pendant longtemps peut-être, l'homme fut obligé de disputer sa proie aux hôtes des forêts; mais roi par l'intelligence, il devint bientôt le maître absolu de toute la création. Il appliqua alors la loi du plus fort, et tua tout ce qu'il ne put dompter. Tuer pour vivre, loi terrible que l'insensible nature enseigne à tout être auquel elle donne l'existence. L'oiseau dont le chant harmonieux nous fait rêver, l'insecte qui se cache sous l'herbe embaumée, sous peine de mort ils doivent détruire jusqu'à ce qu'ils soient détruits à leur tour. La nature ne connaît pas la pitié. Elle fait périr le faible au profit du fort, et l'univers n'est en réalité qu'un éternel champ de bataille *.

Les substances minérales telles que l'oxygène, le carbone etc., auxquelles tous les êtres peuvent être ramenés par des décomposi-

♦Les premières pages de ce chapitre sont le résumé de recherches que nous avons publiées ailleurs. Le lecteur qui voudra approfondir ces intéressantes questions pourra consulter entre autres ouvrages: Darwin, De Vorigine des Espèces. — Agassiz, Lectures on comparative Emhryology; Prînciples of geology; Becherches sur les ossements fossiles. — Serres, Principes cC Embryogénie; Becherches dCanatomie transcendante. — Coste, Histoire du développement des corps organisés. — Gustave Le Bon, Physiologie de la génération etc.

lions chimiques, constituent les principes élémentaires des corps. Les composés, tels que la fibrine, le sucre, l'albumine, qu'ils engendrent par leurs combinaisons, forment les principes immédiats. En s'associant entre eux , ces derniers donnent naissance à des corps de structure variable, fibres, tubes etc., qu'on a désignés sous le nom (ïéléments anatomiques et dont la réunion constitue les tissus qui forment la trame de nos organes.

Ces tissus sont en très-petit nombre. Les anatomistes les distinguent généralement en tissus cellulaire, graisseux, fibreux, élastique, cartilagineux, osseux, musculaire, nerveux, épithélial et glandulaire. Nous allons les passer rapidement en revue.

Le tissu cellulaire, appelé aussi tissu conjonctif, connectif, lamtneux, aréolaire, est très-répandu dans l'organisme. Il comble les

Fig. 1. — Coupe verticale du pied d'avant en arrière, destinée à montrer comment tes tissus cellulaire et graisseux comblent les vides existant entre tes organes *.

vides entre les organes et contribue à donner au corps sa régularité et sa forme. Il sert de réservoir à la graisse qui se trouve en excès dans le sang. C'est dans les mailles de ce tissu que se forment les phlegmons, les abcès, les infiltrations liquides ou gazeuses qu'on observe dans diverses maladies.

* Les tissus cellulaire et graisseux se voient à l'extiémilé des lignes 12 et IS, et sur les points traversés par Us lignes 9 et 14. — Les lignes I à 9 indiquent les divers os du pied; les lignes 8 à U les muscles de cet • rpane.

Examiné au microscope, le tissu cellulaire se présente sous l'aspect de lamelles limitant des cavités qui peuvent facilement s'observer chez les animaux de boucherie qu'on vient d'insuffler pour les écorcher. Ces lamelles se composent elles-mêmes de fibres, nommées lamineuses, entre lesquelles se trouvent des cellules étoilées et des vaisseaux capillaires très-abondants.

Les fibres lamineuses forment le tissu fibreux dont se composent

Fig. 2. — Tissu cellulaire ou conjonclif*.

Fig. 3. — Amas de cellules adipeuses au milieu de fibres de tissu conjonctif, vues à un grossissement de 300 fois.

les ligaments réunissant les os et les aponévroses qui enveloppent les muscles. Elles contribuent aussi à former le tissu élastique qui protège les artères et se trouve interposé entre les vertèbres.

Le tissu graisseux est emprisonné entre les mailles du tissu cellulaire ; il est formé de petits lobules jaunâtres, du volume d'un graia de millet, dont chacun résulte d'un amas de petites vésicules contenant un liquide huileux transparent.

Le tissu graisseux constitue une sorte de provision mise en ré-

* a) Faisceau de libres du tissu conjonctif. — J, c) Fibres élastiques mélangées au tissu conjonctif. i, d) Corpuscules du tissu conjonctif.

serve par l'économie pour être utilisée au besoin. Si cette provision est insuffisante, l'amaigriesement en est le résultat. L'obésité se produit quand, au contraire, elle est en excès.

I"ig.4. Amas de vésicules graisseuses superposées, grossies '300 fois.

Fig. 5. — Vaisseaux du tissu adipeux, grossis 300 fois '

Le tissu cartilagineux se trouve à l'extrémité de certains os tels que les côtes, ou entre les surfaces articulaires osseuses. Il est blanc, élastique et formé d'une substance amorphe, homogène, creusée de petites cavités contenant des cellules plus ou moins nombreuses.

Le tissu osseux constitue les os. En divisant un os quelconque, on reconnaît qu'il est formé à sa surface par une substance compacte, recouverte d'une membrane riche en vaisseaux et en nerfs nommée \q périoste. Son intérieur est, au contraire, constitué par une substance spongieuse formée de lamelles entre-croisées. La substance compacte et la substance spongieuse ont la même structure ; elles sont composées d'une matière homogène amorphe combinée avec des sels calcaires qui lui donnent de la rigidité. Elle est parcourue par des canaux abritant des vaisseaux et creusée d'un nombre considérable de petites cavités munies de prolongements étoiles, auxquels on donne le nom de corpuscules osseux ou ostéoplastes.

* A. Lobule graisseux dont on n'a représenté que les vaisseaux. — a) Artère — v) Veine. — V) Vésicule» graisseuses du bord d'un lobule, vues séparément. — B. Disposition des capillaires à l'extérieur des lobules.

STRUCTURE DES OIÎGANES.

Le périoste, qui enveloppe les os, se compose de fibres élastiques et laraineuses. Il est parcouru par un grand nombre de vaisseaux et de nerfs et sécrète un liquide qui sert à l'accroissement de l'os et au besoin à sa régénération, ainsi que l'ont démontré les expériences faites dans ces dernières années. On a pu enlever le tibia

Fig. 6. — Coupe verticale du col du féinui , destinée a montrer la structure des os.

d'un animal en n'en conservant que le périoste, et au bout de quelques mois un nouvel os était formé. On est même parvenu à produire artificiellement des os dans des parties du corps où il n'en existait pas, en y transportant des fragments de périoste.

Le périoste n'a pas seul cette propriété : tous les tissus du corps peuvent également sécréter des liquides aptes à reproduire les

tissus d'où ils émanent. Un muscle ou un nerf coupé sécrète un liquide qui peut s'organiser en muscle ou en nerf.

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Tissu cartilagineux, vu au microscope

Fig. 8.

Tissu osseux et tissu cartilagineux **.

(Coupe verticale d'une phalange du petit doigt , grossie 120 fois.)

Le tissu musculaire forme les muscles qui constituent la chair des animaux ; il est composé de petites fibrilles parallèles réunies en faisceaux enveloppés chacun d'une mince membrane. Ces faisceaux forment les fibres qu'on aperçoit à l'œil nu. La réunion d'un certain nombre de faisceaux constitue le muscle, qui est lui-même revêtu d'une enveloppe.

Les fibres musculaires sont susceptibles de se contracter, c'està-dire de se raccourcir. En se raccourcissant , elles agissent sur les os auxquels elles sont fixées et permettent à l'animal d'exécuter des mouvements.

Le tissu nerveux forme le cerveau, la moelle épinière et les nerfs. II est composé de tubes et de cellules. Les tubes sont constitués par

*)) Tissu osseux. — 2) Couche intermédiaire au cartilage et à l'os. — 3, 3', 4 , 5) Cavités creusées dans le tissu du cartilage.

** I) Cartilage de l'articulation. — 2) Couche intermédiaire au cartilage et à l'os. — 3) Couche osseuse.

un filament central [cylinder axis) enveloppé d'un liquide graisseux recouvert par une membrane. Gomme les fibrilles musculaires, ces tubes sont réunis en faisceaux abrités eux-mêmes par une enveloppe.

Fig. 9. — Formes diverses de cellules nerveuses. (Grossies 300 fois.)

Fig. 10. Cellules nerveuses delà couche corlicale du cervelet.

(Grossies 120 fois.)

Les cellules nerveuses ont des formes très-variées : elles sont constituées par des masses granuleuses dans l'épaisseur desquelles se trouvent des noyaux. Elles se continuent avec les tubes nerveux, ou envoient des prolongements qui les réunissent entre elles.

Le tissu épithélial est constitué par des cellules à noyau auxquelles on a donné des noms très-variables suivant leur forme. C'est ainsi qu'on distingue: VépithéUum pavimenteux , composé de

Pin.-jn^x.uOiJ-: HUMAINE.

Fig. 11.

Épilhélium conique à cils vibratiles

stratifié de la trachée artère *.

•ellules anguleuses dont l'aspect rappelle celui d'une mosaïque , la

peau est recouverte d'un épithélium de cette nature; V épithélium conique, dont les cellules sont disposées en cônes ; V épithélium vibratile, formé de cellules terminées parde petits filaments douésde mouvements rapides ; Vépithélium stratifié, composé de cellules superposées.

Les ongles , les cheveux et les poils dérivent du tissu épithélial.

Le tissu glandulaire constitue les glandes, organes destinés à extraire du sang certains principes invariables pour chaque glande. Ainsi le rein élimine du sang les matériaux de l'urine ; la glande mammaire en retire le lait; la glande salivaire, la salive, sans que jamais ces diverses glandes, dont la structure microscopique est cependant semblable, puissent en extraire autre chose.

Le tissu glandulaire est constitué par une membrane recouverte, sur une de ses faces, d'une couche épithéliale qui représente la partie sécrétante de la glande, et sur l'autre face, d'un réseau de vaisseaux capillaires qui lui portent le sang auquel elle doit emprunter les matériaux de sa sécrétion.

Les glandes ont des formes diverses, qui leur ont fait donner des noms différents. On les divise en glandes en grappe, glandes en tube et glandes fblliculeuses.

Les glandes en grappe sont formées de petits sacs terminés par un canal excréteur, à l'extrémité duquel ils se trouvent placés de la même manière que les grains de raisin sont disposés aux extrémités des ramifications de la grappe. Elles sont simples ou composées, suivant qu'il y a un ou plusieurs grains à l'extrémité des petits canaux. Chaque grain, nommé acinus, est lui-même formé par la réunion de plusieurs culs-de-sac microscopiques. Les glandes salivaires sont un exemple des glandes en grappe.

Les glandes en tube sont formées de tubes fermés à une extrémité, plus ou moins longs et plus ou moins contournés sur eux-

* 1) Couche de cellules complètement développées et pourvues de cils vibratiles. — 2) Cellules profondes arrondies, qui prendront la forme conique après la chute des cellules précédentes. — 3) Derme de la muqueuse.

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mêmes. Les reins et les glandes sudoripares sont des glandes de cette espèce.

Les glandes foUiculeuses diffèrent des précédentes par ce qu'elles n'ont pas de canal excréteur. Elles sont formées par une vésicule fermée de tout côté. Les amygdales présentent cette structure.

Nous aurons occasion , dans le cours de cet ouvrage , d'étudier en détail plusieurs des tissus que nous venons d'énumérer.

in.

Lorsque les éléments des tissus sont placés dans les milieux qui conviennent à leur existence, ils vivent, c'est-à-dire qu'ils empruntent constamment à ce milieu des matériaux nouveaux et rejettent ceux usés par leur activité incessante. Ce mouvement continuel d'assimilation et de désassimilation, commencé avec la vie, ne s'éteint qu'à la mort. C'est une propriété fondamentale des êtres organisés de changer sans cesse et de ne pouvoir continuer à vivre qu'à la condition de se renouveler toujours.

C'est par l'alimentation que les éléments des corps réparent leurs pertes continuelles. Les êtres placés aux limites les plus inférieures de l'échelle vivante sont constitués par une simple cellule qui absorbe constamment les matériaux nécessaires à son entretien et rejette ceux devenus inutiles. La vie, chez elle, se borne à ce simple mouvement d'assimilation et de désassimilation.

A mesure qu'on s'élève dans la série des êtres, de nouveaux organes apparaissent, et avec eux de nouveaux besoins. Le même organe qui, chez l'animal inférieur, remplissait plusieurs fonctions différentes, ainsi que cela s'observe, par exemple, pour le polype, dont l'organisation se réduit à un sac qui digère, respire et sécrète les œufs destinés à le reproduire, n'en remplit plus qu'une seule. Un appareil digestif spécial rend assimilables les matériaux nutritifs. Un appareil circulatoire conduit à tous les organes les produits de cette assimilation, en même temps qu'il leur reprend les matières usées, pour les porter, sous forme de gaz ou de liquide, aux poumons, aux reins et à la peau, chargés de les expulser au dehors.

C'est dans le tube qui s'étend de la bouche au rectum que les aliments subissent les modifications qui les rendent susceptibles

Sn PHYSIOLOGIE HUMAINE.

d'assimilation. A la surface de ce tube se ramifient les extrémités de nombreux canaux qui absorbent le produit de la digestion et le conduisent au cœur, dont les contractions le lancent dans les vaisseaux destinés à le distribuer aux divers tissus.

Les matériaux nutritifs doivent servir à la rénovation des organes et en même temps produire les forces nécessaires au jeu régulier de leurs fonctions. Sous l'influence de l'oxygène de l'air, incessamment absorbé par l'appareil respiratoire, une partie de ces matériaux subit une véritable combustion, dont les résidus sont, comme les résidus des matières brûlées dans nos foyers, de l'acide carbonique et différents gaz. Le sang les entraîne aux poumons, qui les rejettent au dehors, et il absorbe en échange une nouvelle quantité d'oxygène.

Les appareils digestif, circulatoire et respiratoire sont placés sous la dépendance d'un système régulateur, le système nerveux , qui régit leur action et sert en même temps à mettre les êtres en relation avec le monde extérieur. Enfin, un appareil reproducteur permet à l'animal de transmettre la vie et de perpétuer ainsi son espèce.

Les éléments constitutifs des tissus meurent sans cesse; mais, comme ils se renouvellent également sans cesse, les organes ne subissentpas en apparence de modifications sensibles. Lorsque les mouvements d'assimilation et de désassimilation ne se font plus équilibre, la mort définitive arrive. Pour les éléments de l'être dont la personnalité disparaît, la mort n'est que le prélude d'une vie nouvelle; les tissus passent par une série de métamorphoses destinées à rendre au monde minéral les matériaux qu'ils lui avaient momentanément empruntés. Répandus dans le sol et dans l'atmosphère , ces matériaux seront bientôt absorbés par les végétaux et serviront à la formation de nouveaux êtres. La mort transforme, mais n'anéantit pas. Le moindre atome de matière ne saurait se perdre. Les molécules qui formèrent jadis le cerveau de César ou d'Hélène font peut-être , aujourd'hui , partie intégrante du corps d'un mollusque; siîrement elles existent quelque part.

ORIGINE dp: la YIP:. — STIIUCTURE DES ORGANES. 31

Ainsi, le monde minéral et le monde organique, c'est-à-dire la matière morte et la matière vivante, sont liés par des rapports incessants. Toujours immuable dans son essence, mais toujours changeante dans sa forme, la matière roule perpétuellement de l'un à l'autre. La plante emprunte au sol et à l'atmosphère les éléments de ses organes; l'animal les emprunte à la plante, et après sa mort il rend à l'atmosphère et au sol les éléments que le végétal absorbera de nouveau. C'est avec les débris de l'être d'aujourd'hui que se forme l'être de demain.

Les diverses fonctions qu'accomplit l'animal depuis sa naissance jusqu'à sa mort seront successivement étudiées dans cet ouvrage. Nous commencerons par les fonctions de nutrition , c'est-à-dire par celles qui servent à entretenir la vie.

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