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VUE D'ENSEMBLE DU SYSTÈME NERVEUX

Nous avons jusqu'ici étudié les fondions des divers organes qui servent à l'entretiôn des êtres vivants et les mettent en relation avec le monde extérieur. Bornés uniquement aux parties que nous avons décrites, ces organes seraient ce qu'est la machine sans son moteur, la voile sans le vent qui la gonfle, ce qu'était l'homme d'argile de Prométhée avant qu'une étincelle ravie aux dieux vint animer ses formes. Aptes à vivre , ils seraient cependant éternellement impuissants à vivre.

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Les clémenls dos oriranes dont rcnscmblo consliuic l'aniniid sonl l'ii l'cliitioii. au inoyonde conilucUMirs pai'liciilicts tioiiKiK's les nerfs. a\c'c un ;i|»|).irt'il ccnli'al. le systciuc ii('r'\<'ii\. (jui leur iIoiiik; la vie. Iléi;ulaleur suprême de la inacliine vivanle, il veille sans relâche à ce (jue la circulation, la respiration, la dii,'estion et toutes les fonctions s'accomplissent régulièrement. Il anime nos muscles et place leuis mouvements sous rcmpire de la volonti', (ransibrme en sensation perrue l'image lerue par la ictine , la vihralion (pii a frappé l'oreille, limpression du corps odorant sur la uiuqueuse olfactive. C'est lui qui nous rend aptes à sentir la joie et la douleur, et nous permet d'avoir conscience de notre existence. Tous les phénomènes intellectuels sont entièrement placés sous sa dépendance, et l'anatomie nous enseigne que l'animal est d'autant plus parfait que le développement de son système nerveux est lui-même plus complet.

Chez les êtres les plus inférieurs de l'échelle animale, il n'existe pas plus de système nervoux qu'il n'existe de système musculaire ou tout autre système ligure quelconque. L'ensemble de leur corps est constitué par une matière granuleuse sans organisation apparente, et cependant, bien que privée de nerfs, de muscles et de toute espèce d'organes, cette matière est excitable et exécute des mouvements spontanés ou provoqués. Mais cette anomalie apparente résulte sans doute de ce que chez eux la matière organi(jue offre réunies des propriétés qui sont séparées chez l'animal siq)erieur. De même que nous voyons , en nous élevant dans la série des êtres, des organes qui avaient d'abord plusieurs fonctions n'en posséder bientôt ([u'une seule, de même les éléments qui se dissocieront plus tard pour former des libres nerveuses et musculaires nettement séparées se montrent d'abord associés et pour ainsi dire amalgamés, (^est dans les éléments anatomiques des organes et non dans leur forme ({ue les propriétés physiologiques résident.

Le système nerveux est constitué par deux sortes d'éléments que nous aurons à étudier plus tard : des globules de formes variées nommés cellules, et des fibres nerveuses qui relient les cellules entre elles.

(rest dans les cellules nerveuses que s'élaborent toutes les mani-

festations du système nerveux et les phénomènes intellectuels les plus complexes. Les fibres ne sont que des conducteurs qui transmettent aux cellules les impressions reçues par les organes des sens , ou conduisent aux muscles les excitations nécessaires pour que ces derniers puissent entrer en mouvement.

Envisagé au point de vue anatomique, le système nerveux se compose principalement d'une partie centrale constituant un axe vertical appelé iiioeUe épiiiière, terminé à sa région supérieure par une masse volumineuse nommée cerveau. Cet axe est relié à tous les organes par des fils conducteurs, les nerfs, destinés à le mettre en relation avec toutes les régions du corps. Le cerveau et la moelle forment deux centres bien distincts, dont l'ensemble a reçu le nom da.re cérébro-spinal.

De chaque côté de l'axe vertical qui constitue la moelle épinière naissent une série de ganglions reliés entre eux par des nerfs. Ils forment un ensemble auquel on a donné le nom de nerf grand stjrnpathi(iue généralement considéré aujourd'hui comme une dépendance de la moelle épinière.

Parmi les nerfs qui mettent la moelle épinière et le cerveau en rapport avec tous les organes, les uns, nommés nerfs sensitifs, ont pour fonction, comme nous le verrons plus loin, de conduire au système nerveux central les impressions reçues dans les difterentes parties du corps oii ils se ramifient; les autres, désignés sous le nom de nerfs moteurs, transmettent aux muscles les excitations motrices nécessaires pour les faire entrer en mouvement. Les premiers mettent en jeu l'activité propre des centres nerveux; les seconds, l'activité des fibres musculaires. Si on coupe un nerf sensilif. les parties dans lesquelles il se distribuait perdent leur sensibilité, mais conservent la puissance de se mouvoir. Si on coupe un nerf moteur, les organes qui étaient placés sous son influence conservent la sensibilité, mais perdent entièrement le pouvoir d'exécuter des mouvements. Quelle que soit la douleur ressentie par l'animal, il devient impuissant à faire le moindre mouvement pour la manifester.

Parmi les actes placés sous l'empire du système nerveux , les uns- tels que la circulation et les sécrétions, par exemple, sont

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A) Cerveau.

B) Cervelet.

C) Moelle épinicrc.

D) Nerfs de la face.

E) Pleïiis cervical et axillairc.

F) Nerf médian.

G) Nerf cubital.

H) Nerf radial.

I) Nerfs intercoslaiiK.

J) Nerf crural.

L) Nerf sciatique.

M) Nerf sapliènc interne.

\ Nerf sciatique poplité interne.

O) Nerf plantaire.

P) Nerf sciatique poplité externe.

O) Nerf péronier antérieur.

ï{\ Nerf musculo-cutar.é.

Fia:. 2.')8. — Knsejnble du système nencu.: .

complètement soustraits à l'action de la volonté, tandis que les autres, comme les mouvements, sont sous sa dépendance. En se basant sur ce fait physiologique , Bichat avait divisé le système nerveux en deux parties entièrement distinctes, le système nerveux de la vie animale et le système nerveux de la vie orçjanique : le premier placé sous l'intluence de l'axe cérébro-spinal et des nerfs qui en dépendent ; le second , sous l'action du grand sympathique. L'un tiendrait sous sa loi tous les phénomènes de la vie animale (mouvements, sensations, phénomènes intellectuels, etc. !; l'autre tous les actes de la vie organique (circulation, respiration, digestion, sécrétions, etc.). Mais l'observation a démontré que cette distinction n'est pas absolue et que les nerfs qui vont dans les organes de la vie végétative tirent leur origine des centres nerveux. Le grand sympathique, simple dépendance de la moelle épinière, ne peut guère, ainsi que nous le verrons plus loin, être considéré comme un centre nerveux isolé.

Les expériences physiologiques ont démontré d'une façon certaine que tous les phénomènes où la volonté intervient se passent dans le cerveau, et que ceux sur lesquels elle est sans action sont sous l'empire de la moelle épinière ou de sa dépendance, le grand sympathique. La moelle épinière est un centre nerveux qui reçoit à l'état brut les impressions que le cerveau est ensuite chargé d'élaborer. Elle est le centre des phénomènes inconscients et automatiques, tandis que le cerveau est l'organe qui préside aux phénomènes dont l'animal a conscience. Dans la moelle épinière, l'acte suit nécessairement l'impression, phénomène qui s'explique facilement quand on sait les relations qui existent entre les parties postérieures de cet axe auxquelles les nerfs apportent les sensations, et ses parties antérieures d'où partent les nerfs conducteurs des excitations qui produisent le mouvement. L'activité des uns est aussi fatalement suivie de la mise en jeu des autres, que le mouvement imprimé à une roue est forcément transmis aux divers rouages qui engrènent avec elle.

Nous voyons, par ce qui précède, l'importance de la moelle épinière comme centre nerveux. Déjà nous avions fait pressentir son rôle en disant quelques mots, dans notre chapitre des sensations.

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