RELATIONS DES DIVERSES PARTIES DU SYSTÈME NERVEUX ENTRE ELLES
Les diverses parties du système nerveux (jue nous avons jm(''rédeniment décrites ont été étudiées comme elles le sont habituellement dans les traités d'analomie, c'est-à-dire sans considérer les rapports qui les unissent entre elles et en leur supposant des divisions, utiles, sans doute, pour faciliter les- descriptions, mais qui n'existent pas (juand on les envisage au point de vue de leurs Jonctions. Il devient donc nécessaire maintenant de porter une vue d'ensemble sur toutes les parties que nous avons étudiées séparément. •
Ce n'est que depuis une époque récente que l'on commence à avoir une idée un peu nette des rapports qui unissent les diverses parties dont le système nerveux se compose. Mais malgré les travaux de physiologistes éminents, tels que Stilling, Schrœder van der Kolk, Rouget, Brown Séquart, Cl. Bernard, Krjlliker, Vulpian, et surtout Luys, nous sommes sans doute encore bien loin du jour où ce diliicile problème de la connexion des diverses parties du système nerveux entre elles sera complètement résolu. Les notions que nous allons exposer sur ce point ne constituent qu'une ébauche, (jui exigera peut-être encore bien des siècles de recherches avant de devenir une œuvre complète.
Les éléments nerveux sont, connue nous l'avons dit, constitués par des cellules, appareils générateurs ou récepteurs de l'inllux nerveux, reliées entre elles par des fibres, qui ne sont que de simples conducteurs. Au point de vue physiologique, chaque libre nerveuse doit être considérée comme ne servant qu'à unir les cellules placées à chacune de ses extrémités. L'existence d'une fibre nerveuse
' Cours de médecine expérimentale du Collège de Fiance, IS72.
sang une cellule à chacune de ses extrémités serait aussi inadmissible que celle d'une fibre musculaire sans deux points d'insertion.
Parmi les nerfs, les uns, ainsi que nous l'avons expliqué, transmettent les sensations aux centres nerveux; les autres portent des centres nerveux aux muscles les excitations destinées à lés mettre en mouvement. Réunies, le plus souvent, sous une enveloppe commune, les deux espèces de fibres qui entrent dans la composition des nerfs ne se séparent qu'à leurs extrémités, c'est-à-dire d'une part dans les divers organes auxquels ils se distribuent, et de l'autre dans la moelle épinière.
Tous les nerfs naissent de la moelle épinière ou se rendent dans ce centre nerveux. «Les nerfs moteurs en sortent par plusieurs racines (racines antérieures; émanées des cellules des parties antérolatérales de cet axe. Les nerfs sensitifs s'y rendent par des rameaux (racines sensitives) qui se jettent dans les cellules de sa partie postérieure, à l'exception de quelques faisceaux, qui, félon Luys, remonteraient sur les parois latérales de la moelle et iraient directement au cerveau.
Le centre de la moelle épinière est constitué par des cellules, qui se prolongent, Comme nous l'avons dit, jusqu'aux parties centrales du cerveau (couche optique et corps strié). Leur ensemble forme ainsi un axe vertical dans lequel aboutissent ou duquel émanent les fibres nerveuses de toutes les parties du corps. Nous verrons, dans notre prochain chapitre, que cet axe tient sous son empire tous les actes automatiques. Son développement est d'autant plus considérable, ainsi que nous l'avons vu, que celui du cerveau, centre des actes volontaires, l'est moins.
De l'axe vertical, constitué par les cellules de la moelle épinière, partent une série de fibres, constituant les cordons blancs de la moelle, qui vont toutes aboutir à une portion centrale du cerveau, nommée noyau cérébral par Gratiolet, et constituée par le corps strié et les couches optiques. Le premier recevrait, suivant Luys, les fibres motrices; le second, les fibres sensorielles. Ce noyau central , véritable point de convergence de toutes les fibres nerveuses qui aboutissent à la moelle ou qui en partent, reçoit éga-