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VEINES

Les veines sont des canaux dont la fonction est de ramener au cœur le sang qui a servi à l'entretien des organes.

Elles naissent des capillaires par des radicules qui se réunissent en troncs de plus en plus volumineux. Finalement toutes les veines, celles qui ramènent le sang des poumons exceptées, se jettent dans deux troncs : la veine cave supérieure et la veine cave inférieure, qui débouchent dans l'oreillette droite. Le sang venu des poumons se jette dans l'oreillette gauche par les veines pulmonaires.

Les veines suivent généralement le trajet des artères, qu'elles accompagnent branche à branche, rameau k rameau. On connaît

*Les figures 82, 83, 84, 91 out été dessinées à Tûbingen, sous la direction de M. k professeur Luschka; la plupart des autres figures, représentant les vaisseaux, ont été faites à l'École pratique de Paris, sur des préparations de M. le docteur Fort.

**Les vaisseaux de certaines parties, telles que les dents, rcstomac, le cerveau, l'œil, etc. sont figurés dans les chapitres où sont étudiés ces organes.

la direction de la plupart des veines lorsqu'on connaît celle des artères.

Aux membres, on rencontre deux veines pour une seule artère; elles sont situées de chaque côté de l'artère qu'elles enlacent de leurs branches.

A la tête et au tronc, il n'y a qu'une veine par artère.

Outre les veines profondes qui accompagnent les artères, il existe des veines superficielles placées dans le tissu cellulaire sous-cutané, où elles forment ces lignes bleuâtres que l'on aperçoit à la surface de la peau. Le sang s'y réfugie quand, par une cause quelconque, les contractions musculaires par exemple, la circulation dans les veines profondes se touve gênée. Ce sont elles qu'on ouvre dans la saignée.

Les veines sont composées de trois tuniques comme les artères ; mais leur tunique moyenne est moins riche en fibres musculaires et élastiques ; aussi leur élasticité est-elle beaucoup moindre que celle des vaisseaux artériels. Leur tunique interne contient des filets nerveux vaso-moteurs comme les artères, mais en moins grand nombre.

Le peu d'élasticité des veines fait qu'au lieu de rester béantes comme celles des artères, après leur section, leurs parois s'aplatissent. Au cou et au thorax les veines ne s'afiaissent pas sur ellesmêmes après avoir été coupées ; mais cette particularité tient à ce que dans ces régions elles adhèrent par leurs contours à des aponévroses tendues sur des surfaces osseuses voisines. Tel est le cas de la veine cave inférieure, par exemple, qui adhère à l'anneau du diaphragme. Si la nature n'avait pas pris cette précaution, la circulation dans les vaisseaux voisins de la poitrine eût été fort difficile, parce qu'ils se seraient aplatis lorsque le vide se fait dans !e thorax pendant l'inspiration. Chacun sait, en effet, que les tubes dépressibles, pleins d'air ou de liquide, dans lesquels on fait le vide, s'aplatissent sous l'influence de la pression atmosphérique.

Cette disposition des veines du thorax et du cou rend leur ouverture très-dangereuse ; le vide qui se produit dans la poitrine pendant l'inspiration y fait alors pénétrer de l'air^ et les bulles gazeuses mélangées au sang empêchant ce dernier de traverser les

capillaires des poumons, le malade est immédiatement asphyxié. Ainsi s'expliquent ces morts ibùdroyantes survenues brusquement pendant des opérations pratiquées dans la région du cou et dont on ne pouvait autrefois expliquer la cause.

Par suite de leur peu de contractiiité, les veines se dilatent trèsfacilement ; il suffit de laisser la main baissée quelque temps pour voir les veines se gonfler; si on la relève au-dessus de la tête, le gonflement disparaît immédiatement. Lorsque les veines ont été distendues pendant longtemps, elles ne reviennent plus sur elles-mêmes et constituent les dilatations qui prennent le nom de varices lorsqu'elles siègent aux membres, et d'hémorrlioïdes lorsqu'elles se trouvent au rectum. Les varices sont très-communes chez les individus qui restent longtemps debout sans marcher, les compositeurs d'imprimerie par exemple ; leur production est favorisée par l'application de liens autour des jambes, tels que les jarretières^ gênant le cours du sang. La marche même prolongée pendant une durée beaucoup plus considérable que ne le serait la station ne produit pas la dilatation des veines , parce que les contractions musculaires favorisent la circulation veineuse.

La plupart des veines contiennent dans leur intérieur de petites valvules très-rapprochées qui laissent le sang se diriger vers le cœur^ mais qui se ferment par la pression même du liquide et obturent la lumière des vaisseaux lorsque le sang veut revenir en arrière. C'est l'étude attentive de ces valvules qui mit Harvey sur la voie de la découverte de la circulation.

Sur les cadavres, les veines sont remplies de sang, tandis que les artères sont vides; ce phénomène lient à ce que le sang a été chassé dans les veines par les contractions des artères. Les anciens, trouvant toujours les artères vides, crurent qu'elles contenaient de l'air pendant la vie et c'est à cette erreur anatomique qu'est dû le nom * qu'elles conservent encore.

Quand on connaît bien les usages des artères et des veines, il est facile de distinguer les hémorrhagies de ces vaisseaux. Dans les hémorrhagies artérielles, en eff'et, le sang s'écoule par jets et s'ar-

*Lc mot artère est formé des deux mots grecs àr^p, air et Tr,pE\v, conserver.

rète, si on comprime l'artère entre le cœur et la plaie, parce qu'alors le sang ne peut plus arriver à cette dernière. Dans les hémorrhagies veineuses, au contraire, le sang s'écoule d'une façon continue et ne s'arrête que lorsqu'on comprime les vaisseaux entre la plaie et l'extrémitédu membre; ce qui se comprend facilement, puisque le sang veineux va des membres vers le cœur, et non ducœ^ur vers les membres. Dans les plaies artérielles des extrémités des membres, l'héiiorrhagie ne s'arrête pas toujours par la compression de la partie supérieure du vaisseau, k cause des anastomoses qui le font communiquer avec sa partie inférieure; elle ne cesse alors que par la compression simultanée des deux bouts divisés.

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, la plupart des veines accompagnent les artères et portent le même nom. Les plus importantes d'entre elles sont représentées, ainsi que les artères, dans les ligures suivantes.

CIRCULATION DANS LES PRINCIPAUX ORGANES

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