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ARTÈRES

Les artères sont des vaisseaux contractiles qui distribuent le sang à toutes les parties du corps.

Leurs parois sont constituées par trois tuniques superposées : une externe ou cellulaire, formée de fibres entre-croisées de tissu con-

jonctif et élastique; une moyenne, composée de fibres élastiques et de fibres musculaires circulaires abondantes, une interne:, très-mince, formée de fibres élastiques et de cellules épithéliales imbriquées.

La tunique externe des artères est la plus résistante ; elle est la seule qui ne se brise pas quand on passe une ligature autour de ces vaisseaux. Lorsque, par une cause quelconque, les autres tuniques sont détruites, elle résiste encore; mais, comme elle est très-extensible, elle se dilate sous la pression sanguine et forme une tumeur h laquelle on a donné le nom d\inévrysme.

La tunique moyenne est bien plus épaisse que la tunique externe , et cependant elle est beaucoup plus fragile. C'est elle qui donne aux artères leur élasticité et leur contractilité.

Sous l'influence de diverses causes, telles que le froid, l'administration de substances hémostatiques , comme le perchlorure de fer, i'ergotine etc., les artères se contractent avec force. On comprend par là l'utilité, dans les cas d'hémorrhagie, de l'eau froide et des substances que nous venons de mentionner.

Pendant les amputations, l'air froid détermine souvent la contraction de petits vaisseaux, qui alors ne donnent pas de sang et échappent à l'action du chirurgien quand il panse la plaie. Le pansement terminé et le malade remis dans son lit, la contraction disparaît sous l'influence de la chaleur, et une hémorrhagie se produit quelquefois.

Les artères reçoivent de petits vaisseaux nourriciers nommés vasa vasorum , qui se ramifient à leur surface et pénètrent dans l'épaisseur de leurs parois. Elles reçoivent également un grand nombre de filets nerveux nommés vaso-moteurs, branches du grand sympathique qui président à la contraction de leurs fibres musculaires.

La physiologie moderne a prouvé que les nerfs vaso-moteurs , dont, il y a quelques années à peine, on ignorait encore les fonctions , ont sur la circulation au moins autant d'influence que le cœur. Nous aurons à examiner leur rôle en traitant du mécanisme de la circulation.

Les diverses artères communiquent fréquemment entre elles. Ces anastomoses permettent l'arrivée du sang dans un membre par des voies détournées, lorsque le trajet naturel est interrompu, ce qui

arrive à la suite d'une ligature, par exemple. Si les artères ne communiquaient pas entre elles, les membres qu'elles nourrissent seraient rapidement frappés de mort lorsque le cours du sang s'y trouverait suspendu.

Les artères sont habituellement logées dans l'interstice des muscles et dans les parties les plus profondes des organes. On ne trouve pas d'artères importantes directement sous la peau ; les plus superficielles sont au moins protégées par les aponévroses qui recouvrent les muscles. Quand on est à la recherche de ces vaisseaux dans une opération chirurgicale , on trouve d'abord les nerfs , puis les veines , et enfin les artères.

Le calibre des artères diminue graduellement à mesure qu'elles s'éloignent du cœur; elles se divisent de plus en plus, et finissent par un réseau de vaisseaux excessivement fins, auxquels on a donné le nom de capillaires, en raison de leur ténuité, que l'on comparait à celle d'un cheveu ; mais, en réalité^ cette comparaison est inexacte, car ils sont infiniment plus fins. Les plus gros capillaires n'ont, en effet, que j. centième de millimètre de diamètre.

Les capillaires des artères se continuent sans interruption avec les capillaires des veines; de cette façon, le sang se trouve dans un système de canaux sans issue ; il n'est donc pas épanché dans la trame des organes, comme on le supposait autrefois. Si, en piquant la peau en un point quelconque , on fait toujours sortir du sang , cela tient à ce que les capillaires sont excessivement nombreux et que, relativement à leur petit diamètre, la pointe de l'aiguille a une dimension considérable.

Les capillaires entourent de leurs mailles nombreuses les éléments des organes. C'est à travers leurs parois que se fait l'échange entre les matériaux usés et les matériaux nouveaux apportés par le sang. Ils sont également le siège des phénomènes d'absorption et de calorification. La vitalité des tissus est d'autant plus considérable qu'ils contiennent un plus grand nombre de ces vaisseaux ; mais aussi ceux qui en renferment le plus, tels que les poumons par exemple, sont les plus prédisposés aux congestions et aux inflammations.

A mesure que les artères diminuent de volume, elles perdent

successivement leur tunique externe et leur tunique moyenne. Les capillaires n'ont plus que la tunique interne, dont la structure est

légèrement modifiée.

Fig. 80. — Vaisseaux capillaires de la membrane natatoire de la patte d'une (jrenouille,

considérablement fjrossis *.

(Les Oëclics indiquent la direction du sang.)

Le calibre total des divisions des artères et des capillaires réunis

' o) Capillaires veineux. — h) Capillaires artériels. - c) Membrane natatoire.

est bien supérieur au calibre de l'aorte, origine de tous les vaisseaux qui charrient du sang artériel. On a comparé avec raison l'ensemble des artères à un cône dont l'aorte serait le sommet. Il en résulte que le sang va toujours d'un espace plus étroit dans un espace plus large, et, par suite, que la circulation se ralentit graduellement jusqu'aux extrémités.

Toutes les artères du corps proviennent de deux troncs, V artère pulmonaire et Vartère aorte. La première, née du ventricule droit, porte le sang veineux aux poumons; la seconde, partie du ventricule gauche, envoie le sang artériel à tous les organes.

Nous donnons plus loin une série de gravures représentant la circulation dans les principales régions*. La fig. 81 montre l'ensemble de l'appareil circulatoire. On voit les branches artérielles nées de l'aorte se distribuer à toutes les parties du corps. Les figures suivantes , toutes dessinées d'après nature , montrent avec une très-grande exactitude les vaisseaux des principales régions ""*.

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