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MODIFICATIONS ÉPROUVÉES PAR LE SANG DANS LES MALADIES

A l'ëtat normal, le sang éprouve, ainsi que nous l'avons vu, des variations de composition très-considérables. Non-seulement le sang du même individu n'a pas la même composition avant et après le repas, mais encore cette composition se modifie avec Talimentation elle-même. Une nourriture animale augmente les globules; l'abstinence, une nourriture végétale les diminuent. L'âge, le sexe, l'état de gestation font éprouver au sang des modifications très-variées. Les globules sont moins nombreux et l'eau plus abondante chez la femme que cliez l'homme ; ils sont plus nombreux chez les individus sanguins que chez les sujets lymphatiques. Leur nombre s'accroît jusqu'à trente ans et diminue après.

L'étude des modifications éprouvées par le sang pendant les maladies est encore peu avancée, et tout ce que nous savons de précis sur cet important sujet peut se résumer en quelques pages.

Maladies dans lesquelles la proportion de la fibrine du sang est modifiée. — Dans certaines affections, telles que la fièvre typhoïde et le scorbut, la fibrine diminue; elle augmente, au contraire, dans les aftcctions inflammatoires aiguës, notamment dans la pneumonie, la péritonite, la pleurésie, le l'humatisme articulaire; le sang contient alors 5 à 10 millièmes de fibrine coagulable au lieu de 2 à 3 millièmes qu'il renferme normalement. En même temps, le nombre des globules diminue, ce qui, du reste, peut être imputa))le à l'abstinence à laquelle sont soumis habituellement les malades atteints d'affections de cette nature.

Dans les maladies que nous venons de mentionner, le sang retiré des vaisseaux se coagule plus lentement qu'à l'état normal. Par suite, les corpuscules colorés ont le temps de descendre dans le liquide avant sa complète solidification. Il en résulte la formation à sa surface d'une couche de fibrine blanchâtre de quelques millimètres d'épaisseur, à laquelle on donne le nom de couenne inflammatoire. Les anciens médecins attachaient beaucoup d'importance à sa présence; mais, comme il est démontré qu'elle se manifeste quelquefois dans des états du sang très-opposés aux pi-écédents, tels que la chlorose et l'anémie par exemple, on ne peut rien en déduire de certain.

D'après un travail présenté en 1869 par Andral à l'Académie des sciences, le chiffre de la température et celui de la fibrine croissent en proportion directe l'un de l'autre. De toutes les maladies qui entraînent la production d'un excès de fibrine dans le sang, la pneumonie est celle où cet e.xcès est le plus considérable, et c'est

prëcisément une des affections où la tempërature du corps s'e'lève davantage. L'augmentation de la chaleur et celle de la fibrine sont deux phénomènes qui, bien que se produisant ensemble, sont cependant complètement indépendants l'un de l'autre. Dans la fièvre ordinaire, en effet, l'élévation de température n'est en aucune façon accompagnée d'un accroissement de fibrine.

Maladies dans lesquelles la proportion de l'albumine du sang est modifiée.

— L'albumine du sang diminue dans l'albuminurie, affection dans laquelle l'urine contient une forte quantité d'albumine. De 70 pour lOOO, proportion dans laquelle on la rencontre habituellement dans le sang, elle descend à 50 environ; en même temps, le chiffre de la fibrine et celui de l'urée que ce dernier liquide renferme s'élèvent sensiblement.

Maladies dans lesquelles divers principes destinés à être éliminés du sang sont retenus dans ce liquide. — Les produits de l'usure des tissus doivent être incessamment expulsés au dehoi's sous peine de devenir des poisons pour les organes qui les contiennent. Lorsqu'ils viennent à s'accumuler dans le sang, ils produisent divers accidents variant suivant la nature des principes dont l'élimination fait défaut. C'est ainsi, par exemple, que l'accumulation de l'urée dans le sang produit l'urémie; celle de l'acide urique, la goutte et la gravelle ; celle du glycose, la glycosurie. La gravité des accidents résultant de la non-élimination du petit nombre des principes dont la chimie sait reconnaître la présence dans le sang nous permet de supposer que des accidents non moins graves doivent résulter de l'accumulation dans ce liquide d'autres princii^es. Il est fort probable, par exemple, que l'accumulation dans le sang de certaines matières organiques constituant le poison redoutable qu'on peut nommer le miasme humain, doit produire des affections fort graves, telles que la fièvre tyjîhoïde notamment. Je suis convaincu que des recherches approfondies dans cette voie conduiront à la découverte des causes si jjrofondément inconnues encore d*un grand nombre de maladies.

Maladies dans lesquelles la proportion des matériaux calcaires du sang diminue. — Les matériaux calcaires du sang, phosphate et carbonate de chaux, diminuent dans le rachitisme et dans l'affection des os nommée ostéomalacie.

Maladies dans lesquelles le sang contient des matières virulentes. — Dans

diverses affections virulentes ou contagieuses, telles que le charbon, la variole, la syphilis, la fièvre typhoïde, l'infection purulente etc., le sang éprouve des altérations évidemment profondes, à en juger par les accidents morbides qui en sont la suite, bien que la quantité de matière étrangère introduite dans ce liquide soit souvent fort minime. Cela tient sans doute k ce que la substance introduite peut se multiplier rapidement, ou encore k ce qu'elle détermine au sein des organes des modifications capables de se transmettre facilement de proche en proche.

Dans plusieurs de ces maladies, le sang contient un grand nombre de corpuscules granuliforaies et quelquefois certains parasites, bactéries, micrococcus etc., auxquels on attribue maintenant un rôle important.il est bien difficile pourtant de comprendre comment des corpuscules ou des parasites en apparence identiques peuvent produire des affections fort diverses. Ce qui est1)ien certain cependant, c'est que la partie liquide des virus n'est douée , ainsi que l'a démontré M. Chauveau , d'aucune propriété virulente ; c'est uniquement dans les éléments organiques flottant dans le sein de ces liquides que cette propriété réside. L'expérience a prouvé, en effet, qu'après une filtration convenable les virus perdent leurs propriétés virulentes , tandis que les corpuscules retenus sur le filtre la conservent II y a dans l'étude si obscure encore de ces substances un fertile sujet de recherches.

Maladies dans lesquelles la masse du sang ou le nombre des globules rouges qu'il contient sont diminués. — Une des modifications du sang qu'on rencontre le plus liahituellemcnt est celle qu'on observe dans Y anémie, nom domid à différents états morbides tous caractérisés par divers symptômes dont les plus apparents sont l'affaiblissement et la décoloration des tissus résultant de l'appauvrissement du sang, soit que la quantité de ce liquide renfermée dans l'appareil circulatoire ait réellement diminué, soit que, sa proportion restant la même, la quantité des globules qu'il contient soit moindre.

L'anémie est la maladie habituelle des grandes villes, la maladie des races épuisées et dégénérées et assurément l'état pathologique le plus commun de notre époque. On se rend facilement compte de sa fréquence quand on sait combien sont répandues aujourd'hui les causes capables de la produire. L'alimentation insuffisante, le travail prématuré, la fatigue et les excès de toute sorte, les hémorrhagics répétées, les mauvaises digestions, l'exercice muscvilaire insuffisant ou excessif, le séjour dans une atmosphère viciée ou dans des lieux privés de lumière, l'abus des boissons alcooliques etc. l'entraînent fatalement k leur suite.

L'anémie n'est pas, h proprement parler, vinp maladie; elle n'a d'autres conséquences apparentes qu'un affaiblissement général et un ralentissement sensible dans l'activité de la plupart des fonctions ; mais elle diminue considérablement ce que l'on pourrait appeler le pouvoir de résistance aux maladies. C'est chez les individiis débilités par l'anémie que les épidémies et les affections de toute nature font le plus de victimes.

L'état particulier du sang qui produit les symptômes à l'ensemble desquels on a donné le nom de chlorose se rapproche beaucoup du précédent et il a même été pendant longtemps confondu avec lui. La chlorose est l'anémie des jeunes filles; elle est caractérisée par la diminution des globules du sang. On croyait autrefois que cette affection a jjour cause la diminution de la quantité de fer que ce liquide contient, mais il est démontré aujourd'hui qu'elle résulte simplement de ce fait que la quantité des globules décroît sensiblement. De 127 pour 1000, leur moyenne habituelle, ils peuvent descendre à 60 et 50 seulement. Mais, pour un môme poids, ces globules contiennent autant de fer qu'à l'état normal.

Les recherches récemment faites par Duncan, en Allemagne, semblent démontrer qu'outre la diminution qu'ils subissent dans leur nombre, les globules rouges éprouvent dans la chlorose des modifications caractérisées par l'altération de leur matière colorante. Or, comme c'est précisément cette matière colorante qui paraît être l'agent fixateur de l'oxygène de l'air dans la respiration, il s'ensuit que le sang qui contient déjà moins de globules qu'à l'état normal ne peut absorber une quantité suffisante d'oxygène et par suite se trouve impuissant à nourrir convenablement les tissus. Il en résulte non-seulement la décoloration de ces derniers, mais encore une perturbation plus ou moins profonde de leurs fonctions. L'estomac mal nourri ne sécrète pas la quantité de liquide nécessaire à la digestion , qui s'accomplit alors irrégulièrement. Les muscles recevant du sang dont la pauvreté en globules l'empêche de réparer immédiatement leurs pertes, arrivent, après le moindre exercice, à une fatigue qui ne se produit, à l'état normal, qu'à la suite d'un travail prolongé. Chaque organe éprouve ainsi dans ses fonctions des troubles plus ou moins profonds.

Maladies dans lesquelles le sang contient un excès de globules blancs. —

Chez les individus atteints d'hypertrophie de la rate et d'affections diverses, encore mal définies, du foie et des ganglions lymphatiques, on observe dans le sang un accroissement considérable du nombre des globules blancs. Dans les cas légers , au lieu

de 3 globules blancs environ pour 1000 globules rouges que ce liquide contient normalement, on en trouve de 60 à 100 et, dans les cas graves, de 500 à 700. On a fait de cet état particulier du sang une affection à laquelle on a donné le nom de leucocijtliémie, mais elle ne constitue en réalite' qu'un symptôme. Son diagnostic est en tout cas facile, puisqu'il suffit, pour reconnaître l'accroissement des globules blancs, d'examiner au microscope une goutte de sang qu'on a obtenue en piquant l'extrémité d'un doigt.

Maladies dans lesquelles la proportion des liquides que le sang contient est considérablement diminuée. — Parmi les affections dans lesquelles le sang éprouve des modifications que la science peut constater, nous citerons encore le choléra. Chez les malades qui en sont atteints, le sang perd une grande partie de son eau et s'épaissit tellement qu'il ne peut plus circuler. Cet arrêt de circul'ation a pour résultat la suspension de toutes les fonctions et par suite une mort rapide.

Transfusion du sang. Quand on vient à ouvrir un vaisseau important sur un animal vivant , on voit , à mesure que le sang s'écoule, les forces de l'animal graduellement décroître*, et quand il a perdu une quantité de liquide représentants à 6 p. 100 de son poids environ , les phénomènes vitaux s'éteignent et l'on n'a plus entre les mains qu'un cadavre. Si, dans les veines de l'être dont s'est ainsi retirée la vie, on injecte une certaine quantité de sang emprunté à un autre animal , ce cadavre revient à l'existence. Il y revient, même si la mort a eu lieu depuis un temps suffisant pour que la rigidité cadavérique se soit produite.

L'idée d'injecter du sang dans les organes d'un animal semble être venue à la pensée de plus d'un observateur. Ovide, dans ses Métamorphoses , fait proposer cette opération par la magicienne Médée aux filles du roi Pélos pour rajeunir leur père**. Mais ce n'est que dans les temps modernes qu'elle a été pratiquée avec succès. Expérimentée sur les animaux par divers médecins , elle fut tentée

*Les phénomènes que l'on observe successivement pendant une hémorrhagie sont les suivants: défaillance, refroidissement, diminution de la sensibilité, syncope. Si la perte de sang continue, la vie se retire de plus en plus du corps, les battements du cœur s'affaiblissent, la respiration se ralentit, l'insensibilité devient complète, et, après quelques mouvements convulsifs. la mort arrive. Chez les mammifères et les oiseaux, la mort se produit quelques instants après que l'écoulement du sang s'est arrêté. Chez les batraciens et les poissons, au contraire, elle n'amve qu'au bout de plusieurs heures. Des grenouilles auxquelles on a enlevé le cœur et toute la masse du sang vivent encore cinq à six heures.

** « Stringite, ait, gladios, veteremqiie haurlte cruorem, << Ut rejjleam vacuas juvemli sanijulne venas."

pour la première fois sur riiomine , le 15 juin 1667, à Paris, par un médecin nommé Denis. Le sang infusé était du sang de veau. L'opération réussit, mais elle fut suivie d'insuccès si nombreux, que le Parlement la défendit bientôt.

C'est de nos jours seulement que l'étude de la transfusion a été reprise. Pratiquée fort rarement, elle échoue le plus souvent, et cela uniquement, croyons-nous, par suite de l'imperfection des méthodes opératoires habituellement employées.

Les procédés recommandés dans la plupart des livres pour assurer le succès de la transfusion sont les suivants : 1° n'injecter chez un animal que du sang d'un animal de la même espèce, par consé([uent n'injecter à l'homme que du sang de l'homme; 2^ pratiquer la transfusion de bras à bras, en injectant dans les veines du sang provenant des veines.

En admettant qu'on trouve facilement des individus disposés à se laisser enlever la quantité de sang nécessaire pour la transfusion, le succès de cette opération, pratiquée suivant les indications qui précèdent, sera néanmoins toujours fort rare. Chacun sait, en elfet, que le sang extrait des vaisseaux se coagule très-vite. Quehjue rapidité que l'on apporte dans l'opération, on évitera diflicilement la coagulation et les conséquences redoutables * qui résultent habituellement de l'injection de sang coagulé dans les vaisseaux. En outre, le sang injecté étant du sang veineux, son pouvoir vivifiant est fort minime.

Les recherches de divers expérimentateurs ont prouvé que le sang privé de sa fibrine ne perd pas ses propriétés vivifiantes, dues uniquement, comme nous l'avons dit, aux globules, tandis qu'il perd alors le pouvoir de se coaguler.

En défibrinant le sang, opération qui consiste simplement à le battre avec un petit balai d'osier ou une baguette de verre tordue, non-seulement on le prive de sa fibrine, mais encore on lui fournit l'oxygène qui lui manquait, c'est-à-dire qu'on le transforme en sang artériel. En injectant dans les vaisseaux du sang ainsi préparé, on est certain qu'il ne se coagulera pas comme le ferait du

* Obstruction de l'artère pulmonaire si les caillots sont trop gros, ou d'une autre artère s'ils sont plus petits.

sang veineux et qu'il possédera, en outre, des propriétés vivifiantes bien supérieures à celles de ce dernier.

Malgré cette modification essentielle, l'opération serait d'une exécution difficile chez l'homme, si du sang humain était indispensable, comme on le répète souvent encore aujourd'hui et dans les ouvrages les plus récents. Mais les expériences de Brown- Séquart ont démontré que la transfusion faite avec du sang d'animaux d'une espèce peu différente de celle à laquelle appartient le sujet sur lequel on fait l'injection réussit parfaitement. Quand on opère sur l'homme, on peut, sans aucun inconvénient, employer le sang d'un mammifère quelconque , celui du mouton par exemple.

Les appareils proposés pour pratiquer la transfusion sont nombreux. Le plus simple et eu même temps le meilleur est la seringue ordinaire. Le sang, défibriné et oxygéné par le battement, doit être maintenu à une température de 37 degrés pour l'homme *, il faut n'injecter qu'une petite quantité à la fois et avoir soin , en remplissant la seringue , d'éviter d'y laisser entrer de l'air. On injecte le liquide le plus loin possible du cœur, dans une veine d'un membre inférieur par exemple, en ayant soin de pousser l'injection lentement, sous peine de provoquer des accidents.

Telles sont les règles bien simples à suivre dans cette opération pour en amener le succès. Lorsqu'elles seront plus connues des médecins, la transfusion, qui n'est guère aujourd'hui qu'un sujet d'expérimentation, deviendra certainement une des plus utiles ressources de la thérapeutique. Il suffit , pour s'en convaincre , de rappeler les mémorables expériences de Brown-Séquart sur ce point. En pratiquant des injections de sang défibriné et oxygéné dans les vaisseaux du tronc et de la tête d'animaux décapités , ce physiologiste a vu la rigidité disparaître et la contractilité , la coloration des tissus, les battements des artères^ les mouvements, toutes les propriétés vitales, en un mot, qu'on aurait pu croire anéan-

* Il vaut mieux maintenii" le sang un peu au-dessous plutôt qu'au-dessus de cette tempe'rature. Une simple élévation de 4 à 5 degrés le prive complètement de ses propriétés vivifiantes.

lies à jamais, graduellement renaître*. Les fonctions du cerveau, l'intelligence et la pensée renaîtraient-elles également dans une tête humaine dans les artères de laquelle on ferait une injection continue? Par analogie, il est permis de le croire, bien que l'expérience n'ait pas été encore faite. Le professeur Vulpian dit à ce sujet : « Si un savant tentait cette expérience sur une tète de supplicié, il assisterait à un grand et terrible spectacle: il pourrait rendre à cette tête ses fonctions cérébrales; il pourrait réveiller, dans les yeux et les muscles faciaux, les mouvements qui, chez l'homme, sont provoqués par les passions et les pensées dont le cerveau est le foyer. »

Rendre à volonté à l'être organisé qui l'avait fatalement perdue cette chose si immatérielle en apparence , nommée la vie , en un mot , ressusciter un cadavre , constitue assurément une des plus remarquables expériences — la plus remarquable peut-être — de la physiologie tout entière et une de celles qui doivent le plus prêter aux méditations des philosophes et des médecins.

C'est un sujet bien peu connu que la mort**, et qui, cependant , plus que tout autre, mériterait d'attirer nos recherches. Les observations faites par quelques expérimentateurs isolés nous laissent

* Brown-Séquart rapporte de la façon suivante une de ses plus remarquables expe'riences : « Je décapitai un chien en ayant soin de faire la section au-dessous de l'endroit où les artères vertébrales pénètrent dans leur canal osseux... Dix minutes après la cessation des mouvements respiratoires des narines, des lèvres et de la mâchoire inférieure, j'adaptai aux quatre trous artériels de la tête des canules qui étaient en rapport par des tubes en caoutchouc avec un cylindre en cuivre par lequel j'injectai du sang chargé d'oxygène à l'aide d'une seringue. En deux ou trois minutes, après quelques légers mouvements désordonnés, je vis apparaître des mouvements des yeux et des muscles de la face qui semblaieiit être dirigés par la volonté. Je prolongeai l'expérience un quart d'heure, et, durant toute cette période, ces mouvements, en apparence volontaires , continuèrent d'avoir lieu. Après avoir cessé l'injection , ces mouvements cessèrent et furent bientôt remplacés par des convulsions des yeux et de la face, par les mouvements respiratoires des narines, des lèvres et des mâchoires, et ensuite par les tremblements de l'agonie. La pupille se dilata et se resseiTa ensuite comme dans la mort ordinaire. »

Dès 1812, Legallois avait prouvé qu'eu réduisant un animal en tronçons plus ou moins nombreux, il est toujours possible de faire vivre séparément chacun de ces tronçons. Dans la poitrine isolée d'un lapin, il parvint à entretenir la vie pendant plusieurs jours.

** Dans diverses parties de cet ouvrage , notamment dans notre chapitre sur l'asphyxie, nous avons exposé le résumé de nos recherches personnelles sur la mort et sur les conditions dans lesquelles elle se manifeste habituellement. Nous y renvoyons le lecteur.

THYSIOLOGIE HUMAINE.

entrevoir à quelles conséquences pourraient conduire des recherches persévérantes tentées dans cette voie. Avant les conquêtes de la physiologie moderne , nul n'aui^ait pu ravir à l'inexorable destructrice des choses l'être vivant dont elle avait fait sa proie. Il n'en est plus toujours de même aujourd'hui. Sans do.ite, les résultats obtenus sont bien minimes encore; mais qui peut dire ce qu'ils seront un jour?

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