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DÉCOUVERTES QUI ONT CONDUIT A LA CONNAISSANCE DE LA COMPOSITION

Les anciens considéraient l'air comme un des quatre éléments d'oii dérivent tous les corps. Son influence sur^ l'homme était connue, car Hippocrate considérait ses altérations comme la cause principale des maladies.

La chimie naissante du moyen âge n'eut pendant longtemps que des notions confuses sur l'air. Au dix-septième siècle. Van Helmont reconnut l'existence de l'acide carbonique, auquel il attribua avec raison l'action nuisible de l'atmosphère des celliers. Rey constata ({ue les métaux chauffés au contact de l'atmosphère augmentaient de poids, par suite de leur combinaison avec un de ses principes. Il découvrit également (jue l'air est un corps pesant, ce qui avait été nié avant lui et fut contesté encore jusqu'au jour oii Torricelli fit connaître ses mémorables expériences. Enfin, au dix-huitième siècle, Priestley et Scheele isolèrent l'oxygène par décomposition des oxydes, et à l'époque où Lavoisier publia ses travaux, on savait

* Si la terre était représentée par une sphère de 10 mètres de diamètre, l'atmosphère serait repre'sentëe par une couche d'un peu moins de 4 centimètres d'épaisseur.

que l'atmosphère contient un gaz impropre à la respiration (l'azote), un gaz indispensable à la respiration et qu'on croyait former le quart de son poids (l'oxygène), et un acide particulier (l'acide carbonique), en très-petite proportion.

En prenant pour base les découvertes précédentes, le dernier des illustres chimistes que nous venons de nommer fit, en 1777, sur l'atmosphère et le rôle qu'elle joue dans la respiration et la combustion une série de travaux qui fixèrent la science sur cette question.

Nous voyons par cet exposé rapide que Lavoisier n'a nullement découvert la composition de l'air, comme on le dit généralement, et surtout qu'il n'a pas créé la chimie de toutes pièces, comme les livres classiques le répètent à l'envi. Des indications de cette sorte ne peuvent que fausser le jugement de ceux qui les acceptent, en leur donnant les notions les plus erronées sur la marche habituelle du progrès. Il n'est pas de science — et la chimie surtout — qui puisse sortir du cerveau d'un seul homme, pas même d'invention, ni l'imprimerie, ni la machine à vapeur, ni la télégraphie électrique, qu'un seul individu ait pu créer de toutes pièces, comme le croit le vulgaire. Des découvertes pareilles ne sont que le résultat d'une longue série de découvertes accessoires, et les fondements scientifiques sur lesquels elles s'élèvent ont exigé le concours de travailleurs nombreux.

Mais si les découvertes proprement dites de Lavoisier en chimie sont minimes, les conséquences qu'il sut tirer de faits lentement amassés pendant les siècles qui le précédèrent sont, au contraire, immenses, et tant que la chimie vivra, le nom de ce profond penseur traversera les âges.

La première expérience que fit Lavoisier pour fixer la composition de l'atmosphère mérite d'être rapportée. En faisant chauffer plusieurs jours du mercure dans un ballon (pii communiquait avec une cloche reposant sur le même métal et contenant un volume d'air connu , il vit le mercure du ballon se couvrir de parcelles rouges, dont le nombre cessa bientôt de s'accroître. Ces parcelles étaient constituées par de l'oxyde de mercure formé aux dépens de l'oxygène de l'air de la cloche, lequel, naturellement, diminua de volume et

finit par ne plus occuper que les quatre cinquièmes de l'espace qu'il remplissait d'abord. Réduit de volume et devenu impropre à entretenir la combustion et la respiration , l'air de la cloche avait évidemment perdu quelque principe constituant, qui s'était sans doute tixé sur le mercure. Pour s'en convaincre , Lavoisier fit chaufTer les parcelles rouges qu'il avait recueillies à la surface de ce liquide et en retira un gaz qui avait les mêmes propriétés que l'air, mais à un degré plus énergique. C'était l'oxygène. Quant au gaz resté dans la cloche après la transformation du mercure du ballon en oxyde rouge, c'était l'azote.

En répétant et variant cette expérience, Lavoisier arriva à doser exactement les principes constituants de l'atmosphère.

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