La vie humaine de N.S. Jésus-Christ [microform]
Ge livre est purement historique. II se borne a relater les fails qui ont marque le passage de N.-S. Jesus-Christ sur la terre; mais il cherche aussi a les raccorder les uns aux autres d'apres 1'ordre chronologique et a en preciser les circonstances et .les details grace a tons les elements d'information que 1'exegese chretienne a mis en lumiere, partieulierement dans ces derniers temps.
A aucun degre il ne tend a tirer de ces fails des consequences dogmatiques ou meme morales; cette mission n'appartient qu'aux docteurs de 1'figlise et elle se reniplit depuis pres de 1900 ans et continue a se remplir chaque jour tres dignement. A cet egard la France occupe dans le monde chretien un rang ires eminent.
Au point de vue striclement historique, an contraire, elle n'a pas une position aussi remarquable.
Ce n'est pas pourlant que Jes ouvrages ecrits en langue franchise sur la vie de Jesus ne soient nombreux; mais, parmi les auteurs de ces ouvrages, les uns, ecrivains rationalistes, negateurs de la divinity et par consequent des miracles de Jesus, ont reduit I'histoire de sa vie a quelques rares fails ou meme ont absolument conteste la realite de cette vie; les autres, hommes d'eglise domirtes par le sentiment de leur apostolat, ont cherehe beaucoup plus a faire ressortir dialectiquement la divinite de Jesus qu ? a faire une narration bien suivie de ses actes 1 .
Bref, on peut dire qu'aujourd'hui, en France (et c'est un reproche que l<5s adversaires de la foi chretienne aiment a formuler), bien rares parmi les iideles sont ceux qui/lisant ou entendant a Teglise des extraits des evangiles, pourraient dire a quel moment de la vie de Jesus ou meme en quel lieu se
1 II convient de faire une exception pour I'Abbg Fouard dont la Vie de N.-S. Jesus-Christ fut, a 1'epoque ou elle parut (1870), line tres, . belle etude historique; son succes fut, d'ailleurs, tres considerable tant en France qu'a 1'etranger. Mais depuis lors 1'exegese chretienne a r^alis^ de tres grands progres, et ses re'centes cpnstatations permettent d'ecrire sur la vie terrestre de Notre-Seigneur un rficit mieux docuniente", se r^partissant mieux surtdut entre les trente et quelques annees que, fait nomine, il a vecues parmi nous. Les- ouvrages posterieurs du Pere Didon, de ilgr Le Camus, de I'abb6 Pillion, quoiqu'ils . tiennent compte de plusieurs des derniers rdsultats obtenus par 1'exegese et soient remarquables a divers litres, ne sont guere historiques;- c'est a peine si de loin en loin on trouve dans ces ouvrages un effort pour de'gager la date precise d'un fait de la^vie de N.-S. Quant aux commentaires du Pere Dominicain M. J. Lagrange, sur les trois evangiles synoptiques, ces commentaires qui sont de la -plus haute valeur aux points de vue philologique et doctrinal, ne visent nullement a faire un recit suivi et chronologiquement ordonn6.
sorit passes Jes Episodes racontes dans ces eitraits, Cette ignorance et le peu d'efforts qui ont e"te faits en France pour la combattre ont per mis a un savant e"crivain francjais, de religion Israelite, de formuler, il y a quelques annees, 1'assertion : Le Christ historique est insaisissable*, assertion qui n'a pas ete, pensons-nous, suffisamment relevee*. La juste re"ponise ne peut etre qu'un recit pleinement chronologique des actes de Notre-Seigneur sur cetle terre; c'est ce recit que nous avons essaye d'ecrire.
De toutes les sources auxquelles doit puiser celui qui veut reconstituer historiquement la vie terrestre de Jesus, la plus importante de beaucoup est, cela va de soi, la serie des quatre evangiles canoniques. Nous les tenons, tels que nous les possedons aujourd'hui, pour par faitement veridiques, en depit des arguments que 1'ecole rationaliste fait valoir centre leur valeur dpcumentaire. Naturellement, cette ecole n'admettant pas la divinit^ de Jesus rejette dans Treuvre evangelique comme controuve tout ce qui a trait a la puissance miraculeuse de celui-ci. Mais elle va plus loin ; elle conteste au reste de cette oauvre toute portee serieuse, en fondant ses attaques sur les deux arguments suivants :
1 SALOMON REINACH, Orpheus, chap, vm, par. 27. ;
8 Le Pre J.-M. Lagrangea publi6 quelques remarques sur I'Orpheus de M. Salomon Reinach, raais en se bornant a discuter certains points de detail; il ne s'est pas attaqui a la these generale antl-chr<$tienne de 1'ouvrage.
II y a, dit-elle, dans les evahgiles canoniques, nombre d'assertions qui sont absolument inconciliables a^ec les fails proclames certains par la science historique; et, en second lieu, les quatre. evangelistes se conlredisent les uns les autres, non seulement en classant dans un ordre different les evenements qu'ils racontent, mais en donnant de ces evements des versions si diverses qu'il est impossible de coorddnner celles-ci dans un tout logique.
L'oeuvre evangelique est done en grande partie, sinon dans sa totalite,. un produit d'imagination fantaisiste.
En ce qui concerne le premier de ces arguments, 1'exegese ehretienne a reussi, dans ces derniers temps, a demontrer peremploirement que plusieurs des fails historiques allegues a Tencontre de la veracite des evangiles sont tout a fait conciliates ayec les assertions pretendues inexactes contenues dans ceux-ci; nous aurons, dans le cours de ce travail, a signaler un certain nombre de ces conciliations; et il ne convient pas de douter que I'exegese, en
poursuivant ses efforts, parviendra a faire apparaitre comme justes les autres assertions qui qnt encore a 1'heure actuelle Tapparence d'erreurs .historiques.
Quant aux divergences qui ont ete relevees entre les dires respectifs des quatre evangelistes, elles n'ont, si on les examine de plus pres, rien de contra-
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dictoire; elles s'expliquent meme assez aisement si 1'on tient compte des conditions tres dissemblables dans lesquelles chacun des quatre evangelistes a compose son oeuvre.
Saint Matthieu, un des douze apotres, ecrivant dix ou quihze ans apres 1'ascension de Jesus, n'a pas voulu faire uiie histoire de la vie de son maitre : il ne s'est attache qu'a consigner d'une maniere ferme les enseignements de celui-ci dans la crainte sans doute que, abandonnes a des transmissions peu autorisees, ils ne vinssent vite a subir des deformations.. Pour saint Matthieu, les fails ne sont qu'un cadre qu'il faut disposer pour mettre en relief les paroles de Jesus; il ne donne done place dans son recit qu'aux evenements qui lui sont commodes pour presenter sous un jour propice la parole du Maitre. C'est ainsi que pour toute la periode de trois annees qui separe le bapteme de Jesus de son voyage supreme a Jerusalem, il reste absolument muel sur les divers sejours de celui-ci en Judee et ne prend texte que d'evenements survenus en Galilee ou dans la Decapole; et encore range-t-il ces evenements sans suivre 1'ordre des dates, au simple gre de son inspiration. Au moment ou ecrivait saint Matthieu, cette methode fort peu historique n'avait pas grand inconvenient, car tous ses lecteurs etant des Juifs de Palestine etaient a meme, par leurs propres moyens, de reconstituer la vie entiere de Jesus et d'y replacer
a leurs vraies dates, avec les details cpmplementaires utileSjles scenes deplacees par saint Matthieu pour la clarte de son expose.
L'evangile de saint Matthieu 1 , ecrit en langue arameenne 4 , etait, nous Tavons dit, destine" primitivemerit aux seuls Juifs de Palestine; la propagation de la doctrine chretienne parmi les Juifs emigres au loin et les Gentils gagnes au judaisme demandait un autre evangile mieux approprie a la mentalite de ceux-ci; il fut compose, a Rome, avant ou apres 1'evangile de saint Matthieu la question a peu d'importance 3 par un disciple de saint Pierre, uh
1 Par simplification, nous disons : dvangile de saint Matthieu (ou de saint Marc ou de saint Luc ou de saint Jean) ; mais le titre- exact est dvangile selon saint Matthieu, etc., -c'est-ardire evangile de Je"sus redige par saint Matthieu ou saint Marc, etc.-
8 L' original est perdu; mais nous pbssedons une traduction grecque presque contemporaine qui a la m6me valeur que 1' original. La langue arameenne ou syro-chaldaique avait depuis leur captivite a Babylone supplante chez les Juifs la langue hebreue.
5 L'opinion universellement recue autrefois d'apres le temoignage des anciens Peres de rEglise etait que saint Marc de"rivait de saint .Matthieu et qu'il n'aurait ifait qu'adapter I'evangile de ce dernier a la mentalite des Chretiens d'Occident. Aujourd'hui de nombreux critiques, s'appuyant sur des considerations philologiques, pr^terident que saint . Matthieu et saint Marc sont conipletement independants 1'un de 1'autre; ils- deriveraient tous deux d'un evangile prototype- depuis Ibngtemps perdu et qui aurait 6te un de ces Merits auxquels fait allusion saint Luc au debut de son evangile (Luc, I). Quelques critiques vont plus loin et disent que saint Matthieu aurait connu le texte de saint Marc et s'en serait servi; cette conclusion manque de vraisemblance ; mais ce qui peut se soutenir avec chance de probabilite, c'est que le traducteur grec de saint Matthieu a travaille en ayant sous les yeux I'evangile de saint Marc; un helle'nisant de Palestine n'aurait pas eu I'id^e d'employer des latinismes tels que xoSpavTYj? (quadrcms], 'HpwBiavoi; (Herodianus), xt'vao? (census) et <ppctYeXX6u>, flagellare (MATTHIEU, V, 26 ; XXII, 16 et 19;-et XXVII, 26), s'ils ne.lui avaient pas 6t6 fournis parun
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Juif de Jerusalem, nomme Jean, qui, a son arrivee en Italic, avail pris le surnom latin de. Marc '* Ecrit dans cette langue grecque tres hebraisee qui etait 1'idiome d.e Immigration juive, mais en meme temps fortement teinte de latinismes, 1'evangile de saint Marc, malgreV de tres grandes ressemblances avec celui de saint Matthieu, a une tendance tout autre ; n'accordarit qu'une place relativement etroite aux enseignements de Jesus, il fait, par centre, ressortir vigoureusement la toute-puissance miraculeuse de celui-ci de fagon a 1'elever dans 1'esprit de ses lecteurs a une hauteur oii ils ne puissent plus faire aucun rapprochement entre lui et les de"ites pa'iennes dont les cultes foisonnaient en Occident.
Le but que poursuivait saint Marc lui permettait d'ecrire une narration continue de toute 1'activite de Jesus pendant sa vie publique et de suivre dans cette narration 1'ordre chronologique. Mais, en fait, , saint Marc, dans son evangile, n'a relate que deux episodes 2 en plus de ceux que nous trouvons chez saint Matlhieu, et il n'a observe exactement 1'ordre des dates que pour le recit des miracles accomplis par Jesus sur les bofds du lac de Genesareth pendant la premiere partie de 1'annee 28 de notre ere.
devancier (MARC, XII, 13, 14 et 42; et XY, 15). Les mots grecs correspondants, et qui eiaient alors d'usage en~ Palestine, sont Xeirr6v five, XII, 59); 'HpwBeTo? (JOSEPHE, Guerre Juive, li-vre I w , chap. 16, par. 6) ?6po; (L0c, XX, 22) ; (taatiY^w (Lcc r XYin, 33).
1 Acles des Apdtres, XII, 12. '
8 MAHC, VII, 32-35, et VIII, 22-26.
Bref , j'evangile de saint Marc, quoique contenant beaucoup de details tres precieux pour notre documentation, ne suffit pas, meme combine avec celui de saint Matthieu, a nous donner les elements neces-^ saires pour le trace d'un simple graphique approximatif des voyages de Jesus sur la terre.
C'est cette insuffisance qui amena saint Luc, medecin grec d'Antioche converti a la doctrine de Jesus, a ecrire un.troisieme evangile, et, cette fois, dans la forme historique. line trentaine d'annees s'etaient alors ecoulees depuis T Ascension, et chacune de ces annees avait vu diminuer le nombre de ceux qui pouvaient retablir 1'ordre des faits intervertis par saint Matthieu et saint Marc et combler les grands vides laisses par eux. Une narration Men ordonne'e des actes accomplis par Jesus sur la terre devenait.eminemment desirable ; saint Luc entreprit de la faire.
Plusieurs , a-t-il ecrit dans le preambule de son evangile, ont mis la main a la composition '. d'un expose des grands faits qui furent de toute certitude accomplis parmi nous, et ils ont fait ce travail d'apres les informations que nous ont transmises ceux qui furent, des le debut, temoins oculaires de ces faits et ouvriers du verbe 1 . Mais ces exposes ne
1 Luc, I, 1 et 2 : IIoMvol liK%ipir\GM avaTa|aff8ai StviyYifftv itep\ tffiv Iv Y)(j.tv Tta^dcTwy, xaGeb; naplSoaav ^JJAIV ol 7t
xa\ 6n?)peTai yev6(jLevoi TOO Xoyou. II convient de relever dans cette phrase le mot ueuXripo^opYiiJLlvwv, certifies comme ayant 6U accomplis.
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repohdaient pas bien a Tidee qu'avait saint Luc de ce que devait etre un recit des actes de Jesus sur la terre. II jugea done bon, apres avoir soigneusement etudie tous ces actes depuis leur commencement, d'en ecrire, a son tour, un recit; mais il 1'ecrivit en suivant 1'ordre chronologique des fails, de telle sorte que ses lecteurs chreliens pussent, en le lisant, reconnaitre la solidite des enseignements religieux qui leur avaient ete donnes 1 .
-. Malheureusement pour nous, et sans que nous puissions ,en donner la raison 8 , 1'evangile de saint Luc presente de nombreuses lacunes; des fails tres importants sont passes sous silence ou indiques par des allusions tellement vagues qu'on a grand' peine a les discerner;, nous pouvons citer comme exemples la fuite en %ypte, le voyage en Phenicie et Syrie, la guerison de Taveugle-ne et surtout la resurrection
1 Luc, II, 5 : "E6o$e xajiot irapi)xo).ou6Y]x6Tt avwOev uaatv axpt6t5; xaO.E^Tj; GQI Ypa^at* xpattcrTe @e<5iptXe, iva ITCIYVW; i^ep\ wv Y.y.Tt\yjfflt\i; /.oyuv TYIV iffipaXeiav, il m'a pant bon & moi aussi qui, partant du principe, ai suivi exactemenl tous les fails, de t 'ecrire ceux-ci par ordre siiccessif, de fagon, excellent The"ophile, que tu reconnaisses la solidite des paroles au tujet desquelles* lu fus catechise. Theophile parait avoir et6 un homme important rficemment convert! au christianisrae.
2 Des fragments du manuscrit initial furent-ils perdus? Une opinion trfes autorisSe est que les copistes primitifs abr^gerent le texte de saint Luc pour faire tenir son evahgile sur un seul rouleau de papyrus; la longueur de ces rouleaux n'etant pas indefinie, il aurait fallu, pour ne pas la depasser, supprimer dans la copie plusieurs passages du manuscrit de saint Luc: Tel qu'il est aujourd'hui en notre possession, 1'evangile de saint Luc est plus long que n'importe lequel des troisautres; il complellSl versets, tandis que celui selon saint Matthieu, le deuxieme en longueur, n'en compte dans son texte grec acluel que 1070.
de Lazare. II faut aussi depjorer que pour la derniere arinee precedant la Passion, le recit de saint Luc, quoique tres etendu, soil tellement hache et saccade, que, si nous n'avions pas sur cette periode d'autres informations que les siennes, nous se'riohs incapables de suivre les pas de Jesus dans les nombreuses peregrinations qu'il fit alors.
Les lacunes de saint Luc ne pouvaient mahquer de frapper bientot Tattention des chretieris, qui, vu le recul progressif du temps, desiraient de plus en plus posseder des donnees ecrites aussi completes et sures que possible sur la vie de Jesus. Aussi, vers la fin du premier siecle de noire ere, un certain nombre d'eveques solliciterent Tapotre Jean, dernier survivant des disciples de la premiere heure, d'ecrire un quatrieme evangile qui fut le complement des trois autres 1 . L'apotre se rendit a ce voeu et son ouvrage ecrit en grec est bien, en effet, un
complement; ce n'est pas une hisloire'reguliere, mais une serie de fragments distincts, a peine rattaches les uns aux autres par de laches sutures. On s'aper- 9oit tout de suite, a la lecture de ce livre, que, sauf pour trois ou quatre evenements de majeure importance le baple"me de Jesus, la premiere multiplication des pains, la pas sion et la resurrection,
1 D'apresle document de la fin du n e siecle de notre ere, connusous le nom de Canon de Muf atari, 1'apotre Andre encore viyant aurait ete ,un de ceux qui solliciterent saint Jean. II est probable que le Canon a confondu un -autre Andre" avec I'ap&tre.
saint Jean a tenu a ecfire des choses inedites et qu'il a omis a dessein de reproduire les dires de ses prede"cesseurs; il se' relie seulement a eux au moyen d'allusions qui, pour^ les contemporains, etaient suffisamment limpides, mais dont beaucoup sont devenues pour nous profondement obscures.
. Tel qu'il est, 1'evangile de saint Jean est un document historique d'une valeur incomparable; pourtant, m^me joint aux trois autres evangiles canoniques, il est loin de nous donner loutes les notions qu'il faudrait pour reconstituer integralement la vie humaine de Jesus; saint Jean 1'a declare lui-meme en cloturant son evangile par cette remarque, d'ailleurs hyperbolique : II y a encore beaucoup d'autres choses que Jesus a faites. Si elles etaient ecrites en detail, je ne pense pas que 1'univers lui-meme pourrait contenir les livres ou elles seraient exposees 1 .
De fait, les autres livres du Nouveau Testament, par exemple les Acles des Apdtres-.et les fipitres de saint Paul, cohtiennent sur la vie de Jesus maints traits qui ne se trouvent pas dans les evangiles*, et Jesus lui-me"me nous a donne Tavis que pour bien reconstituer sa vie sur terre il faut tenir compte de
2 Actes des Apdtres, I, 4-11 et 6-19; II, 24; V, 30; XX, 35. Premiere aux Corinthiens, XI, 23-26; XV, 5-8; Seconde aux Connthiens, VIH, 9; tipttre aux Philippiens, II, 7; Epttre aux Hebreux, V, 7 ; X, 5 et suivants.
tout ce qui a ete dit prophetiquement de lui dans TAncien Testament par Moise et les prophetes 1 .
II est vrai que pour tirer parti de celte tres riche source d'informations, une grande sagacite est necessaire, car tous ces textes prophetiques eoncus en langage figure ont besoin d'etre interpreted, et, en dehors de ceux dont ]e sens nous a ete fixe par le Nouyeau Testament, nous sommes, pour leur interpretation, accules le plus souvent a de pures conjee- ' tures. Neanmoins, il ne faut pas negliger cettesource.
Enfin, comme derniere documentation, il .con- . vient de citer les auteurs profanes contemporains de Jesus on ayant vecu peu apres lui; sans doute, ils n'ont pas explicitement parle de Jesus, mais ils ont relate les evenements politiques qui se passerent de son temps, en Palestine et dans le reste de 1'Empire romain; or, une etude historique sur Jesus repondrait mal a son objet si elle ne cherchait pas a situer exactement les eveifements particuliers de cette vie dans la succession des evenements generaux que nous decrit Thistoire universelle. Les evangelistes nous ont donne a cet egard quelques indications, mais la justesse en est niee par la critique rationaliste qui pretend (nous 1'avons dit plus haut) qu'elles sont inconciliables ayec les fails reputes
1 Luc, XXIV, 25-27.
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acquis. II faut maintenant retorquer cette these en se servant precisement des ecrits et des autres monuments profanes de 1'epoque. Deja l'exgese chretienne a pu, grace -a eux, aplanir un certain nombre des oppositions signalees, et, apres ces premiers resullats, il n'est pas a douter, nous le repe tons ici, que de nouvelles decouvertes et constatations fourniront les moyens utiles pour faire disparaitre les derniers obstacles a une conciliation.
Nous serions trop heureux si nos modestes efforts tpouvaient contribuer pour une petite part a cet heureux denouement et mettaient ainsi davantage en lumiere, ne fut-ce que par un seul rayon, I'historide la vie humaine de Jesus.
Bibliographie. Le nombre des ouvrages publics sur Jesus est immense; pour ne pas grossir demesurement ce volume par des references, nous ne mentionneroris en note que des passages de TEcriture Sainte. Geux qui voudront se faire une idee de ce qui a ete ecrit dans le genre historique sur J6sus n'ont qu'a jeter un coup d'oeil sur les veritables catalogues qui precedent chaque chapitre de I'Histoire du peuple juif au Ale de Jesus-Christ (Ges-
14" LA YIE HISTORIQUE DE N.-S-'jeSUS-CHRlST. - -<-/ '
chichte des j udischen Volkes im Zeitalter J^su Christi) de Schiirer, ou sur les index ajoutes par M. Guignebert a ses diverses publications sur J6sus, ou sur les bibliographies mises par le pere J.-M. Lagrange en te~te de ses trois commenta ires sur les Evarigiles.