‹ La vie humaine de N.S. Jésus-Christ [microform]Chapitre 36 sur 72 · MARC, HI, 2; LDO, VI · texte numérisé non relu

MARC, HI, 2; LDO, VI

3 Ibidem et MATTHIEU, XII, 10. -

Jesus ne repondit pas a leur question, mais, s'adressant a 1'homme qui etait assis un peu plus loin dans 1'assistance : Leve-toi, lui dit-il, et viens au milieu de 1'espace vide pres de moi 1 .

L'homme ayant obei, Jesus retorqua aux pharisiens leur question : Je YOUS le demande, qu'est-il permis de faire le jour du sabbat : le bien ou le mal? de sauver une ame ou de la tuer 1 ? Les pharisiens ne repondaient pas; Jesus poursuivit : Quel est celui d'entre vous qui n'ayant qu'une seule brebis ne s'empresse, si elle tombe dans un fosse le jour du sabbat, de la saisir et de Ten retirer? La casuistique admettait cette derogation a la regie de Tinaction sabbatique. Or, de combien un homme l'emporte-t-il sur une brebis? II est done permis de faire du bien a un homme le jour du sabbat 3 . ,

Comme les pharisiens continuaient a garder le silence, Jesus promena sur eux un regard courrouce; il etail afflige de 1'endurcissement de ces hommes pour qui la charite ne comptait pas*. Puis, se tournant vers Finfirme, il lui dit : Etends ta main .. L'homme obei-l et aussitot sa main droite redeviiit aussi saine et aussi vivante que sa main gauche 8 .

Sans doute il fut rempli de gratitude et d'admi-

2 MARC, III, 4; Luc, VI, 9. Au lieu du mot tuer employe par saint Marc, saint Luc dit perdrc.

3 MATTHIEU, XII, 11 et 12. Un raisonnement semblablc est place par saint Luc dans la bouche de Jesus, 1'annee suivante, a propos d'une autre guerison faite un jour de sabbat (Luc, XIV, 5). Voir chapitre LI.

5 MATTHIEU, XII, 15; MARC, III, 5; Luc, VI, 10.

ration pour Jesus, et une bonne partie de Tassistance eprouva des sentiments analogues 1 . Au contraire, les pharisiens dont la casuistique venait d'etre bafouee etaient au comble de la fureur; etau sortir de la synagogue ils se consultaient les uns les aulres sur le moyen de prendre une revanche mortelle contre ce Jesus qui en toutes occasions tournait si aisement en ridicule leurs prejuges et leurs intolerances. Leur fureur etait tellement violente qu'elle les poussa a prendre une determination lout a fait contraire a leurs principes de rigorisme; refoulant les repugnances qu'ils avaient contre tout contact avec des gens consideres comme schismatiques, ils allerent trouver des fonctionnaires du gouvernement herodien en residence dans la ville et solliciterent leur concours afin de mettre Jesus a mort*. II se rendaient bien compte que, sans Tappui de 1'autorite locale, ils ne pourraient avoir raison de Jesus, vu I'enthousiasme qu'il avail excite dans une si grande partie de la population.

Que les herodiens fussent en general portes a la malveillance contre Jesus, c'etait naturel; attaches a un prince despotique, ils ne pouvaient contempler d'une humeur tranquille comment allait croissant dans certains districts de Galilee la popularite d'un homme qui annongait au peuple la venue prochaine d'un royaume nouveau, fut-il celeste. En outre, cet homme prSchait la penitence; n'allait-il

1 Ce trait n'est pas dans 1'Evangile, il ressort du texte de saint Luc qui par 1'adverbe 8k \ient opposer la conduite des pharisiens k celle de 1'infirme ot d'autres personnes pr^sentes, AUTOI 8k avo(a ? (VI,ll).

pas quelque jour reprendre le theme de Jean-Baptisle et sommer le letrarque de renvoyer sa femme incestueuse? Neanmoins les herodiens durent declarer aux pharisiens que pour le moment rien dans la conduite de Jesus ne pouvait donner lieu a une action legale ; c'etait, par des moyens prives, un guet-apens ou quelque chose d'analogue, qu'il convenait de se debarrasser de Jesus. Le tetrarque etait alors au loin, a Machero, au sud de la Peree; lui demander et recevoir de lui des instructions prendrait beaucoup de temps ; mais comme les fonctionnaires herodiens etaient stirs de ne pas e"tre de"sapprouves s'ils aidaient a cloturer la carriere d'un agitateur populaire autrement caplivant et redoutable que le Baptiste, ils promirent aux pharisiens Jeur concours.

Jesus fut vite mis au fait de ces machinations 1 . II n'y avail pas pour lui d'inleret a les affronter; a quoi bon, en effet, rester a Capharnaiim pour y coritinuer ayec les pharisiens des discussions condamnees d'avance a ne produire sur eux aucun effet pratique? II decida done de quitter pour quelque temps la petite ville et d'aller porter son enseignement en d'autros lieux oil les resultats seraient plus feconds.

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