Bonnier, L'Audition-, Kostyleff, loc. cit
cessifs, petits et suspendus tels que les osselets, le liquide labyrinthique, les tympans cochléaires et la membrane de la fenêtre ronde aboutissant à une irritation continue de la papille. Ici encore, sous les sensations spécifiques, -il y a un ensemble qui leur sert de soutien.
La fonction vocale est en rapport si intime avec les sensations de son qu’il convient d’en dire quelques mots. Pour nous, la question se concentre sur le fait de la parole intérieure. Les discussions qui ont eu lieu sur sa nature peuvent être négligées ici sans aucun inconvénient, car il me semble que tout ce qui importe à notre étude peut être réduit à quelques propositions claires et incontestables. Les voici. La parole intérieure est nécessairement constituée par des images vocales, réductibles aux seules sensations des images motrices de l’organe de la voix. Les éléments moteurs, qui existent chez tout le monde, sont plus facilement perçus par quelques-uns (type moteur). Même remarque en ce qui concerne le chant intérieur, avec cette différence que la conscience du mouvement s’accentue davantage ; rythme, mesure,' vitesse, lenteur, affaiblissement, renforcement, etc.
Quel que soit le type prédominant — sensoriel ou moteur — le résultat est le même pour nous. Il y a un c< squelette » moteur, fragile ou résistant, suivant qu’il est constitué surtout par la kinesthésie auditive ou que la kinesthésie de l’organe de la voix vient renforcer l’autre.
Nous pouvons passer rapidement sur les autres sens spéciaux.
Dans le toucher proprement dit, les sensations de contact sont tellement emmêlées et impliquées dans les sensations kinesthétiques que, pendant des siècles, on a confondu les unes et les autres sous une domination commune; on distinguait tout au plus le toucher passif du toucher actif.
Dans les deux sens du goût et de l’odorat, on ne peut guère attribuer aux mouvements un rôle important. Cependant, la gustation est aidée par les mouvements de la langue et de la cavité buccale. Quand à l’organe olfactif, chez l’homme, il est pauvrement doué, très inférieur à celui de beaucoup d’animaux en qui l’aspiration des narines est renforcée par un appareil nerveux, sensoriel et moteur très développé. Dans un trai-
vail spécial! en m’appuyant sur des observations assez nombreuses, j’ai fait remarquer que la reviviscence des représentations olfactives et gustatives n’est pas fréquente sous la forme spontanée et plus rare encore par évocation volontaire, quoique certaines personnes en soient capables. Selon moi, cela s’explique par ce fait : que la reviviscence possible d’une représentation est, généralement, en raison directe de sa complexité et des éléments moteurs qu’elle contient.
Notre exploration à travers les diverses formes de la connaissance pour y signaler la présence des éléments moteurs, serait incomplète, si l’on oubliait les concepts. Leur rôle est un peu effacé, mais ils existent. Quelque opinion qu’on ait sur les processus psychiques qui engendrent les idees abstraites et générales, on ne peut se refuser à admettre qu’ils supposent deux choses : les signes et les données expérimentales dont elles sont la simplification et le substitut.