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Psychologie des sentiments, partie, ch. xi. (F. Alcan

Tb. Ribot. — Vie inconsciente. 2

Le signe peut être un mot ou un symbole conventionnel, comme dans les sciences. Durant le travail de la pensée abstraite, il y a ou une parole intérieure ou une vision intérieure de choses écrites, imprimées. Tout cela peut n’être que vaguement esquissé; mais, au fond, est fait d’images sonores ou visuelles. Nous savons ce qu’elles sont.

D’autre part, le signe, sous peine de n’être qu’un fantôme psychique, un rien, doit recouvrir un quantum d’expérience; il n’a de valeur que s’il est réductible à des états concrets ; il couvre un savoir potentiel qui est au-dessous de la conscience, mais n’en est pas pour cela moins actif.

En résumé, nous avons trouvé partout des mouvements ou des représentations de mouvements, et cela ne doit pas surprendre. L’activité motrice est la réponse que l’homme et les animaux font aux excitationsqui viennent du dehors ou du dedans. C’est leur part dans l’opération qui constitue les sensations et les perceptions; c’est parce qu’elle fait la synthèse des impressions sonores, colorées, tactiles, quelle en est la charpente et le soutien, le principe de perma-

iience, l’élément résistant qui n’a pas besoin de la conscience pour durer

Il serait désirable, maintenant, de soumettre

I hypothèse proposée à une vérification par les faits. Malheureusement, on en est réduit à produire des vraisemblances plutôt que des preuves.

II est vrai que, sans cela, notre thèse ne serait plus une hypothèse.

I- — Cherchons dans le mécanisme de l’association. Jusqu’ici nous avons traité les perceptions, images et concepts comme s’ils étaient des unités isolées. C’est un procédé commode pour l’étude analytique et il nous a servi à montrer que tous ces états renferment des éléments moteurs dans leur composition. La réalité est autre : il n’apparaît guère d’états de conscience isolée ; ils sont inséparables de leur rapport.

En raison de la loi d’irradiation ou de diffu-

1. Pour le moment, je reste confiné dans les opérations intellectuelles. Je m’abstiens de toute étude sur le rôle des mouvements et des images motrices dans la vie affective.

sion — énoncée plus haut — les mouvements deviennent le « tissu de soutien » de la vie psychique tout entière, l’analogue du tissu conjonctif dans la constitution des organes. Lés innombrables rapports sans lesquels notre vie psychique n’existerait pas ou ne serait qu’une succession de feux-follets, se font par eux et sont consolidés par eux.

La valeur psychologique des mouvements ayant été très longtemps méconnue, on a été conduit à une conception statique de la mémoire : celle des souvenirs conservés tout faits, celle des « empreintes » avec ses variantes dont les physiologistes sont principalement responsables. Actuellement, une explication dynamique tend à prévaloir. Plusieurs psychologues (Münsterberg, Godfernaux, Claparède, etc.), soutiennent que, au fond, toute association est une association de mouvements. En 1879, sans voir pourtant toute l’importance des mouvements, nous avons essayé d’expliquer le mécanisme de la mémoire par des « associations dynamiques » ; ce qui peut se résumer comme il suit, La mémoire suppose non seulement une modification des éléments nerveux, mais aussi et surtout la formation entre

eux d’associations déterminées pour chaque événement particulier, rétablissement de certaines associations qui, par la répétition, deviennent aussi stables que les connexions anatomiques primitives. Selon moi, ce qui importe comme base de la mémoire, ce n’est pas la modification imprimée à chaque élément, mais la manière dont plusieurs éléments se groupent pour former un complexus Ainsi la représentation nette d’un monument ou d’une personne consiste dans la réapparition simultanée et cohérente des images visuelles et des images kinesthétiques, issues d’une perception antérieure et dans la synthèse des actions nerveuses correspondantes, quelles qu’elles soient, et dans quelque partie du système nerveux (périphérique ou central) qu’elles soient situées.

Des expériences dues à Münsterberg tendent à prouver la grande importance des mouvements dans le mécanisme de l’association.

On discute, dit cet auteur, sur la question de savoir si outre la ressemblance interne des idées, il n’y a pas d’autres causes d’association telles que la

1. Pour une étude complète sur ce point, nous renvoyons à nos Maladies de la mémoire, ch. i, p. 18 et suiv.

simultanéité ou la succession. Il n’est pas douteux en fait qu’il y ait des association s. par succession (série de sons, de mots, d’événements), mais l’auteur croit pouvoir soutenir qu’il n’y a jamais d’association immédiate des représentations successives. La liaison d’impressions successives a, b, c, d peut avoir lieu de deux manières. Ou bien a n’a pas encore disparu de la conscience quand b y apparaît et ainsi de suite; alors c’est en réalité une simultanéité qui agit. Ou bien, chaque excitation produit un mouvement réflexe; par exemple une image verbale produit les mouvements d’articulation, ceux-ci un autre et ainsi de suite, en sorte que tous ces complexus de mouvements se lient entre eux. Si l’idée b suit l’idée a ce n’est pas parce que a éveille 6, comme on l’admet généralement, mais a suscite le mouvement A qui suscite le mouvement B et B éveille b dans la conscience; B suscite C et ainsi de suite.

Pour soumettre cette théorie au contrôle de l’expérience, l’auteur a recherché si les associations successives sont encore possibles lorsque l’on exclut l’exercice des mouvements concomitants aussi bien que la perception simultanée des termes voisins dans une série. Il a adopté le dispositif suivant : Un tableau noir sur lequel on peut faire glisser une bande noire de 2 décimètres qui présente une petite ouverture carrée; une ligne de lettres est écrite sur un tableau dont chacune apparaît successivement à travers l’ouverture par suite du glissement de la

LE ROLE LATENT DES IMAGES MOTRICES 3i

bande : chaque lettre reste visible une seconde. Ces lettres sont disposées de manière à ne former aucun mot et l’expérimentateur ne doit pas les connaître d’avance.

La première série d’expériences consiste à lire ces lettres, puis quand elles ont disparu, à les répéter aussi exactement que possible. On peut réussir avec des séries de 4, 5 et jusqu’à 10 lettres. Les séries de

4 à 7 lettres sont répétées exactement sans exception, au delà, il y a quelques erreurs.

La seconde série d’expériences consiste à procéder comme ci-devant, mais de plus tout en fixant son regard sur les lettres, le sujet doit calculer de tête à haute voix (exemple, additionner 7 - 1 - 7 , etc.), jusqu’à ce que la dernière lettre apparaisse. Dans ce cas, d’abord on ne peut pas dépasser la série de 7 lettres ; dans la série de 6 , il y a pour un tiers une lettre fausse; pour deux tiers la reproduction est exacte. Mais pour une série de 100 expériences avec 4 lettres, on trouve : 6 fois une lettre fausse, mais dans 52 cas l’ordre de reproduction des lettres est faux; avec

5 lettres, 64 cas d’ordre faux, avec 6 lettres 83 cas. ( Exemple l g h t a.u lieu de à 5 » H ; c ^5 i s e, au lieu de P s i c e, etc.

Faut-il attribuer la différence des deux cas à l’intervention de l’attention? L’auteur rejette cette hypothèse. D’après lui, les différences, dans le second cas, viennent de ce que l’appareil vocal est complètement séquestré, que les lettres ne peuvent être répétées et que, étant occupés à compter, nous

ne pouvons retenir intérieurement une lettre, quand la suivante se présente : L’association simultanée fait défaut, en même temps que l’exercice des mouvements : la conscience saisit bien les impressions successives et peut les reproduire, mais chacune d’elles reste isolée et l’une n’éveille pas l’autre.

Smith a fait des expériences analogues qui ont donné les mêmes résultats. Toutefois, il a employé un procédé qui ne permet pas l’objection possible d’une distraction qui serait causée par cette double opération. (Voir Année -psychologique, t. III, p. 458.)

Voici un petit fait que tout le monde a pu observer. On cherche le nom d’une personne ou d’une localité : on a conscience qu’il commence par une lettre déterminée, soit B ; c’est tout : on s’oriente sur cette piste. Plusieurs noms apparaissent tour à tour et sont réprouvés. Après plusieurs efforts infructueux, quelquefois spontanément, le mot entre enfin dans la conscience; il est trouvé. — Examinons ce petit fait. Les images motrices et visuelles ou sonores (ou les deux à la fois) qui constituent ce m.ot sont évoquées. Get élément psychique, si mince qu’il soit, a contracté antérieurement des rapports très nombreux avec d’autres éléments de son espèce, par suite, l’irradiation motrice peut se produire

dans plusieurs sens, évoquer des combinaisons de lettres qui ne sont pas celle qu’on sollicite. Nous dirons en termes physiolog'iques que les mêmes éléments entrent dans des combinaisons differentes, pouvant susciter des décharges en diverses directions : il suffît de circonstances infîniment petites pour mettre en activité un groupe au lieu d’un autre et produire en conséquence des effets différents. L’explication la plus simple et la plus vraisemblable nous semblera celle d un travail inconscient ou subconscient réductible à des actions motrices.

Les associations dites médiates admettent la même explication; mais le cas est plus simple. Un état de conscience en suscite un autre sans liaison apparente avec lui : en observant avec quelque soin, on découvre un intermédiaire qui justifie le passage de l’un â l’autre. A la vérité, ce n est qu’une induction, mais elle s’impose par sa vraisemblance. Quelques sceptiques, pour plus de sûreté, ont institué des expériences dont les résultats ne s’accordent pas : les uns sont pour l’affirmative, les autres pour la négative. J’opte pour 1 affirmation, ayant plus de confiance en

une observation attentive qu’en des expériences artificielles et factices.

W. Harnilton qui, le premier, a étudié cette forme d’association, l’a comparée à la transmission du mouvement qui ne se révèle visiblement qu’aux deux bouts dans une série de billes suspendues et en contact, la transmission intermédiaire restant inaperçue. Cette comparaison, je la tiens pour un fait réel dans l’association médiate. Dans le processus total, le moment du passage reste étranger à la conscience et me paraît constitué par les éléments moteurs seuls; la restitution ad integrum de l’état intermédiaire n’a pas lieu, peut-être faute de temps suffisant : On sait que l’acte de conscience exige un quantum de durée (déterminé par la psychométrie) qui est indispensable, et la rapidité du travail cérébral ne permettant pas ce minimum, la conscience n’apparaît pas^.

II. — Depuis une dizaine d’années, on a étudié sous le nom à'A ttitudes une manifestation de la

1. On pourrait encore mentionner les contributions, très importantes pour la psychologie des mouvements, de l’École russe (Bechterew, Pavlof, etc.).

vie psychique dont la valeur avait été insuffisamment appréciée et même souvent méconnue. Le premier, dans ses recherches expérimentales sur le jug-ement (1901) Marbe a employé le mot Bewusstseinlage (position de la conscience) qui depuis a prévalu parmi les psychologues allemands. En Amérique, on a adopté le terme équivalent « attitudes » qui est devenu d’un emploi courant dans ce pays. Il a été critiqué. On a prétendu qu’il n’apprenait rien de nouveau; d’un autre côté, l’un des promoteurs de ces études, les qualifie de « découverte ». Laissant de côté ces exagérations contraires, nous croyons que ces expériences et les conclusions qu’on en a déduites quoiqu elles aient encouru des reproches — sont une contribution importante à la psychologie des mouvements. De plus, l’emploi du mot c< attitude » dans un sens très déterminé, restreint, a 1 avantage d’isoler et de mettre en relief le problème que ces états spéciaux évoquent.

Considérées analytiquement, les attitudes sont des formes sans matière, sans contenu. Elles n’ont pas d’existence indépendante; elles ne peuvent être connues, pensées isolément. Elles

ne sont qu’un moule, mais qui impose sa marque aux états de conscience intellectuels et affectifs. Judd dit avec raison : « Le mot attitude est le seul qui puisse être appliqué d’une manière appropriée à la fois à la réaction personnelle et au processus mental. »

Entre toutes les attitudes, la principale est, sans contredit, l’attention, quoique la psychologie allemande en ait peu ou point parlé : elle est un état, une disposition, une posture de la conscience qui consiste en effort et en spécialisation. Il n’y a rien de plus à porter à son compte comme manifestation psychique.

On a donné comme types d’attitude le doute, la conviction, la surprise, l’étonnement. Il y en a d’autres, mais si la définition est fatalement vague, ces exemples suffisent à la préciser et à fixer les idées.

Les* attitudes ont pour nous un double intérêt par leurs rapports avec l’activité motrice et avec la vie inconsciente de l’esprit.

1“ Sur leur nature on a été sobre de théories et vague comme conclusion h Les uns lui attri-

1. On trouvera un exposé critique des travaux allemands, dans Titchener : On the experimental Psychology of Thought

huent une origine affective ; en réalité l’émotion les suscite, mais ne les constitue pas. D’autres préfèrent une explication intellectuelle et en font des formes de la pensée tout en déclarant que la conscience qu’on en a « est vague et intangible » : c’est naturel. L’attitude étant une forme, ne devient connaissable que par son adjonction à des sensations, des images, des idées, des émotions; seule et par elle-même, elle ne peut être la matière d’une connaissance.

Pour nous, elle est un mode de Vactivité motrice. L’attitude est une position de lïndividu qui s’apprête à recevoir : ce qui suppose une adaptation de mouvements. Physiologiquement, le processus central qui détermine des décharges motrices dans les muscles est la condition immédiate des attitudes, tout comme le processus central des zones sensorielles est la condition immédiate de la conscience des sensations. ^

prooesses, New-York, 1909, avec une ample bibliographie. Les principaux sont ceux de Ach sur la volition et la pensée, de Messer sur l’investigation expérimentale de la pensée, de Watt (sous un titre analogue), de Orth sur le sentiment et les attitudes. En France, Alfred Binet : L’Etude expérimentale de l'Intelligence. — On a quelquefois confondu les attitudes avec la « pensée sans image » ce qui me paraît une erreur due à des tendances intellectualistes : je tiens les deux cas pour différents et j’y reviendrai.

Th. Risot. — Vie inconsciente.

Au reste, Je constate que pour Titchener et Ach, la marque caractéristique des attitudes est une « mise en garde » {awareness). N’est-ce pas, sous une forme moins nette et moins explicite, un équivalent de notre conclusion?

2° Les attitudes n’ayant qu’un très faible coefficient de conscience, nous sommes avec elles à la limite du monde de l’inconscient. En étudiant les auteurs précités, j’ai été souvent obsédé par l’idée de ce voisinage, en m’étonnant de leur mutisme sur ce sujet. Pourtant, quelques-uns, surtout à propos de la c< pensée sans images », font quelques allusions vagues.

Seul, Messer négligeant les ambages et les néologismes de ses émules, paraît résoudre simplement les attitudes en ce qu’on appelle d’ordinaire l’inconscient. « J’admets, dit-il, que les processus psychiques sous-jacents à une pensée explicitement formulée; peuvent suivre leur cours sous toutes sortes de formes abrégées se télescopant l’une l’autre, faisant plusieurs appels à l’énergie psychologique emmagasinée. Aux processus psychiques réels, nous pouvons substituer ici une disposition cérébrale. Ces processus inconscients varient en intensité suivant

les circonstances, et jettent par conséquent plus ou moins de lumière dans la conscience. »

En somme, nous avons essayé d’établir que chaque .état intellectuel (perception, image, concept) pris isolément, contient des éléments kinesthétiques plus stables que les éléments sensoriels spéciaux. Nous avons aussi montré l’importance des mouvements dans les associations et combinaisons ; iis forment une chaîne de soutien. Les attitudes sont aussi des mouvements de résistance, mais plus extérieurs. Pour me faire

mieux comprendre, je risque une comparaison.

Les naturalistes disent qu’il y a des squelettes intérieurs — ceux des vertébrés — qui soutiennent les masses molles de l’organisme et des squelettes extérieurs — ceux des arthropodes — qui couvrent, protègent les masses molles sous leur enveloppe de chitine. De même, on serait porté à croire que, tandis que dans les divers modes de la connaissance, l’élément moteur est encastré, est une portion intrinsèque du complexus total, l’attitude, tant qu’elle dure est un moyen extrinsèque de soutien et de résistance sans lequel les états de con-

science resteraient une matière plastique et ditïuente.

Le rôle des représentations motrices dans la conservation des souvenirs ne me paraît avoir été entrevu que par un très petit nombre de psychologues et sous une forme indécise. Richard Sémon, dans son livre Die Mneme, plein d’idées originales, mais dont la terminologie et les néologismes rebutent le lecteur, a tenté une étude dynamique, fonctionnelle de la mémoire, réductible à des mouvements; m*ais en raison de sa généralité, elle ne précise guère : c’est une métaphysique plutôt qu’une œuvre de psychologie pure. — La tendance d’ürban et de Witasek est beaucoup plus psychologique. Leur but est fort différent du nôtre ; c’est l’étude du procédé de généralisation des images affectives. Pour l’expliquer, ils admettent une « constante dynamique » ou « motrice » qui représente les « processus moteurs appartenant en commun à un groupe d’expériences émotionnelles ». — Mais

c’est Baldwin qui, dans plusieurs occasions, se rapproche le plus de nous. A propos d’une autre question (celle de, la mémoire affective et de la reconnaissance du souvenir) il déclare « qu’il est disposé à admettre les images affectives et motrices de Ribot, à condition qu’on entende par là les éléments formels des états de sentiment ». Peu enclin aux explications intellectualistes, il soutient « que l’on entend à tort toute présentation dans le sens cognitif; que les sentiments sont aussi des présentations, mais qu’on veut trop les faire rentrer dans le moule de la connaissance^

Pour ma part, je viens d’essayer de montrer que l’activité motrice pénètre et enveloppe notre vie psychique et en est la portion solide. Physiologiquement, elle dépend du système nerveux moteur, central et périphérique, agissant par impulsions spontanées ou volontaires, et, de plus, du système nerveux sensitif qui transmet à la couche corticale du cerveau les impressions kinesthétiques. Psychologiquement, sous la

1. R. Simon, Die Mneme, Leipzig, 1908. W. Urban, Psychologial Review, mai et juillet 1901. Witorsek, Zeitschrift fur Psychologie, t. XXV. Baldwin, Reaoe Philosophique, mai 1909 avec ses références.

forme de présentations ou de représentations, elfe contribue à la formation de chaque état de conscience, à leurs associations, enfin, elle constitue ces dispositions générales et momentanées qu’on nomme des attitudes.

Resterait à l’examiner sous une autre forme — comme substratum de la vie inconsciente; mais l’exposition détaillée de cette hypothèse qui n’est pas sans difficultés et sans lacunes serait prématurée, car nous n’avons encore rien dit des mouvements, réels ou représentés, dans leurs relations avec la vie affective.

Pour terminer. Je me borne à quelques conclusions provisoires.

Notre hypothèse nous paraît échapper à deux difficultés.

D’une part, à l’explication équivoque qui, sous le couvert du terme subconscience, paraît supprimer la conscience (connaissance) tout en la maintenant en fait, en la supposant existante sur un autre plan à un niveau inférieur.

D’autre part, à l’assimilation de l’existence latente de l’inconscient à un néant psychique, ce qui rend incompréhensible la reviviscence des

images, ainsi que son influence et son action indéniable sur notre conduite.

C’est seulement lorsque notre étude sera complète qu’on pourra juger si l’hypothèse la plus acceptable n’est pas celle qui explique par les représentations motrices, leurs rapports et leurs connexions, une forme d’activité qui, dans son fond et ses résultats est psychique, quoiqu’elle reste en dehors de la conscience.

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