‹ La vie juiveChapitre 34 sur 36 · UN PRÊCHE A LA SYNAGOGUE · texte numérisé non relu

UN PRÊCHE A LA SYNAGOGUE

de la petite Clem qui coud sous la direction de sa mère, et qui suit déjà le cours de l’école de dessin, à côté du jeune David qui a perdu son accent alsacien, et oublié le petit Louïele dans la compagnie des élèves du Iycée Saint-Louis, tout ce monde, le Chouan et le Provençal, le créole et le Champenois, le maïtre d’école juif alsacien et l’étudiant chrétien, s’émeut des mêmes émotions, se passionne des mêmes passions, car tout ce monde-là est une réduction de la grande France, de la France une et indivisible.

Et demain, c’est encore Sékess : on ne peut pas construire de cabane au quatrième de la rue de l’École-de-Médecine, mais on s’est procuré une palme et un cédrat, et des fougères, et des poires, et des raisins. Les grandes filles qui vont s'asseoir à la table paternelle, pour la première fois depuis un an, ont trouvé, au sortir de leur pensionnat puritain d'Angleterre, la joyeuse nappe de fête juive comme on la met en Alsace, et par les fenêtres exposées au midi, grandes ouvertes, le soleil de France darde à pleins rayons la chaleur, la gaieté, la libre pensée, la vie!

Comme elles sont revenues grandes et fortes, et que de choses elles ont à raconter!

Mais ce qu’elles auront de meilleur à dire, ce sera de relire, à la fin du repas, la lettre de conseils que leur père leur a donnée au départ. C’est avec émotion que je déplie ce papier jauni : mais il faut terminer : le voici; voici le résumé, voici la morale de la Vie juive.

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