‹ La vie & les moeurs au jour le jourChapitre 5 sur 20 · COMMENT DISPARUT · texte numérisé non relu

COMMENT DISPARUT

sentaient des inconvénients. Le poêle Choubersky lui-même n'était pas à l'abri de toute critique.

C'est alors que la Compagnie des Petites Voitures, — médiocrement « sympathique » jusque-là, — rendit aux Parisiens un service signalé.

Elle mit en circulation des fiacres qui, au premier aspect, ne se distinguaient pas des autres. Ils avaient, comme les autres, une caisse biscornue et bossuée et roulaient avec un bruit de vieille ferraille. Ils étaient attelés de rosses efflanquées et boiteuses. Ils étaient conduits par des gentilshommes ruinés. Donc ils étaient en tout semblables aux fiacres ordinaires.

Seulement, une inscription placée discrètement près du siège avertissait les pas-

sants. Ce seul mot : Chauffée faisait reconnaître ces voitures. On savait ce que cela voulait dire.

On faisait signe. On prenait place. On mettait les pieds sur une boule aux airs innocents. A l'intérieur une brique de charbon se consumait lentement. On fermait les vitres. Suivant son humeur, on s'amusait une dernière fois à regarder les allants et les venants, ou bien on dépliait un journal. Peu à peu on s'assoupissait. C'était un sommeil sans rêves. Quand on était arrivé, tout était fini.

On n'avait eu d'ailleurs à s'occuper de rien. Toutes les précautions étaient prises et les formalités remplies d'avance par l'administration. C'était commode, très propre et nullement mélodramatique.

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