‹ La vie, les œuvres, les disciples de Charles FourierChapitre 3 sur 7 · QUATRE MOUVEMENTS · texte numérisé non relu

QUATRE MOUVEMENTS

C'est en 1808, à l'âge de 36 ans, qu'il édita son véritable premier grand ouvrage socialiste : La Théorie des Quatre Mouvements et des Destinées générales. Il le fit imprimer avec la seule indication de <f Leipzig » et la (( Prière de s'adresser à M. Charles, à Lyon, pour souscrire ».

Tout le système phalanstérien se trouve esquissé dans cet ouvrage que Fourier présentait à ses lecteurs comme la Doctrine de V Association Domestique, Agricole et Sociale,

Le génie de Fourier avait su saisir le rapport existant entre l'attraction sur notre globe et l'attraction cosmogonique entière. Il osa penser que l'humanité obéit aux mêmes faits que ce nombre infini de planètes se mouvant dans l'espace. Il est le premier qui, en approfondissant cette idée, ait dévoilé complètement l'unité de système régnant sur le Cosmos, le système de l'attraction universelle et éternelle. Cette loi cosmogonique, nous la retrouvons, en effet, partout et en tout ; c'est devenu indiscutable, grâce à Charles Fourier.

Il démontra que Fliomme n'est pas en dehors de cette loi douce, régulière et bienfaisante : il expliqua que, chez l'homme, les attractions sont de deux sortes. Les unes ont pour but

{ le bonheur personnel de l'homme ; les autre/ le poussent à concourir, pour sa part, au borheur collectif. Quand il n'y aura plus lutte, sur terre, entre ces deux genres d'attraction, — quand l'humanité aura un déterminisme commun, — alors, l'homme pourra sans aucun danger céder à toutes les impulsions de son âme ; alors, l'homme sera d'accord avec lui-même, avec ses semblables, avec le Cosmos.

Ecole sociétaire.

Fourier chercha donc à établir une Société Humaine où nos passions ne pourraient nous conduire qu'au Bien :

C'est pourquoi la Société Fouriériste fut basée sur l'Association coopérative et la solidarité attrayante. Il démontra que l'on régénérerait de hi sorte l'agriculture et l'Industrie et qu'on obtiendrait l'équitable répartition du bien-être ; c'est ce qu'il appela Vorganisation du Travail rendu attrayant par la série distribuant les Harmonies.

Cette oeuvre sublime ne fut lue et goûtée que très longtemps après sa publication : en 1809, chose singulièrcj ce fut La Gazette de France qui, seule, en parla un peu^ pour simplement l'annoncer • puis, l'édition demeura inconnue, gisante dans quelques librairies de Lyon, Besançon et Paris. Charles Fourier ne se découragea point, au contraire ; dès 1810, il prépara le développement de son esquisse !

Neuf cents francs de rente viagère.

En mai 1812, sa mère mourut : excellente femme, mère modèle^ mais d'un esprit étroit s'accommodant mal aux Aagabondages de l'imagination de son fils, elle était alarmée de son genre de travail et voulut, au moins, lui garantir un peu de viatique sur le chemin qu'il avait choisi. Elle légua, son fils à ses trois filles qui, chacune, eurent l'obligation de faire une petite rente de trois cents francs à leur frère. Toutes trois étaient mariées : Mme Clerc habitait Besançon ; Mme Parrat-Brillat habitait Belley (Ain) ; Mme de Rubat, habitait Talissieu, près de Belley, où son mari était mort sous-préfet.

Dans l'Ain.

De 1812 à 1815, Fourier habita Besançon ; puis, en 1815, il se réfugia dans les montagnes du Bugey, habitant soit à Talissieu, soit à Belley, continuant toujours le développement de l'esquisse de sa Théorie et rédigeant les compendieux manuscrits destinés à la publication de son grand Traité de l'Association Domestique et Af/i'irole que Just Muiroii, son premier disciple, fit enfin éditer en 1822.

Just Muiron.

Qu'était-ce que ce Just Muiron ? Le secrétaire-général de la Préfecture de Besançon. En

1814, un exemplaire de la Théorie des Quatre mouvements lui avait été prêté ; il en fut enthousiasmé, écrivit à Leipzig, écrivit à Lyon, découvrit l'imprimeur Ballanche qui lui fit découvrir M. Charles et envoya sa souscription à Fourier qui lui annonça qu'il était son unique souscripteur . Et Fourier fut prié par Just Muiron de le considérer comme son premier disciple. Le zèle, l'appui éclairé et le prosélytisme inlassable de Just Muiron permirent la propagation du Fouriérisme.

A partir de 1814, Just Muiron et Charles Fourier ne se quittèrent plus.

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