‹ La vie, les œuvres, les disciples de Charles FourierChapitre 4 sur 7 · TRAITÉ DE L'ASSOCIATION DOMESTIQUE ET AGRICOLE ET ABRÉGÉ DE CE TRAITÉ · texte numérisé non relu

TRAITÉ DE L'ASSOCIATION DOMESTIQUE ET AGRICOLE ET ABRÉGÉ DE CE TRAITÉ

En 1821, Fourier abandonna le département de l'Ain et s'établit derechef à Besançon, rue des Granges, n^ 75.

Mme veuve Daclin lui imprima à mille exemplaires les 1312 pages (en deux gros in-8o) de son Traité de l'Association Domestique et Agricole qui parut en 1822 et fut suivi, en 1823, du Sommaire du Traité de l'Association Domestique et Agricole que beaucoup préfèrent au Traité lui-même, parce qu'il en est un abrégé plus concis, plus net et plus brillant.

Pour nous, nous préférons le Traité in-extenso : c'est un véritable Monde nouveau que Charles Fourier a découvert et décrit en obéissant parfois trop à la « folle de son logis »,

mais en conservant toujours une tournure originale à ses féeriques tableaux, exacts reflets de l'Harmonie future, oii la destinée normale de l'Homme évoluera enfin rationnellement dans l'Unité Universelle.

Cabale des politiciens.

Chaptal, Say, Laplace, Srriilh, Larochefoucauit, Benjamin Constant reçurent l'œuvre fouriériste apportée et distribuée, à Paris, par Fourier lui-même. Benjamin Constant en accusa réception ; les autres imitèient de Conrard le prudent silence : ils étaient des économistes politiciens ; l'œuvre fouriériste ne pouvait que leur nuire.

Aimé Martin, Julien, Charles Nodier, plus honnêtes, eurent des velléités de faire de la réclame à la doctrine nouvelle ; mais ils se bornèrent à ces velléités. Seul, le journaliste Férussac osa, dans son Bulletin Universel, déclarer qu'il s'honorerait toute sa vie d'avoir légitimement glorifié l'œuvre d'un grand maître.

Le livre ne s'écoula point : comme aujourd'hui, les journaux ne s'occupaient que des histoires scandaleuses et productives... Est-ce que la Presse, cependant, n'a pas été inventée pour instruire et faire penser le Public P Faudrat-il longtemps encore emboucher la trompette de Mangin pour se faire écouter ?

Caissier, puis comptable.

Désespéré une fois de plus, Fourier retourna à Besançon, puis s'en fut à Lyon occuper un emploi de caissier à 1.200 francs d'appointements, dans une maison de commerce (1823- 1827).

A cette époque, Just Muiron, Férussac, Madame Clarisse Vigoureux et Victor Considérant son gendre, étaient les quatre prerriers disciples de Fourier et furent les premiers à publier, d'après ses théories, de courageuses brochures en faveur de VEcole sociétaire.

En 1828, il arriva des recrues importantes : Leclaire, Godin, Transon, Lechevalier, Cantagrel, Hughes Doherty. Alors, Charles Fourrier vint s'établir à Paris : il accepta un petit emploi de comptable dans une maison américaine de la rue du Mail et prit domicile près de là, au n^ 9 de la rue Saint-Pierre-Montmartre, aujourd'hui rue Paul-Lelong, 2^ arrondissement.

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