‹ La vie & les œuvres de Jean-Jacques RousseauChapitre 103 sur 158 · LtUre à Mirabeau, 9 mai · texte numérisé non relu

LtUre à Mirabeau, 9 mai

Cependant, après de longs jours d'attente à DouvreSy la mer, devenue plus favorable, lui permit de partir pour Calais. U y arriva le 22 mai, ne sachant encore ce quUl deviendrait, ni où il irait fixer sa demeure. Dès le temps qu'il était à Wootton, Mirabeau lui avait fait les propositions les plus avantageuses, lui donnant le choix entre ses nombreux châteaux de la Provence, de TÂngoumois^ du Poitou, du Limousin, des environs de Paris*. Quand Mirabeau apprit son départ d'Angleterre, il s'empressa de lui renouveler ses offres; mais Jean- Jacques hésitait; il sentait toujours, lui pesant sur les épaules, le décret de prise de corps. La France n*était pas pour lui un pays sûr. Il n'y pouvait rester qu'en gardant un incognito qui répugnait à ses principes. Il tenait, d'ailleurs, à être chez lui, en payant. Des officieux lui avaient, à la vérité, cherché de hautes protections, qui lui permissent de se fixer en France. Hume lui-même avait eu la générosité d'écrire à Turgot, pour le recommander à l'indulgence du gouvernement français, et Turgot avait promis de s'associer à cette bonne action'. M"° du Deffand fut aussi priée par Walpole d'en écrire à M"' de Choiseul. « Mais, répondit la duchesse, que puis-je pour Rousseau? Des secours d'argent? ou ma protection pour les petites maisons?... Le protéger dans sa gloire m'aurait paru un acte de vanité ; le protéger dans sa folie serait un acte de folie '. » Il est évident que Jean-Jacques dut rester en dehors de ces tentatives.

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