Lettre de Mirabeau à Rousseau, 27 octobre
Lettre de Turgot à Hume^ !•' juin 1767; Hume's life and Correspondenee. Voir Maugra.s,
cil. xxn. — 3. Lettres de Af-« du Deffand à ilf— de Choiseul, 23 mai, 18 juin 1767 ; de la duchesse de Choiseul à M"»* du Deffand, 12 et 14 juin 1767.
Son projet était d'aller à Bruxelles, ou à Venise, mais à petites journées, en s'arrètant à Amiens, puis à Paris.
Le 23 mai, en efiet, il partit pour Amiens ^ L'accueil qu'il y reçut dut le consoler de la froideur des Anglais, mais n'annonçait guère un homme qui ^eut échapper par la fuite et Tobscurité aux persécutions du premier ministre du royaume. On alla jusqu'à proposer de lui rendre les honneurs publics et de lui offrir les vins de la ville. On pensa toutefois qu'une telle manifestation s'accorderait par trop mal avec l'incognito qu'il était sensé garder et Ton se contenta de le fêter à huis clos *. Il vit là Grèsse*. On dit qu'il furent très contents l'un de Pautre : a You^ faites si bien parler les perroquets, lui dit Jean-Jacques, qu'il n'est pas étonnant que vous sachiez apprivoiser les ours*. »
Cependant le prince de Conti qui se trouvait, en quelque sorte, chargé de garantir la sécurité de Rousseau en France, jugea que son protégé en prenait par trop à son aise de son incognito : « Votre imprudence, lui écrivit -il, renverse tous mes projets... Vous êtes en grand danger... Le premier procureur du Roi qui vous dénoncera forcera le Parlement à vous faire arrêter, même malgré lui, et alors les suites seraient inévitables et funestes... Sortez secrètement et de nuit d'Amiens ; allez , en changeant de nom, dans un asile momentané, que vos amis vous ont ménagé hors du ressort du Parlement de Paris... On avisera ensuite à ce qu'on
1 . Letlres de Rousseau à Mirabeau, 22 mai 1767; <i Dupef/rou, même date. — 2. Bachau- MOMT, 11 juin 1767.— 3.CEut)rc«
de Gressei. Êdit. Renouard.
Notice biographique de l'éditeur.
fera*. » Jean-Jacques avait compté attendre des renseignements de Mirabeau à Amiens pour ses projets ultérieurs ; mais il fut ainsi forcé de partir prématurément, à cause de Tempressement même qu'on mit à le fêter*. Il prit néanmoins le temps de prévenir Mirabeau, dont il avait d'ailleurs accepté les offres, du moins à titre provisoire. Ceiui-ci Ten* voya chercher à Saint-Denis et le fit conduire à son château de Fleury près Meudon. Jean-Jacques y resta du 5 au 18 juin.; mais à Fleury comme à Amiens, il commit des imprudences. « On vous a déjà vu dans le parc de Meudon, lui écrivit de nouveau , Conti, votre situation est fort critique... Jusqu'à ce que j'aie pu m'assurer de ce qui sera possible pQur votre tranquillité, tenez- vous bien caché... Mon objet est de vous procurer, en France, un asile tranquille et sûr : sinon d'assurer votre sortie, si elle est nécessaire'. Conti poussa la prudence jusqu'à empêcher M"' de Luxembourg d'aller voir et embrasser son ami, comme elle en avait le désir ^.
Mirabeau, lui, était bien plus optimiste, et répondait sans hésiter de la sûreté de son hôte (toujours cependant sous la condition du secret) '. Il lui proposait de le garder ; mais Jean-Jacques, malgré son désir de profiter de la noble hospitalité qui lui était offerte, n'avait pas cru pouvoir accepter •. Ils se quittèrent, au bout d'une quinzaine de jours, dans les meilleurs termes, quoiqu'on puisse affirmer sans témérité que l'amitié aurait duré bien moins encore
1 . Lettre du prince de Conti à Rousseau, fin mai 1767. — 2. Lettre à Dupeyrou, 5 J uin 1 767.
— 3. Lettre du pt*tnce de Conti à Rousseau, iuin 1767. — 4. Lettre
de Jf"« de Luxembourg à Rousseau, juin 1767. ^ 5. Lettre de Mirabeau à Rousseau, 10 Juin 1767. — 6. Lettre à Mirabeau, 9 juin 1767.
de ce côté qu'avec Hume, et n'aurait pas résisté au sans-gêne et à la grosse franchise de VAmi clés hommes. Il est vrad que Mirabeau avait le grand mérite d'être peu exigeant, de laisser une grande liberté à ses amis, et surtout de n'être nullement susceptible. « Je suis tel un jour que l'autre, écrivait-il... je vous défie après cela de me blesser*. » Mais Hume ne passait-il pas pour avoir les mêmes qualités ? On peut même s'étonner que Jean-Jacques ait si bien pris jusque-là « les griffonnages dégin^ gandés comme pantin » que depuis plus de six mois lui jetait à la tête son original correspondant : con^seils, vérités ad hominem, considérations de toute sorte, et jusqu'à des éloges qui ressemblaient fort à des critiques. « Je ne connais pas, lui écrivait Mirabeau, de morale qui pénètre plus que la vôtre, elle s'élance à coups de foudre ; elle marche avec Tassurance de la vérité ; car vous êtes toujours vraiy selon votre conscience momentanée,.. Mais, Dieu merci, j'ai eu d'autres maîtres.,. J'ai des amis, direz-vous, je le crois... mais, ou je me trompe fort, ou vous n'en n'avez aucun dont vous ayez toujours été absolument content, pas plus que de vous-même *. » « Vous n'avez d'ennemis qu'en vous... le Parlement? non'; le ministre? non; les théologiens? non; on trouve tout simple qu'un protestant n'aille pas à la messe. Les vrais dévots sentent que vous fûtes le plus rude fléau de leurs persécuteurs, et, à dire • vrai, J6 pense que ce serait parmi ces. derniers que vous trouveriez vos véritables ennemis : vous êtes infirme, nous tous aussi ; abandonné, ce n'est pas poli à me
1. Lettre de Mirabeau à Boue- | de Mirabeau à Boiuseau, '27 OC- 9eau, 8 JuiUet 1767. — 2. Uttre - 1 tobre 1766.
dire; persécuté, vous le fûtes, mais aujourd'hui vous n'êtes rien de tout cela. Vous ôtes tout excès et tout feu... Mais il ne faut pas vous prendre au mot vous-même, car vous seriez votre propre dupeV
A en juger par une réponse de Rousseau, il parait que Mirabeau l'aurait engagé à reprendre la plume. Il refusa catégoriquement et affirma que rien au monde ne le ferait changer sur ce point *. Mais ne combattait-il point ici contre des moulins à vent? Mirabeau déclare en effet, de son côté, qu'il a donné à son ami un conseil tout contraire : « Griffonnez donc, lui écrit-il, si cela peut vous plaire... je vous avais prié de ne point écrire, je Vous le répète, cela vous tourmente et vous fatigue '. »
Ce qui est plus certain, c'est que Mirabeau voulut engager Rousseau dans ses théories économiques. Il lui remit, en le quittant, son dernier livre, La Philosophie rurfile, et lui fit promettre de le lire. Rousseau essaya, mais n'en put venir à bout\ Bientôt Mirabeau lui envoya un second ouvrage. Rousseau fut plus à l'aise pour ce dernier, qui n'avait pas Mirabeau pour auteur. 11 combattit notamment le Despotisme légal avec une grande puissance. On retrouve là tout l'ancien Rousseau du Contrat social: « Aimez-moi toujours, dit-il, mais ne m'envoyez plus de livres ; n'exigez plus que j'en lise ; ne tentez même pas de m' éclairer si je m'égare : il n'est plus temps '. » Mais Mirabeau était lancé ; il lui répliqua
1 . Lettre de Mirabeau à Rouê- Beau, 20 février 1767. Voir aussi Lettres du 3 février et du 16 mars 1768. — 2. Lettre à Mirabeau, 9 juin 1767. — 3. Lettre fie Mirabeau à Rousseau, 10 Juin 1767. Il doit y avoir là, pour
le moins, une erreur de date.
— 4. Lettres de Mirabeau à Aotwseau, 18 Juin, et de Rousseau à Mirabeau, 24 juin 1767. — 5.
Lettre à Mirabeau, 26 juillet
DE JEÀN-JAGQUES ROUSSEAU. 438
par une longue discussion sur le produit net, la propriété^ la production, la consommation, et lui envoya d*un coup six volumes sur Téconomle politique. Il perdait bien sa peine. « Est-il possible, s'écriait-il un jour, après avoir assisté à la représentation du Devin, que je prenne tant de plaisir à entendre ce chien d'homme, et qu'il n'en prenne aucun à entendre mon ramage, à moi^? » C'est même en ^ain qu'il lui demanda la permission de publier leurs deux lettres-^. « Là là, ne grognez point. Révérend Père Nabuchodonosor, lui dit-il alors, vous ne serez point imprimé malgré vous..., mais trouveriez-vous mauvais qu'on imprimât au moins la mienne'? « Il fallut consentir, mais il fut convenu, et encore après de nouvelles instances, qu'on prendrait toutes les précautions pour empêcher que Rousseau ne fût connu ; décidément, il tenait tout de bon à se faire oublier *. Cependant il ne résista pas aussi bien à une autre tentation, à laquelle le soumit Mirabeau, celle de faire un opéra; idée bizarre, qui n'eut pas de suite et qui n'en pouvait pas avoir. « Oh ! que vous seriez aimable, répondait Rousseau, et que j'aimerais mieux vous voir chanter à l'Opéra que crier dans le désert. Votre proposition m'a tout l'air de n'être qu'une vaine amorce, pour voir si le vieux fou mordrait encore à l'hameçon. » Cette proposition n'était-elle pas, en e£Pet, un hameçon, pour attirer de nouveau Jean- Jacques à Fleury* ?
\ . Lettre de Mirabeau à Bousseau, novembre 1767. — 2. Id., 6 août 1767, et Réponse de Rousseau, 12 août. — 3. Lettre de Mirabeau à Rousseau, 14 août
1767. — 4. Lettres de Mirabeau à Rousseau, 9 décembre; de Bous* seau à Mirabeau, 12 et 20 décembre 1767. — 5. Lettres de Mi^ rabeau à Roiisseau,20 décembre
On pourrait penser que Jean-Jacques, en quittant Mirabeau, se rendit à Venise, dont il avait été beaucoup question, ou à Bruxelles, à laquelle on avait un peu songé ; mais rarement il suivait la voie qu'il s'était tracée à l'avance. Il avait prié Dupeyrou de venir le voir et espérait aller au-devant de lui jusqu'à Dijon ; ce qui prouve que, pour un persécuté, obligé de se cacher, il se préoccupait fort peu de ses persécuteurs *. Sur ces entrefaites, le prince de Conti lui réitéra TofiFre qu'il lui avait déjà faite de son château de Trye, près Gisors ; mais il exigeait qu'il changeât de nom et qu'il s'engageât à rester tranquille et ignoré. A ces conditions, il ne serait inquiété ni par le ministre, ni par le Parlement; et si, par hasard, il était dénoncé, car Trye était dans le ressort du Parlement de Paris, Conti serait prévenu ; Rousseau aurait le temps de passer dans le ressort du Parlement de Rouen, qui n'était qu'à une lieue, et là on aviserait pour la suite*. Il fut un temps où la fierté de Rousseau se serait révoltée contre ces conditions et cette tolérance ; mais il était dans l'embarras ; la France avait pour lui des attraits que ne possédait nul autre pays ; il acccepta et partit aussitôt.
n espérait couler à Trye des jours tranquilles ' ; mais il n'était pas arrivé depuis huit jours, que
1767, 20 janvier et 3 février 1768; de Rousseau à Mirabeau, 13 et 28 janvier 1768. — 1. Lettre à Dupeyrou, 10 juin 1767. — 2.
Lettre du prince de Conti à RonsseaUf juin 1767. — ■ 3. Lettre à Dupeyrou, 21 juin 1767.
déjà s'annonçaient les premiers embarras de sa situation ^ Il est très possible, du reste, que les domestiques, habitués à vivre en maîtres dans le château, n aient pas vu arriver sans déplaisir un homme qui, sans être le maître, en aurait tous les inconvénients; qui les surveillerait, qui les occuperait, à qui ils devraient obéir. Conti avait bien déclaré qu'il mettait Rousseau à sa place et lui donnait tout pouvoir*; mais que de moyens n'avaient pas ses gens ppur faire sentir qu'ils n'acceptaient pas cette substitution, et qu'un individu pauvre, simple, obligé de se déguiser sous un faux nom , mangeant avec sa do* mestique et se laissant gouverner par elle, ne remplacerait jamais à leurs yeux un prince de la maison de Bourbon. On connaît d'ailleurs assez Thérèse pour savoir qu'elle n'était pas d'un caractère à faciliter l'entente et l'harmonie. Il est vrai qu'au bout d'un mois, ce nom de Renou, que portait le nouvel arrivant, n'était plus qu'un secret de comédie '; mais que faisait à ce peuple sauvage le nom et la célébrité de Rousseau ?
Jean-Jacques a passé à Trye juste une année, du 19 juin 1767 au 12 ou 15 juin 1768; sa vie s'y est consumée presque toute entière en plaintes, en récriminations, en petites difficultés de pot-au-feu. Il est évident que nous ne pouvons accorder à ces misères l'importance qu'il leur donnait. C'est à Coindet qu'il s'en est ouvert principalement. On avait jugé qu'il lui faudrait, comme à un enfant, quelqu'un pour l'installer et faire ses affaires ; Coiudet, son ami, officieux, serviable, aimant assez à faire i'im-
\. Lettres à Coindet, 27 juin j A/oui/ow, 5 novembre 1 768. — 3. et 5 juillet 1767. - 2. Lettre à \ Utlre à 6'omdc^, 29 j uillel 1767.
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portant, avait été chargé de cette mission. Mais Jean-Jacques a raconté ses peines à bien d'autres : à Dupeyrou , à M"* de Verdelîn , à Mirabeau , à d'Ivemois, etc.
D'abord il est déterminé à tenir tète à i*orage. D est là par la volonté du prince ; il ne s'en laissera pas déloger par de simples domestiques ^ Mais sa volonté ne tarda pas à faiblir : « J'ai écrit il Son Altesse, disait-il à Coindet quinze jours plus tard, et l'ai priée de me permettre de disposer de moi. Je ne l'ai fait qu'après la conviction parfaite qu'il est impossible, malgré ses bontés et sa puissance, que je vive jamais ni heureusement, ni paisiblement, ni librement, ni avec honneur*. » Il était mécontent de tout le monde, et n'avait plus confiance qu'en M"" de Verdelin. Il espérait que, par ses soins et par le crédit du prince de Conti , elle lui obtiendrait les moyens de se préparer une vie moins malheureuse, soit dans quelque coin de la France, si on lui permettait d'y rester, soit hors de France, s'il en désirait partir.
Rousseau, pensant qu'il aurait de la peine à persuader Conti, avait cherché à intéresser à son sort M""* de Luxembourg, à qui il n'écrivait plus depuis longtemps ' ; mais il aurait fallu être aussi peu sensé que lui pour prendre au sérieux ses ridicules inquiétudes. On essaya de le calmer, cela ne fit que le confirmer dans ses résolutions. « Je me regarde, disait-il, comme un homme perdu, du moment que je mettrai les pieds hors de ce château ; tout ce que je puis répondre à cela, c'est qu'il est impossible
1. Lettre à Coindet, 29 juillet ] 3. Lettre à Af»« de Luxembourg , 1767. — 2. /d., 13 août 1767. — | 16 août 1767.
que j'y reste, je puis tout supporter hors l'opprobre. Je vous attends, disait-il encore à Coindet, mais pas le soir, car il y a une bande de voleurs cachés dans les bois, qui tuent tout le mondée »
 force d'adresse on réussit cependant à le faire patienter pendant près de dix mois. L'important était de gagner Thiver ; car, après cela, sa crainte d'entreprendre un déménagement dans la saison froide le retiendrait pendant longtemps. Conti, qui, bien entendu, ne manquait pas de ramener à leur juste valeur les récits de Jean Jacques , essayait avec une inépuisable patience de le calmer et de lui montrer Tinanité de ses soupçons et de ses lubies. Il offrait de réprimander, de punir, ou même de chasser quiconque lui aurait donné des sujets de plainte ; il le suppliait, surtout d'avoir confiance en lui, de ne rien faire sans le prévenir, de ne pas commettre d'imprudences, l'assurant que de son côté il ne gênerait en rien sa liberté , soit pour rester à Trye, soit pour en partir, et qu'il était disposé à favoriser tous ses projets, même ceux qu'il n'approuverait pas. Il lui promettait d'ailleurs d'aller le voir et de tout arranger *. Rousseau 3e crut obligé de Fattendre . Enfin, il reçut la visite du prince dans les premiers jours d'octobre. « Il a été très bon, dit-il; son voyage a fait de l'effet dans le pays, aucun dans la maison. La racine du mal n'est pas coupée'. »
Mais quelque déterminé qu'il fût à partir, un autre obstacle, qui aurait aussi bien pu être un secours et
1. Lettres à Coindet, 13 et 25 août 1767. — 2. Lettres du prince de Conti à Rousseau, juillet, août, 19 et 28 septembre 1767.
— 3. Leftres de Boiuseau à Coindet, 9 octobre 1767; à Dupeyrou, même jour.
une consolation, sMl avait su en user, l'arrêta d*une façon absolue, Dupeyrou vint lui faire une visite et fut retenu chez lui par la goutte pendant près de deux mois. Le dévouement n'était pas la qualité dominante de Jean-Jacques. Malgré son amitié pour Dupeyrou, amitié qui môme paraissait devenir plus tendre, à mesure que sa tète s'affaiblissait, il se plaignit amèrement des soins qu'il fut forcé de donner à son malade. Ils avaient cependant ce côté avantageux qu'ils auraient dû faire diversion au triste état de son âme. Mais hélas ! quand, dans les premiers jours de janvier 1768, Dupeyrou put enfin quitter Rousseau; il eut la douleur de le laisser dans une des crises les plus violentes que ce malheureux eût jamais éprouvées ; hors d'état de juger et de distinguer entre amis et ennemis, ou plutôt enveloppant dans les mêmes défiances le genre humain tout entier; non seulement les gens du château, mais tous les habitants du pays, sans exception; non seulement ceux qu'il regardait comme ses ennemis, mais ceux qu'il avait toujours cru ses amis. M"" de Verdelin, Coindet, Dupeyrou, lui-même *. Ce dernier s'était effrayé, à -ce qu'il parait^ sur l'issue de sa maladie, avait fait son testament, et avait eu le malheur, dans le délire, de prononcer des paroles incohérentes. De là, sans plus ample informé, Jean- Jacques de s'imaginer que Dupeyrou le soupçonne d'avoir voulu ^empoisonner. Bientôt les indices s'ac» cumulent dans sa pauvre tête ; le moindre fait, l'air, les paroles, le silence de Dupeyrou, Tattitude de son domestique, deviennent à ses yeux autant de preuves manifestes. Il se désespère, il voudrait expirer à