‹ La vie littéraire de StendhalChapitre 106 sur 127 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

UNE ENIGME STENDHALIENNE

J'ai sous les yeux un autographe qui faisait partie de la collection de Sutton-Sharpe, grand ami de Stendhal, et qui me fut donné par la nièce de l'avocat anglais. C'est une lettre, sans indication d'origine, portant au verso le cachet de la poste 20 octobre 1826, et l'adresse ainsi libellée : Monsieur //. Beyle de Varse, rue Richepanse, n° 10, Paris, Voici la copie textuelle de cette lettre, au recto :

« Le dehors et le dedans de M. Sharp me revenant tout-à-fait, vous m'obligeriez vraiment, mon cher Indicateur, en me disant où je pourrai le trouver demain soir, puisque je ne puis dîner avec lui et vous ; j'aimerais à lui dire bonjour avant qu'il partît. On dîne à 5 h. 1 /2 où je ne puis me dispenser d'aller. Mais à 7 h. 1 /2 je pourrai m'esquiver sans incongruité, "et je le ferai si vous voulez me dire où vous serez vers cette heure-là.

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« Je ne connaissais pas plus Talnia que le général Foy ; de plus, depuis longtemps je n'allais presque jamais l'entendre. Malgré cela, la nouvelle de sa mort m'a attristé ; bien plus que celle de M. Foy, il y a un an, à pareille époque.

« C'est M. Say qui sera nommé à l'Académie française avec Pariset. On avait parlé aussi de Fourier, le secrétaire de l'Académie des sciences, — et de Daunou. Mais M. de Quélen ne veut pas de ce dernier ; il l'a dit.

« A quand notre première soirée chez le comte M. ?

Le destinataire de cette lettre est sans doute Henri Beyle, ironiquement ennobli, dans la circonstance, par un ami facétieux, qui connaissait son goût pour les titres nobiliaires en général, et la « baronnie » en particulier. L'ironie se retrouve au début de la lettre : « mon cher Indicateur » évoque une fonction policière — de cette Police que Stendhal redoutait tant ! Mais qui est exactement le signataire de cette lettre, qui paraît si bien « tuyauté » sur les élections académiques ? (Je laisse à de plus autorisés le soin d'examiner la valeur de ces « tuyaux ))).

N'étaient les initiales qui la terminent, je serais tenté d'attribuer cette lettre à Di Fiori, exprimant, in fine, le désir de rencontrer Stendhal à une soirée

du comte M(olé) ? On sait que le réfugié napolitain était en relations intimes avec le futur ministre des Affaires Etrangères à qui Stendhal dut sa nomination de consul. Mais ces initiales sont embarrassantes, qu'elles soient de convention ou non. Je m'y perds ; Casimir Stryienski ne s'y est pas retrouvé et M. Arthur Chuquet, consulté, me rappelle simplement que Varces est un petit village situé aux environs de Grenoble (à 12 kil.).

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