‹ La vie littéraire de StendhalChapitre 110 sur 127 · IV. Stendhal et « La Comédie humaine · texte numérisé non relu

IV. Stendhal et « La Comédie humaine

21 septembre 1907.

Dans la publication de documents intéressants sur Henri Beyle et son œuvre, nous suivons, autant que possible, l'ordre chronologique que nous avons adopté pour L'Histoire des Œuvres de Stendhal, en nous attachant à ne citer que de l'inédit ou du... peu connu. C'est ainsi qu'à propos de La Chartreuse de Parme, nous avions publié deux fragments de Balzac antérieurs à sa grande étude.

Cette citation nous a valu une intéressante lettre d'un de nos lecteurs anglais, littérateur distingué, pour qui Balzac et Stendhal n'ont pas de secrets^

M, Arthur Symons, croyant à un oubli de notre part, nous envoie la copie des passages de La Comédie humaine où il est question de Stendhal, ce dont nous le remercions beaucoup.

Nous connaissions ces passages, que nous nous proposions de citer en temps et lieu ; mais, pour être agréable à notre correspondant, nous... devançons l'appel ; nos lecteurs n'y perdront pas :

« Un homme d'esprit, Stendhal, a eu la bizarre idée de nommer cristallisation le travail que la pensée de la marquise fit avant, pendant et après cette soirée... »

Etude de femme (1830). Tome I, p. 401.

« Un des hommes les plus spirituels et les plus profonds de cette époque, Stendhal, a très bien caractérisé Vimproper en disant qu'il est tel lord de la Grande-Bretagne qui, seul, n'ose pas se croiser les jambes devant son feu de peur d'être improper. »

La Maison Nucingen (1837). Tome XI, p. 15.

« Tel est sans doute le véritable amour ; il comprend toutes les manières d'aimer, amour de cœur, amour de tête, amour passion, amour caprice, amour goût, selon les définitions de Beyle. »

La Muse du Département (s. d.). Tome VI, p. 491.

M. Symons nous pardonnera de lui signaler un léger oubli de sa part. A cette même page 491, avant la citation ci-dessus, Balzac a écrit : « Après ces quatre années d'intimité, l'amour de cette femme avait fini par réunir toutes les nuances décou-

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vertes par notre esprit d'analyse et que la société moderne a créées ; un des hommes les plus remarquables de ce temps, dont la perte récente afflige encore les lettres, Beyle (Stendhal) les a parfaitement caractérisées. »

Il eût été dommage de passer sous silence ce dernier éloge et les regrets qui l'accompagnent.

Nos citations sont empruntées à l'édition Fume, 1843, où le pseudonyme d'Henri Beyle est légèrement altéré.

A ce propos nous avions reçu la lettre suivante :

Paris, 13 août 1907.

« Monsieur,

« Vous relevez avec raison une omission de M. Symons dans la liste des passages de la Comédie humaine où il est question de Stendhal.

« Permettez à un de vos lecteurs, également épris de Stendhal et de Balzac, de signaler un autre oubli de M. Symons. Dans une des deux Etudes philosophiques que Balzac a consacrées à la musique, Massimilla Doni (1839). qui contient une analyse si pénétrante du Moïse de Rossini, l'auteur de la Comédie humaine s'exprime ainsi :

« ... La causerie est souveraine absolue dans cet

♦< espace (une loge de théâtre), qu'un des écrivains « les plus ingénieux de ce temps, et l'un de ceux « qui ont le mieux observé l'Italie, Stendhal, a « nommé un petit salon dont la fenêtre donne sur « un parterre. »

(Edition du Centenaire, la seule que j'aie sous la main en ce moment. Volume contenant UEnjant maudit, Gamhara et Massimilla Doni, page 218.)

« Ce passage est une nouvelle preuve de la haute estime en laquelle Balzac tenait Henry Beyle.

« Croyez, Monsieur, à mes sentiments les plus distingués.

Daniel Muller. »

L'œuvre considérable de Balzac renferme, sans doute, d'autres passages qui ont échappé à M, Symons et à nous-même — aussi nous ne considérons pas, comme définitifs et complets, les extraits que nous avons publiés et nous continuerons d'enregistrer les découvertes qui nous seront transmises à cet égard.

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