I. La Préface de V Edition originale
L'édition originale de Rome, Naples et Florence ne semble pas être celle que nous avons indiquée p. 27 de VHistoire des Œuvres de Stendhal, mais la suivante, dont nous devons l'obligeante communication à M. Remy de Gourmont et qui est conforme à l'indication de M. George Vicaire (Manuel de Vamateur de livres du XIX^ siècle, I, p. 453) :
en 1817 par M. de Stendhal Officier de cavalerie Epigraphe anglaise de 12 lignes extraite des Mémoires d'Holcroft
Paris
Delaunay, libraire au Palais-Royal, Galerie de bois : Pélicier, libraire au Palais-Royal, Galerie des Offices.
1 vol. in-8° de 366 p. Imprimerie d'Adrien Egron, rue des
Noyers, n° 37.
MDCCCXVII
L'édition qui parut la même année (1817), in-8° de 353 p. chez les mêmes éditeurs, avec un titre détaillé et l'indication du libraire anglais Colburn, serait donc la seconde, suivie d'une traduction anglaise, également publiée à Londres chez Colburn, en 1818. — La troisième édition resterait ainsi celle publiée, en 1826, par Delaunay, en 2 vol. in-8o, avec cette particularité : « que des exemplaires de cette édition ont été cartonnés. Les cartons ont été tirés en mars 1827 chez Pihan-Delaforest. Ils sont d'une demi-feuille et s'intercalent au tome IL » (R. de G.)
L'édition originale est précédée d'une préface qui n'a pas été reproduite dans les éditions postérieures, même dans celle de 1854, dite complète. En voici le texte, car c'est presque de l'inédit :
Cette esquisse est un ouvrage naturel. Chaque soir, j'écrivais ce qui m'avait le plus frappé. J'étais souvent si fatigué que j'avais à peine le courage de prendre mon papier. Je n'ai presque rien changé à ces phrases incorrectes, mais inspirées par les choses qu'elles décrivent : sans doute, beaucoup d'expressions manquent de mesure.
La musique est le seul art qui vive encore en Italie. Excepté un homme unique, il y a là des peintres et des sculpteurs comme il y en a à Paris et à Londres. La musique, au contraire, a encore un peu de ce feu créateur qui anima successivement ,en ce pays, la poésie, la peinture et enfin les Pergolèse et les Cimarosa. Ce feu divin fut allumé jadis par la liberté et les mœurs grandioses des républiques du Moyen- Age.
On verra la progression naturelle des sentiments de l'auteur. D'abord, il veut s'occuper de musique : la musique est la peinture des passions. Il voit les mœurs des Italiens.
De là, il passe aux gouvernements qui font naître les mœurs ; de là, à l'influciico d'un homme sur l'Italie. Telle est la malheureuse étoile de notre siècle, l'auteur ne voulait que s'amuser, et son tableau finit par être noirci des tristes teintes de la politique.