‹ La vie littéraire de StendhalChapitre 53 sur 127 · LA CHARTREUSE DE PARME UO · texte numérisé non relu

LA CHARTREUSE DE PARME UO

Et avant de glorifier Stendhal, entretenant ses lecteurs des œuvres d'Eugène Sue (N'' du 25 juillet 1840), Balzac écrivait : « Dans un récent chefd'œuvre, M. Beyle, en faisant un magnifique croquis militaire, a senti les impossibilités que je signale. Il ne s'est pas jeté dans la peinture complète de la bataille de Waterloo ; il l'a côtoyée sur les derrières de l'armée, il a donné deux ou trois épisodes de la déroute, mais, si puissant a été son coup de pinceau, que l'esprit voit au delà, l'œil embrasse le champ de bataille et le grand désastre. Cet épisode annonce chez l'écrivain la connaissance de ce péril littéraire. Je m'empresse de vous dire que je regarde l'auteur de La Chartreuse de Parme comme un des profonds esprits et des meilleurs écrivains de notre époque. Sa part sera plus grande qu'on ne la lui fait. »

A. de Bougy, autre contemporain de Beyle (qui « vit Antoine Berthet monter, défaillant, sur l'échafaud, place Grenette »), écrivait le 3 septembre 1866, dans une lettre particulière, datée d'Uriage : « Le roman de La Chartreuse est tout simplement un chef-d'œuvre de fine analyse et de déductions. Je ne sache pas que cette œuvre admirable ait de pendant dans notre littérature. Elle place Beyle à côté de Balzac. »

Taine, si nous en croyons M. Maurice Barrés, « eût donné toute son œuvre pour La Chartreuse de

Parme ». En tous cas, il lui a emprunté des exemples pour le Traité de Psychologie qu'il composa de 1853 à 1855. (Cf. Reç'ue Philosophique. Nov. 1900, p. 446- 461.)

Albert Sorel : « Stendhal, le créateur du plus ingénieux, du plus raffiné caractère de politique italien qu'ait produit la littérature, le comte Mosca, merveilleuse statuette de ministre. » (Le Consulat de Stendhal. Lectures historiques, 1894, p. 154.)

Barbey d'Aurevilly : « ... Gina, de La Chartreuse, la Monna Lisa d'Henry Beyle, qui, à elle seule, vous apprendrait tout un pays... » (Les Œuvres et les Hommes, 1865, tome IV, p. 222.)

F. Brunetière : « La Chartreuse de Parme, chefd'œuvre d'ennui prétentieux... » (Revue des Deux- Mondes, 15 février 1906, p. 321.)

H. Rehell : « La Chartreuse, — ce torrent d'idées... » (Les Inspiratrices de Balzac, Stendhal, Mérimée, 1902, p. 145), etc., etc.

Passons à la poésie :

« La Chartreuse, Les Mousquetaires, Villemer, Les Pauvres Parents, Plaident, comme œuvres littéraires, Par des mérites différents, Mais Jacquot ^, qui vit de scandale.

Insulte, en langage métis, Et la grammaire et la morale ; Tous les sots ne sont pas partis. »

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